SOCIETE

Cameroun: Vers la mise en place d’une plateforme multi-acteurs pour lutter contre les discours de haine

Written by Annette Olinga

Le 15 février 2024, s’est tenu à Yaoundé un atelier de concertation en vue de la mise en place d’une plateforme multi-acteurs de lutte contre les discours de haine au Cameroun. Cette initiative, portée par la plateforme Dialogue et Action, vise à fédérer les efforts de tous les acteurs concernés par ce phénomène qui menace la cohésion sociale et la paix dans le pays.

Les discours de haine sont des expressions qui incitent à la violence, à la discrimination ou à la haine envers une personne ou un groupe en raison de leur appartenance ethnique, religieuse, politique, sexuelle ou autre. Ils sont de plus en plus répandus sur les médias et les réseaux sociaux, où ils se propagent à une vitesse vertigineuse et atteignent un large public. Ils contribuent à renforcer la polarisation de l’opinion publique et la promotion de l’extrémisme violent.

Face à ce fléau, il est nécessaire d’adopter une synergie d’actions et une approche holistique qui implique tous les niveaux de la société : les pouvoirs publics, les médias, les acteurs de la société civile, les leaders religieux, les éducateurs, les jeunes, etc. Il s’agit à la fois de réprimer les auteurs de discours de haine, dans le respect du droit et des libertés fondamentales, mais aussi de prévenir leur apparition et leur diffusion, en sensibilisant et en éduquant les citoyens aux valeurs de tolérance, de respect et de dialogue.

L’atelier de concertation a réuni plus d’une quarantaine de participants, parmi lesquels le ministre de la communication René Emmanuel Sadi, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, le conseil national de la communication, les représentants de l’Union européenne, les acteurs de la société civile, les journalistes, les chercheurs, les experts, etc. L’objectif était de discuter de la faisabilité et de la pertinence d’une plateforme ou d’un observatoire qui aurait pour mission de surveiller, d’analyser et de dénoncer les discours de haine, ainsi que de proposer des actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer.

L’Union européenne, qui appuie financièrement le projet, a souligné son intérêt et sa disponibilité à accompagner les acteurs camerounais dans cette démarche. Philippe LAFOSSE, adjoint du chef de délégation de l’Union européenne, chef de la section politique, presse et information, a déclaré : “Il s’agit d’un problème mondial, nous devons effectivement nous coordonner, mais nous pensons qu’il faut des solutions camerounaises, endogènes, pour le Cameroun. Il s’agit d’un combat très vaste et universel, au cœur duquel se trouve la personne humaine. Il est donc nécessaire d’unir nos forces chacun dans nos domaines, nos compétences et nos avantages comparatifs respectifs.”

Les participants ont échangé sur les défis et les opportunités liés à la création d’une telle plateforme, ainsi que sur les critères et les modalités de son fonctionnement. Ils ont convenu qu’elle devait être dynamique, réactive, opérationnelle, consensuelle et pérenne. Ils ont également insisté sur l’importance de la lutte contre la haine en ligne par l’éducation, en s’appuyant sur les initiatives existantes ou en développant de nouvelles.

L’atelier a permis de poser les bases d’un dialogue constructif et d’une collaboration renforcée entre les différents acteurs impliqués dans la lutte contre les discours de haine au Cameroun. Il s’agit d’une étape essentielle pour la mise en place d’une plateforme multi-acteurs qui contribuera à promouvoir une culture de paix et de respect dans le pays.

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