Robert Roger Ngangue, coordonnateur général de l’initiative « Give Peace a Chance » (GPaC) et président de l’association Ombudsperson and Mediation Initiative (OMI), a présenté lors d’une conférence de presse ce 29 Janvier 2026, les résultats d’une mobilisation citoyenne historique. Le chiffre est sans appel : au terme d’une campagne de deux mois, plus de 8 millions de Camerounais ont été touchés par les messages de paix, dépassant largement l’objectif initial de 5 millions.
Le contexte de l’élection présidentielle de 2025 au Cameroun était marqué par une tension extrême. Robert Roger Ngangue a décrit une période de « surchauffe » où les polarisations et les clivages menaçaient l’unité nationale. Entre appels au chaos, incitations à la haine tribale et stigmatisation politique, le pays semblait, selon ses mots, « adossé à un volcan prêt à entrer en activité ».
Face à ce spectre insurrectionnel, l’OMI et ses partenaires de la société civile ont lancé, du 23 septembre au 22 novembre 2025, une campagne de sensibilisation agressive pour offrir une alternative au conflit armé.
Des résultats au-delà des espérances : L’impact en chiffres
L’initiative GPaC s’était fixé pour objectif stratégique de constituer une « masse critique » de citoyens capables de rejeter systématiquement la violence. Le bilan chiffré démontre l’efficacité du déploiement :
- Portée globale : Plus de 8 millions de personnes touchées (directement et indirectement).
- Activités réalisées : 8 activités majeures sur les 10 initialement prévues.
- Investissement : Un coût global de 25 millions de FCFA, financé sur fonds propres.
Au-delà des statistiques, l’impact se mesure par la transformation des discours. « Nous avons observé un encensement du dialogue et un refus systématique de l’autre comme ennemi », a souligné le coordonnateur.
Les 4 convictions fortes du projet « Give Peace a Chance »
Le succès de cette campagne repose sur une philosophie ancrée dans quatre piliers fondamentaux que Robert Roger Ngangue a tenu à rappeler :- Le coût de la violence : Le chaos engendre des souffrances humaines indicibles, des déplacements forcés et la paralysie des droits fondamentaux (écoles fermées, impossibilité de circuler).
- L’engagement collectif : La paix n’est pas un slogan factuel ou un décret ; elle est le fruit d’une volonté partagée de maintenir le dialogue.
- L’attitude responsable : Choisir la paix ne signifie pas occulter les malentendus ou les frustrations, mais choisir de les résoudre sans effusion de sang.
- La diplomatie préventive : Il est impératif d’agir en amont des conflits pour prévenir l’escalade irréversible.
Une stratégie multidimensionnelle : De la proximité au digital
Pour atteindre ces 8 millions de citoyens, l’initiative a déployé un arsenal de moyens diversifiés, mêlant tradition et modernité :- Culture et Art : Concours de chansons, poèmes, graffitis et peintures sur le thème de la non-violence.
- Communication de proximité : Causeries éducatives, sensibilisations de masse et ce que l’OMI appelle la « diplomatie pédale ».
- Puissance digitale : Utilisation intensive des réseaux sociaux, relais par des influenceurs et envoi de SMS de paix sur les téléphones mobiles.
- Visibilité urbaine : Affichages géants sur les principaux axes routiers et la campagne « Carton Blanc ».
Recommandations pour une paix durable
Malgré ce bilan positif, Robert Roger Ngangue prévient : « La paix n’est pas seulement une situation politique. » Pour l’OMI, l’apaisement post-électoral doit désormais se transformer en une stabilité structurelle. Les recommandations formulées sont claires : - Une paix multidimensionnelle : Elle doit intégrer la justice, l’économie et une redistribution équitable des ressources.
- Gouvernance de l’écoute : Les autorités doivent mettre en place des réformes répondant aux problèmes quotidiens des Camerounais pour résorber les frustrations.
- Soutien institutionnel : La société civile a prouvé son rôle de tampon ; elle nécessite désormais un accompagnement financier et administratif renforcé pour pérenniser ces actions.
Un peuple qui aspire au calme
Le mot de la fin a été porté par une observation de terrain pleine d’espoir : malgré les colères et les clivages, la majorité des Camerounais aspirent fondamentalement à la paix. L’initiative GPaC a servi de catalyseur à cette aspiration silencieuse, prouvant que face au volcan de la violence, le dialogue reste l’arme la plus puissante du citoyen.

