COMMUNIQUÉ DE PRESSE RELATIF AU MEURTRE HORRIBLE DE QUATORZE CIVILS PAR DES TERRORISTES SÉCESSIONNISTES
La Commission des Droits de l’homme du Cameroun (ci-après: << CDHC » ou « la Commission >>) a appris, avec une profonde consternation et une vive indignation, l’assassinat prémédité de 14 civils membres du complexe ethno-culturel Mbororo le mercredi, 14 janvier 2026. Cet acte odieux et d’un barbarisme insoutenable a été perpétré par un groupe de terroristes sécessionnistes dans le village de Gidado, Arrondissement de Ndu, Département du Donga-Mantung, dans la Région du Nord-Ouest.
Aussitôt informée de ce crime grave contre des civils, la CDHC a immédiatement ouvert une enquête, conformément à l’article 7 de la loi n° 2019/014 du 19 juillet 2019 qui la crée, l’organise et régit son fonctionnement. Les conclusions préliminaires de cette enquête permettent d’établir que le mercredi 14 janvier 2026, aux environs de 5 heures et 30 minutes du matin, alors que les habitants du village de Gidado étaient profondément endormis, des terroristes ont ouvert le feu de manière indiscriminée sur de paisibles populations innocentes qui se trouvaient dans leurs maisons. Cette attaque brutale a causé la mort de civils innocents, y compris des enfants.
Au total, 14 civils, dont un homme de 40 ans, six femmes et sept enfants âgés de deux à 11 ans, ont trouvé la mort. 10 autres personnes dont deux enfants – ont été blessées par balles. Pour ce qui est des dommages matériels, la Commission a noté la destruction de six maisons, l’incendie d’une moto, d’un véhicule et de deux greniers, l’abattage violent et délibéré de 15 vaches appartenant à des civils, des blessures infligées à sept autres, du bétail volé, ainsi que le vol de huit motos.
Ce crime atroce contre les populations Mbororo rappelle l’attaque récente contre une foule de civils à Sabga, dans l’Arrondissement de Tubah, Département de la Mezam, le mercredi 12 novembre 2025, au cours de laquelle des terroristes sécessionnistes ont ouvert le feu sur un groupe de fidèles musulmans, alors qu’ils priaient dans une mosquée, faisant trois morts, neuf blessés et 25 personnes kidnappées.
L’acte de barbarie du 14 janvier 2026 ravive le traumatisme des populations Mbororo, profondément marquées par les attaques systématiques des terroristes sécessionnistes depuis octobre 2017.
Face à ces évènements d’une gravité extrême, la Commission tient à exprimer sa solidarité et sa profonde affliction à l’endroit des familles de toutes les victimes. Elle souhaite un prompt et complet rétablissement aux blessés qui sont heureusement pris en charge par les autorités.
La Commission condamne, une fois de plus avec la plus grande fermeté, ces actes de terrorisme odieux et injustifiables.
La Commission rappelle, avec gravité, les dispositions de la Résolution 1566 (2004) du Conseil de sécurité des Nations unies du 8 octobre 2004, qui < condamne, avec la plus grande énergie, tous les actes de terrorisme […] quels qu’en soient les motifs, le moment où ils sont commis et leurs auteurs ».
Rappelant l’article 4 de la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples qui stipule que << tout être humain est inviolable. Tout être humain a droit au respect de sa vie et de son intégrité physique »,
Rappelant la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones dont l’alinéa 1 de l’article 7 énonce: << les individus autochtones ont droit à la vie, à l’intégrité physique et mentale, à la liberté et à la sécurité de leur personne ».
La Commission salue les efforts déployés par le Gouvernement pour prendre en charge les blessés et exhorte les autorités compétentes à mener rapidement à bien l’enquête sur cet acte atroce commis par des terroristes sécessionnistes, afin que les commanditaires, les auteurs et leurs complices soient retrouvés où qu’ils se trouvent, arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes pour y répondre de leurs actes, dans toute la rigueur de la justice.
La Commission salue les arrestations et les poursuites judiciaires déjà réalisées ou en cours dans des pays étrangers contre des Camerounais impliqués dans des actes de terrorisme commis dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, notamment l’arrestation de 25 personnes aux États-Unis d’Amérique parmi lesquelles le nommé Éric TATAW le 4 septembre 2024, ainsi que l’arrestation du Dr Benedict KUAH le 5 septembre 2025, autant que celle de Lucas Cho AYABA en Norvège le 24 septembre 2024.
La Commission renouvelle son appel à tous les acteurs nationaux, sous-régionaux, régionaux et internationaux, ainsi qu’aux partenaires bilatéraux et multilatéraux du Cameroun, afin qu’ils intensifient leurs efforts pour faciliter l’arrestation et le jugement des commanditaires, auteurs et complices de tous les actes terroristes commis au Cameroun depuis 2014, à l’exemple des deux pays précités; à cette fin, ils pourraient s’appuyer sur leur propre législation nationale ou sur les instruments africains et universels pertinents.
La Commission réitère son appel aux terroristes sécessionnistes, afin qu’ils mettent immédiatement fin aux actes criminels, absurdes et injustifiables qu’ils infligent aux populations pour le bien-être desquelles ils prétendent pourtant œuvrer et qu’ils cessent les violences qui entravent le développement des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis plusieurs années.
La CDHC amplifie l’appel du chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, renouvelé lors de son discours d’investiture le 6 novembre 2025, invitant « les chefs traditionnels, les élites et les forces vives des Régions affectées à s’engager plus qu’avant, dans la sensibilisation des membres des groupes armés, afin qu’ils saisissent la main tendue du Gouvernement et déposent les armes. Ce dialogue communautaire pourrait être mené en collaboration avec les autorités administratives et favoriser le retour des jeunes en déshérence vers leurs communautés respectives, après leur nécessaire passage au sein du programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration ».
La Commission invite toutes les populations à rejeter le terrorisme qui viole tous les Droits de l’homme, en particulier le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique et morale, le droit à l’éducation, le droit à la santé, le droit à la sécurité, le droit au logement, le droit à la propriété, la liberté de circulation, la liberté de pensée et la liberté d’expression, et exhorte donc les terroristes sécessionnistes à mettre fin à ces attaques.
La Commission encourage les populations à collaborer davantage avec les forces de défense et de sécurité pour éradiquer ce fléau du triangle national.

