Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, où les routes cèdent souvent sous la pression des eaux et où l’accès à l’eau reste un défi quotidien, le projet PACRI trace une nouvelle voie. Sur la section Mora-Tchakamari, la reconstruction ne se limite pas au bitume : elle intègre d’emblée les besoins des habitants, premièrement victimes des caprices du climat.
Lors d’une visite récente sur le terrain, le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a pu constater l’avancée du volet résilience du Projet d’amélioration de la connectivité, de la résilience et de l’inclusion dans la région de l’Extrême-nord (PACRI), financé avec l’appui de la Banque mondiale. Loin d’un simple chantier routier, ce tronçon de la route Mora-Dabanga-Kousseri est pensé comme un levier de développement local.

Des ouvrages hydrauliques au service des communautés
Sur cette section particulièrement exposée aux inondations, plusieurs aménagements hydrauliques et dispositifs de gestion des eaux pluviales sont prévus. L’objectif est double : protéger la chaussée contre les ravins et les crues, mais aussi permettre aux populations riveraines de tirer un bénéfice direct des infrastructures construites.
C’est dans cette optique que le ministre a instruit une mesure concrète : capitaliser les eaux de ruissellement issues des ouvrages routiers. L’idée est simple : au lieu d’évacuer rapidement ces eaux, il s’agit de les stocker grâce à des aménagements adaptés – bassins de rétention, mares artificielles, micro-barrages – pour en faire une ressource utile toute l’année.
Abreuvement, agriculture et résilience communautaire
Ces réserves d’eau bénéficieront directement aux habitants des départements du Mayo-Sava et du Logone-et-Chari. Elles permettront l’abreuvement des troupeaux, le soutien aux activités agropastorales, et renforceront la résilience des villages face aux sécheresses récurrentes.
Dans une région régulièrement frappée par des aléas climatiques – inondations dévastatrices suivies de longues périodes sèches – cette approche intégrée transforme une contrainte en opportunité. La route ne se contente plus de désenclaver : elle devient un vecteur d’adaptation climatique.
Un projet qui place l’humain au cœur de l’infrastructure
Le PACRI illustre ainsi une nouvelle génération de projets d’infrastructures, où la performance technique ne se dissocie pas de l’impact social. « Mettre les infrastructures au service des populations », résume la feuille de route ministérielle. Avec ce volet résilience, la route Mora-Tchakamari montre l’exemple : circuler, c’est important. Mais vivre mieux, c’est essentiel.

