SOCIETE

Désinformation: La RMIA N°2 de Douala dément une demande de véhicules adressée à Éneo

Written by Annette Olinga

Une lettre falsifiée, datée du 19 décembre 2025 et prétendument adressée par le Général de brigade Ngolo Ngomba Tobie Gabriel au Directeur Général d’Éneo Cameroun, circule sur les réseaux sociaux. Се document, dont le contenu et la forme trahissent de multiples incohérences et erreurs grossières (fautes de grade, de titulature et de style), est entièrement faux. La RMIA2 dément catégoriquement son authenticité et son origine. Les communications officielles de l’institution militaire empruntent toujours des canaux réglementaires stricts. La population est invitée à ignorer ce faux et à ne pas en favoriser la diffusion.

Ce document présenté comme émanant d’une autorité militaire circule actuellement et appelle un démenti sans équivoque au regard des nombreuses incohérences qu’il contient. Dès sa lecture, plusieurs anomalies manifestes apparaissent, rendant ce document incompatible avec les normes de la correspondance administrative et militaire.


En premier lieu, la référence administrative portée sur le document, notamment le numéro 251482, est matériellement invraisemblable. Une telle numérotation supposerait que l’autorité signataire ait déjà produit et signé plus de vingt-cinq mille documents, alors même qu’elle serait à peine en poste dans la ville de Douala. Cette seule donnée suffit à mettre en doute la véracité du document, les correspondances militaires obéissant à une codification annuelle et hiérarchisée rigoureuse.
Ensuite, la mention « Copie à » est employée de manière fautive et approximative. Outre l’erreur de formulation, l’ajout désordonné de destinataires en copie ne respecte ni les règles de présentation administrative ni la logique hiérarchique propre aux Forces de Défense. Une telle légèreté est inconcevable dans un courrier officiel de ce niveau.


Par ailleurs, le circuit de transmission retenu est totalement incohérent. Il est contraire aux usages qu’un Général s’adresse directement, par simple lettre, à des responsables d’entreprise ou à des tiers sans passer par les canaux institutionnels du Ministère de la Défense. Un haut responsable militaire ne « écrit pas directement à ses gens » ou à des partenaires civils pour des questions sensibles sans visa hiérarchique, sans instruction ministérielle et sans fondement réglementaire clairement identifié.


Le document se distingue également par l’usage d’un vocabulaire impropre. Le terme « mégapole », employé pour désigner la ville de Douala, n’appartient pas au lexique administratif officiel. Cette approximation terminologique, inhabituelle dans un courrier militaire, trahit un style non normatif et renforce le doute sur l’authenticité du texte.


S’y ajoute une incohérence de fond liée à l’objet même du courrier. Une demande portant sur des véhicules de type Toyota Land Cruiser, biens stratégiques et à forte valeur, ne peut être formulée de manière aussi sommaire, sans référence à un texte légal, à une procédure d’acquisition ou de dotation, ni à une décision administrative formelle. La présence de cachets de réception ne saurait, en aucun cas, valoir validation du contenu du document, mais constitue uniquement une preuve de dépôt matériel.


Au regard de l’ensemble de ces incohérences – numérotation aberrante, erreurs de forme, non-respect du circuit hiérarchique, vocabulaire inapproprié et légèreté procédurale – ce document ne peut être considéré comme authentique. Il ne saurait engager une autorité militaire, une institution publique ou une entreprise. Sa diffusion et son exploitation relèvent manifestement de la désinformation et appellent à la plus grande prudence.

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Annette Olinga

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