Le Port Autonome de Douala (PAD) confirme sa stature de leader économique. Pour la deuxième année consécutive, il se classe au premier rang de la liste prestigieuse des “entreprises de grand standing et d’importance nationale” établie par la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) pour l’exercice 2026. Cette distinction, bien plus qu’un titre honorifique, lui octroie un avantage financier concret et souligne son rôle pivot dans l’économie de la sous-région.
Une sélection rigoureuse aux enjeux financiers majeurs
Chaque année, la COBAC, le gendarme financier de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), établit cette liste sur proposition des associations professionnelles de banques de chaque pays. Le processus est exigeant : pour 2026, sur les 15 entreprises proposées par le Cameroun, seules 11 ont été retenues après analyse.
L’inscription sur cette liste n’est pas anodine. Elle procure un avantage bancaire significatif : les entreprises retenues bénéficient d’une réduction de 25% des quotités de risque appliquées par les banques lorsqu’elles leur accordent des crédits. En termes simples, les banques doivent immobiliser moins de fonds propres pour couvrir les prêts accordés à ces entreprises, ce qui les rend plus solvables et facilite leur accès à des financements importants, souvent à des conditions plus favorables.
Cet avantage est conditionné à une gouvernance et une transparence financière irréprochables. Le cas de l’exercice 2024 est éloquent : plusieurs grandes entreprises, dont des filiales de multinationales, avaient été exclues de la liste en raison de l’absence d’états financiers certifiés à temps par un commissaire aux comptes. La présence continue du PAD dans ce classement atteste donc de la rigueur de sa gestion financière et de la régularité de ses comptes.
Le Port Autonome de Douala : les piliers de sa performance
La première place du PAD en 2026, devant des multinationales et des champions nationaux, repose sur plusieurs fondamentaux solides identifiés par la COBAC : une performance financière robuste, un comportement bancaire exemplaire (gestion de la dette, respect des engagements) et une gouvernance de qualité.
Selon Henri Choup, Directeur des Finances et de la Comptabilité du PAD, ce classement est le reflet d’« une gestion saine et mesurée de son endettement », une situation qui suscite naturellement « l’intérêt des établissements bancaires ». Cette position de leader renforce sa capacité à investir dans des projets d’extension et de modernisation essentiels pour maintenir son statut de porte d’entrée maritime de près de 80% des échanges du Cameroun et de la sous-région CEMAC.
Une vue d’ensemble des leaders économiques de la CEMAC en 2026
La liste COBAC 2026 dresse une cartographie des poids lourds économiques de la zone. Voici un aperçu des entreprises retenues, pays par pays :
Cameroun
- Port Autonome de Douala (PAD)
- Tradex Cameroun SA
- Total Energies Marketing Cameroun (TMC)
- MTN Cameroun (MTNC)
- Société de Développement du Coton (SODECOTON)
Congo
- Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC)
- MTN Congo
- Total Energies Marketing Congo (TEMC)
Gabon
- Total Marketing Gabon (TMG)
- Total Gabon
- Compagnie Minière de l’Ogooué (COMILOG)
Guinée Équatoriale
- Tradex Guinée Équatoriale S.A.
- Noble Energy
Tchad
- Airtel Tchad
- Moov Africa Tchad
- Boissons Rafraîchissantes du Tchad (BDT)
Zoom sur un autre géant régional : la SNPC du Congo
Parmi les entreprises distinguées, la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) illustre également l’impact stratégique de ce classement. Pilier de l’économie congolaise, la SNPC contribue à plus de 60% des revenus budgétaires de l’État. Sa présence sur la liste COBAC facilite le financement de sa stratégie ambitieuse “Performance 2025”, qui vise à augmenter les revenus, maîtriser les coûts et améliorer la gouvernance.
La SNPC s’engage dans des projets structurants comme le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) Marine XII avec Eni, représentant un investissement d’environ 5 milliards de dollars, et développe des infrastructures critiques comme le pipeline Pointe-Noire–Maloukou–Oyo–Ouesso pour améliorer l’accès à l’énergie dans le pays. Cette comparaison avec le PAD montre comment le privilège COBAC sert à financer des infrastructures d’envergure nationale et régionale.
Implications économiques : au-delà du privilège bancaire
La reconnaissance par la COBAC a des répercussions qui dépassent le cadre bancaire immédiat :
- Effet de levier pour l’investissement : La réduction du coût du crédit permet au PAD et aux autres entreprises listées de lancer plus facilement des projets d’infrastructure majeurs, avec un effet d’entraînement sur toute l’économie (sous-traitants, emplois, modernisation).
- Signal de confiance fort : Cette liste est un outil de communication puissant pour attirer les investisseurs internationaux, qui y voient un gage de stabilité, de transparence et de solidité financière.
- Avantage compétitif régional : Le PAD, en consolidant sa santé financière, renforce la position du Cameroun comme hub logistique central en Afrique centrale, un atout géoéconomique majeur.
- Culture de la transparence : Le critère strict des comptes certifiés pousse les grandes entreprises de la région à adopter des normes élevées de reporting financier, bénéfiques pour tout l’environnement des affaires.
Perspectives d’avenir
En tête du classement COBAC, le Port Autonome de Douala est bien placé pour continuer à jouer son rôle de moteur du commerce et du développement en Afrique centrale. Le privilège financier obtenu devrait lui permettre d’accélérer sa modernisation et de relever les défis de la compétitivité portuaire à l’échelle continentale.
Cette distinction annuelle de la COBAC, en mettant en lumière les entreprises les plus solides et stratégiques, dessine en filigrane les contours de l’économie de la CEMAC de demain, où la performance financière et l’importance structurelle sont indissociables. La première place du PAD en est une illustration parfaite.

