
En marge de la présentation du cabinet Magister Advice, l’Université de Yaoundé 2 a vibré ce 5 Février au rythme de la dédicace d’un ouvrage majeur pour la pensée économique camerounaise. Intitulé « État développementiste camerounais versus État développementiste sud-coréen : Comment réussir la transformation structurelle ? », l’œuvre du Pr Henri Ngoa Tabi et de ses co-auteurs a été présentée comme la pierre angulaire d’une recherche appliquée au service de la Stratégie Nationale de Développement (SND 30).
Publié aux éditions Afredit, ce livre de 251 pages est le fruit d’un « benchmarking » rigoureux et sans complaisance. Il s’inscrit dans la continuité d’un premier ouvrage publié en 2017, qui plaidait déjà pour l’impératif de transformation structurelle – une recommandation actée par la SND 30.

Une analyse comparative pour tirer des leçons, non pour opposer
« Ce n’est pas une étude d’opposition, mais ce que les anglo-saxons appellent un benchmarking », a expliqué l’auteur principal. Le point de départ est le constat d’une symétrie relative des niveaux de développement du Cameroun et de la Corée du Sud dans les années 1960. Le livre décortique ensuite les trajectoires radicalement divergentes des deux pays à travers le prisme de deux concepts clés : l’État développementiste (comme moteur actif du développement) et la transformation structurelle (le passage des secteurs peu productifs vers les plus productifs).
La note de lecture, présentée par le Pr Eric Mathias Owona Nguini, a souligné la richesse et la profondeur de l’analyse articulée en quatre chapitres.
· Chapitre 1 : Il compare les réformes politiques et institutionnelles depuis les indépendances, mettant en lumière la constance réformatrice et la gouvernabilité stratégique de la Corée du Sud, face aux « inerties administratives » et à la logique de rente qui ont souvent caractérisé le parcours camerounais.
· Chapitre 2 : Il tire les leçons du « miracle économique sud-coréen » pour une politique budgétaire plus efficace au Cameroun, pointant le contraste entre une volonté politique ferme et des contraintes néocoloniales persistantes.
· Chapitre 3 : Il se penche sur le capital humain, facteur décisif. La Corée a massivement investi dans l’éducation et la santé comme leviers de sa stratégie exportatrice, tandis que le Cameroun a vu ses efforts entravés par les ajustements structurels et les vicissitudes d’un modèle de croissance erratique.
· Chapitre 4 : Il analyse les trajectoires d’industrialisation, révélant que derrière des indicateurs macroéconomiques initiaux similaires se cachaient déjà des divergences institutionnelles profondes. La robustesse des institutions de planification sud-coréennes a fait la différence.
Un manuel pratique pour les décideurs
Au-delà du diagnostic, l’ouvrage est résolument tourné vers l’action. Il propose des solutions pratiques concrètes, organisées autour de cinq piliers pour réussir la transformation structurelle au Cameroun :
- Une administration éclairée et une coalition développementiste.
- L’édification d’institutions transformatrices.
- Une politique industrielle ciblée.
- Un investissement soutenu dans la recherche.
- Une politique sociale inclusive.
Cet exercice de comparaison, selon le Pr Owona Nguini, démontre qu’« un État en cours de modernisation ne peut jamais négliger l’analyse, ne peut jamais négliger l’intelligence et en particulier l’intelligence universitaire ».
La parfaite illustration de la mission de Magister Advice
La concomitance de la dédicace et du lancement du cabinet n’est pas un hasard. Cet ouvrage incarne précisément le type de recherche appliquée que Magister Advice SARL entend produire et valoriser : une expertise scientifique rigoureuse, ancrée dans les réalités locales, mais s’inspirant des meilleures pratiques internationales, dans le but unique d’éclairer et d’accompagner les décideurs.
En présentant d’une même main son bras opérationnel (le cabinet) et le fruit concret de son expertise (le livre), l’Université de Yaoundé 2 a envoyé un signal fort : elle est prête à jouer pleinement son rôle d’acteur stratégique du développement, passant de la production du savoir à la co-construction, avec l’État et le secteur privé, des chemins de l’émergence.

