Lors de la cérémonie d’ouverture du 23ᵉ Congrès de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) au Palais des Congrès de Yaoundé, le Dr Blaise Moussa, Président de l’AAEA et Directeur Général de CAMWATER, a prononcé une allocution historique. D’entrée de jeu, il a posé un diagnostic sans concession : « Regardons la réalité en face : l’eau est le premier marqueur de l’inégalité ». Ce constat a servi de prélude à un vibrant plaidoyer pour des actions fortes et souveraines, transformant la tribune en chambre de résonance pour une nouvelle ambition africaine.
Un Thème, Une Injunction : La Fin de l’Ère des Expérimentations
Le thème du congrès, « Eau et Assainissement pour tous : Des actions fortes pour l’Afrique », a été présenté bien plus qu’un slogan. Pour le Dr Moussa, il s’agit d’un « cri de ralliement » et d’une injonction historique marquant la fin des projets pilotes et le début d’une ère d’opérationnalité radicale. Il a affirmé avec force : « L’accès à l’eau n’est pas une variable d’ajustement budgétaire, c’est l’infrastructure vitale sur laquelle repose toute l’architecture de la Renaissance Africaine. »
Cet événement, qui a connu une croissance remarquable passant de 1 600 délégués à Kampala en 2010 à plus de 3 000 participants lors des dernières éditions, se consolide comme le principal forum scientifique, technique et décisionnel du secteur sur le continent.
Le Cameroun en Vitrine : Du Gigantisme Technique à la Cause Nationale
Loin de se limiter à des discours généraux, le Dr Moussa a dressé un inventaire concret des réalisations camerounaises, illustrant la traduction opérationnelle de la vision présidentielle.
· Une Prouesse Technique pour Yaoundé : Le projet PAEPYS, destiné à alimenter la capitale et ses environs à partir du fleuve Sanaga, a été présenté comme la solution définitive au stress hydrique de la ville, incarnant le gigantisme des infrastructures nécessaires.
· Réduire la Fracture Hydraulique : Les programmes de réhabilitation des stations de pompage et d’extension des réseaux dans les villes secondaires visent explicitement à équilibrer l’accès à l’eau entre les régions.
· Une Gestion Moderne et Résiliente : La transition vers une gestion intégrée, capable de répondre aux besoins d’une population croissante, a été soulignée comme une priorité stratégique.
Le Président du Congrès a insisté sur la transversalité de l’enjeu eau, affirmant qu’il s’agit d’une « véritable cause nationale ». La présence du Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA), Joseph LÉ, a été saluée comme hautement symbolique. Elle rappelle que derrière les investissements en « béton et acier », une Administration publique moderne, agile et performante est le moteur invisible de l’efficacité technique. « La Ressource Humaine et la réforme administrative sont les moteurs invisibles de l’efficacité technique », a-t-il déclaré.
Un Hommage à la Stabilité et au Leadership
Dans un hommage appuyé, le Dr Blaise Moussa a exprimé la « profonde et déférente gratitude » des participants envers le Président de la République, S.E. Paul BIYA. Son Très Haut Patronage et les facilités exceptionnelles accordées ont été reconnus comme des catalyseurs essentiels de cet événement historique. « Si Yaoundé est aujourd’hui la capitale africaine de l’eau, c’est grâce à la stabilité et au prestige diplomatique du Cameroun, portés par son illustre Chef », a-t-il affirmé, ancrant la tenue de ce congrès majeur dans le contexte de paix et de leadership du pays.
La Dignité, Ultime Finalité
Au-delà des chiffres, des projets et des stratégies, le discours a constamment ramené l’auditoire à l’essence humaine de la mission. Travailler pour l’assainissement universel, a rappelé le Dr Moussa, ce n’est pas seulement construire des réseaux de tuyaux. C’est « restaurer la dignité de nos mères et la santé de nos enfants ».
Cet appel, lancé depuis Yaoundé, résonne comme un nouveau manifeste. Il affirme avec une conviction portée par les réalisations tangibles que l’Afrique possède désormais l’expertise, la volonté et la légitimité de dicter ses propres solutions. Le 23ᵉ Congrès de l’AAEA se positionne ainsi comme le point de départ d’une ère d’actions fortes, où l’accès à l’eau cesse d’être perçu comme un luxe pour devenir le socle incontestable de la dignité et de la puissance du continent.

