Le 29 avril 2026, le Ministère des Travaux Publics (MINTP) a réuni l’ensemble des parties prenantes du secteur des transports à l’occasion de la 10ᵉ session du Comité national de pilotage. Cette rencontre, consacrée au programme routier intégrateur, au projet de facilitation des transports et de transit en zone CEMAC, ainsi qu’au projet de transport multimodal au Cameroun, intervient dans un contexte marqué par le relèvement du réseau routier et la mise en œuvre des hautes orientations du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, issues de son discours d’investiture du 6 novembre 2026.
Un cadre de concertation stratégique
Le Comité national de pilotage constitue une instance essentielle de coordination entre les administrations sectorielles et les institutions impliquées dans le transport multimodal, à savoir le Ministère des Travaux Publics, le Ministère des Transports, le Ministère de l’Économie, du Plan et de l’Aménagement du Territoire, ainsi que plusieurs agences d’exécution.
Lors de cette session, un accent particulier a été mis sur la collaboration efficace entre maîtres d’ouvrage, partenaires techniques et financiers, et autres acteurs, en vue d’accélérer la mise en œuvre des projets.
Des résultats significatifs depuis 2001
Depuis 2001, les interventions du MINTP, soutenues par un large éventail de partenaires techniques et financiers, ont permis d’aménager ou de réhabiliter 1 544,64 km de routes et de construire 2 290 mètres linéaires de ponts. Ces réalisations contribuent de manière significative à l’amélioration de la connectivité nationale et sous-régionale.

Les partenaires mobilisés depuis près de deux décennies – Banque africaine de développement, Banque mondiale, Banque islamique de développement, BDEAC, JICA, AFD et Union européenne – ont apporté un volume total de financement de 2 076 milliards de FCFA pour des projets routiers et aériens.
À ce jour, plusieurs axes stratégiques sont achevés, notamment :
· Sangmelima – Mintom – Ntam – Mbalam,
· Lele – Ntam,
· Batchenga – Ntui – Yoko – Lena,
· Babadjou – Bamenda,
· Ndu – Nkamb,
· Maroua – Mora,
· Olama – Bingambo.
Par ailleurs, la modernisation des infrastructures aéroportuaires est engagée sur les aéroports de Yaoundé-Nsimalen, Douala, Garoua et Bamenda.
Exercice 2025 : avancées concrètes et nouveaux démarrages
L’année 2025 a enregistré la réalisation de 51,35 km de routes sur plusieurs sections, dont Matazem–Bamenda (18,05 km), l’École des Champions–Amour–Mezam (5 km en 2×2 voies), Ndjolé–Mankim (6,25 km), Ndu–Binka–Nkambè (21,2 km) et Mora–Tchakamari (0,85 km). Un pont de 40 mètres linéaires a également été construit sur l’axe Ndjolé–Mankim.
Les travaux se sont poursuivis sur des axes majeurs tels que Bogo–Pouss (78,3 km), Kumbo–Ndu–Nkambe–Misaje (66,8 km), la voie de contournement de Bamenda (4,93 km) et ses routes communales associées (30 km), Mora–Tchakamari (21 km) ainsi que la pénétrante Nord de Yaoundé (22 km).
Parallèlement, plusieurs nouveaux projets ont démarré en 2025, notamment :
· les sections urbaines autour du rond-point Amour Mezam Junction (6,538 km),
· Moutourwa–Maroua (36 km),
· Magada–Guidiguis (68,30 km),
· Guidiguis–Yagoua (68,70 km).
Huit marchés ont également été signés pour la réhabilitation des axes Mora–Kousseri et Ngaoundéré–Garoua, renforçant ainsi le portefeuille des projets en cours.
Infrastructures socio-économiques : un volet essentiel
En 2025, la réalisation d’infrastructures socio-économiques s’est poursuivie dans les zones impactées par les projets routiers, avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines.
Dans le cadre du Projet d’Aménagement des Routes de Désenclavement de la Zone Industrielle de Kribi (PARZIK), plusieurs forages d’eau potable, salles de classe et latrines ont été achevés, tandis qu’une bibliothèque scolaire et une banque de sang sont en cours d’aménagement.
Le Programme d’Appui au Secteur des Transports phase 1 (PAST 1) a permis la réalisation de nombreux forages d’eau potable (motricité manuelle et solaire) le long de l’axe Batchenga–Ntui–Yoko–Lena–Tibati. Sur les axes Mintom–Lélé–Ntam–Mbalam et Kumba–Mamfé, des écoles, un hôpital, des hangars de marché, des centres pour jeunes et femmes, ainsi que des aires de séchage et des forages ont été construits ou réhabilités.
Portefeuille 2026 : 13 projets actifs et 337 milliards de décaissements prévus
À fin 2025, le portefeuille de la Cellule des Projets Routiers à Financement Conjoint (CPR-FC) compte 13 projets actifs pour un volume global de financement supérieur à 2 076 milliards de FCFA. Ces projets couvrent l’ensemble du territoire national et portent sur la construction, la réhabilitation de routes, la réalisation d’infrastructures socio-économiques et des appuis institutionnels.
Pour l’année 2026, le volume de décaissement attendu au titre des projets routiers à financement conjoint est estimé à 337 504 382 617 FCFA TTC, en légère baisse par rapport aux 367,6 milliards de FCFA de 2025. Ces ressources seront mobilisées à la fois auprès des partenaires extérieurs et via les fonds de contrepartie de l’État.
Quatre axes prioritaires pour 2026
Les orientations du Plan de Travail Budgétisé Annuel (PTBA) 2026 s’articulent autour de quatre priorités :
- Accélération de l’exécution des projets en cours
Intensification des travaux sur les grands chantiers structurants : Ring Road, Bogo–Pouss, Mora–Kousseri, Ngaoundéré–Garoua et les axes de l’Extrême-Nord. - Finalisation des projets en phase avancée
Achèvement et réception de plusieurs sections routières, ouvrages d’art et infrastructures socio-économiques. - Démarrage des nouveaux projets
Lancement effectif du Programme d’Appui au secteur des transports phase IV, du projet Ngatt–Febadi–Likok, des projets du corridor Mora–Dabanga–Kousseri, ainsi que des projets de désenclavement dans l’Extrême-Nord. - Renforcement de la gouvernance et de la performance
Amélioration de la coordination des projets, réduction des délais de passation des marchés, suivi rapproché des chantiers, respect des normes environnementales et sociales, et consolidation des relations avec les partenaires techniques et financiers.
Des contraintes à surmonter
La mise en œuvre des projets se heurte encore à plusieurs contraintes :
· un contexte sécuritaire fragile dans certaines zones,
· une performance variable de certaines entreprises,
· des lenteurs dans les procédures de passation des marchés,
· la mobilisation parfois difficile des financements et fonds de contrepartie,
· la complexité liée à la multiplicité des partenaires.
Pour y remédier, le PTBA 2026 prévoit un renforcement de la culture de la performance, une consolidation des capacités organisationnelles et humaines de la CPR-FC, et une gouvernance renforcée des projets.
Perspectives
L’année 2026 s’annonce comme celle de tous les défis, marquée par l’accélération des travaux, la mise en service progressive de nouvelles infrastructures et le lancement de projets structurants. L’enjeu est clair : faire du réseau routier national un véritable moteur de développement, au service de l’économie nationale, de l’intégration régionale et de l’amélioration des conditions de vie des populations.

