La Direction générale des impôts (DGI) et les maires du Cameroun ont tenu une rencontre au siège de la DGI à Yaoundé ce 3 Juin 2024. Plusieurs heures durant, les échanges ont porté sur l’état d’avancement de la réforme de la fiscalité locale et les perspectives de mobilisation des recettes au profit des collectivités territoriales décentralisées (CTD). À l’issue des travaux, les principaux acteurs se sont exprimés, faisant ressortir des avancées concrètes et des engagements réciproques.
Le directeur général des impôts, Roger Athanase Meyong Abath, a d’abord tenu à remercier les ministres des Finances et de la Décentralisation pour avoir autorisé cette rencontre directe. Selon lui, tous les organes de pilotage de la réforme sont désormais opérationnels, avec la création des centres de fiscalité locale et des particuliers, la nomination de leurs responsables par le ministre des Finances, ainsi que la signature de l’arrêté conjoint encadrant les unités de suivi de la fiscalité. Il a souligné que la réforme recèle un fort potentiel, mais que l’urgence consiste désormais à transformer ce potentiel en recettes effectives, afin de donner aux CTD les moyens de promouvoir le développement local, une priorité des hautes autorités.
Meyong Abath a insisté sur une approche de « co-construction », fondée sur la complémentarité des rôles : “À la DGI son ingénierie et sa digitalisation, aux élus locaux leur maîtrise du terrain”. Il a rappelé que le chef de chaque centre de fiscalité locale se tient à la disposition du maire. La clé de la réussite réside, selon lui, dans l’immatriculation et la disponibilité en temps réel des ressources collectées. Grâce au nouveau schéma de paiement via la plateforme Trésor Pay, opérationnel depuis le 1ᵉʳ avril 2026, les mairies perçoivent désormais leurs recettes en temps réel. Enfin, il a annoncé l’établissement d’un relevé de recommandations et la tenue d’un point mensuel conjoint, estimant que « la balle est désormais dans le camp de la DGI et des collectivités territoriales ».

Prenant la parole au nom de l’Association des Régions du Cameroun, Jean Claude Sanama, inspecteur des impôts et vice-président de la région du Centre, a salué l’initiative du directeur général. Il a indiqué que des résolutions importantes ont été prises pour les régions, notamment la mise à disposition des applicatifs permettant de déverser les ressources fiscales directement dans les sous-comptes régionaux ouverts à la Campost. Le directeur général s’est engagé à accélérer la préparation de ces outils et à plaider auprès du Trésor public pour que les ressources collectées depuis janvier soient reversées aux régions dans les meilleurs délais.
De son côté, Albert Anicet Akoa, maire de Ngoulemakong et vice-président national des Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC), s’est dit rassuré par le travail accompli à la DGI. Il a salué la dynamique de co-construction et de décloisonnement voulue par le directeur général, qui associe pleinement les élus locaux ainsi que les futures unités locales de gestion de la fiscalité. Toutefois, il a mis en garde sur le véritable défi : la disponibilisation effective des ressources. Selon lui, depuis huit mois (quatrième trimestre et premier trimestre), les communes ne perçoivent pas leurs fonds, ce qui paralyse leur fonctionnement et le paiement de leur personnel. Il attend désormais des avancées concrètes de la part du Trésor public.

Cette rencontre marque une étape décisive dans la réforme de la fiscalité locale au Cameroun. Si les structures sont en place et la méthode de co-construction validée, la priorité immédiate reste le reversement effectif des recettes aux collectivités, condition indispensable pour transformer les ambitions affichées en réalités tangibles au service du développement local.

