POLITIQUE

Discours de Paul Biya à la Jeunesse 2026 : Entre Promesses de Réformes et Réalité du Scandale SGS

Written by Annette Olinga



À l’occasion de la 60e édition de la Fête de la Jeunesse, le Chef de l’État Paul Biya a une nouvelle fois tendu la main à la “génération de demain”. Mais entre les mots lissés par la diplomatie et le fracas des affaires de corruption — notamment le dossier SGS contre le Port Autonome de Douala — le fossé n’a jamais semblé aussi abyssal.



Dans son allocution du 10 février 2026, Paul Biya s’est voulu rassurant. Réitérant son engagement à ne “ménager aucun effort” pour l’épanouissement des jeunes, il a annoncé des réformes structurelles pour un meilleur fonctionnement de l’État. Plus significatif encore, le Président a promis une « lutte acharnée » contre la corruption et les détournements de deniers publics.


Cependant, pour cette jeunesse qui célèbre 60 ans de rendez-vous manqués avec l’intégrité publique, ces mots résonnent avec une amertume particulière. Comment croire à l’avènement d’une ère nouvelle quand les scandales financiers actuels semblent jouir d’une étrange immunité ?


L’Affaire SGS : Le symbole d’une impunité persistante
Au cœur des interrogations se trouve l’affaire du contrat de la SGS (Société Générale de Surveillance), en conflit ouvert avec le Port Autonome de Douala (PAD). Alors que le gouvernement semble vouloir maintenir des accords contractuels jugés préjudiciables par de nombreux observateurs, cette affaire cristallise le malaise autour de la gestion de la fortune publique.

  • Le paradoxe : Pendant que le Chef de l’État invite les jeunes à préserver les acquis de la nation, une “minorité de fonctionnaires” au ministère des Finances est pointée du doigt pour des pratiques assimilées à un véritable crime économique.
  • L’enjeu : Le contrat SGS, au-delà de sa technicité, est devenu le symbole d’un système où les intérêts privés de quelques-uns l’emportent sur la souveraineté économique du pays.

« Est-ce normal qu’au moment où l’on appelle la jeunesse à édifier la nation, des actes aussi barbares contre la fortune publique passent impunément ? » > — Une question qui brûle les lèvres de chaque jeune diplômé, entrepreneur ou étudiant camerounais.

La Jeunesse entre maturité et scepticisme
Le Président a salué la “maturité” des jeunes. Cette maturité est aujourd’hui celle de la lucidité. La jeunesse camerounaise ne se contente plus de slogans ; elle observe les faits. Elle voit un gouvernement mêlé à de multiples scandales financiers et des abus de pouvoir qui freinent le développement du pays.


L’appel à préserver la paix et l’unité nationale ne peut être entendu s’il n’est pas soutenu par une justice équitable. La “lutte acharnée” promise contre la corruption ne pourra être crédible que si elle s’attaque frontalement aux dossiers comme celui de la SGS, où les deniers publics semblent s’évaporer au profit de réseaux opaques.



Le discours de 2026 marque un tournant symbolique. Mais pour que la “grande et belle nation” évoquée par Paul Biya devienne une réalité, il faudra plus que des instructions au gouvernement. Il faudra des actes forts : la fin des contrats léonins, la reddition des comptes des fonctionnaires véreux et une réelle protection de nos fleurons économiques comme le Port de Douala.

About the author

Annette Olinga

Leave a Comment