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Yaoundé: 160 km de canalisations et 30 000 branchements, le plus grand chantier d’eau potable officiellement lancé

La cérémonie officielle, présidée par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a marqué le lancement des travaux de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la capitale camerounaise. Un projet d’envergure, porté par la CAMWATER avec l’appui de partenaires belges, qui vise à sécuriser durablement l’approvisionnement en eau du Grand Yaoundé.

L’esplanade de la mairie de Yaoundé VII a revêtu un caractère solennel ce jeudi 25 juin 2026. En présence des membres du gouvernement, des autorités administratives, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des responsables de la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), la cérémonie de pose de la première pierre des lots 1 et 2 du projet de reconfiguration du réseau d’eau potable de la capitale a été officiellement célébrée. Présidée par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, en compagnie de son homologue de la Fonction publique, Joseph Le, cette étape symbolique marque le passage d’une phase de conception à une phase de réalisation concrète, au bénéfice des populations de la ville aux sept collines et de ses environs.

Ce chantier d’envergure, porté par la CAMWATER en qualité de maître d’ouvrage délégué, s’inscrit dans une dynamique de réponse aux défis structurels d’une agglomération en pleine expansion. Il ne s’agit pas simplement d’une opération de construction, mais d’un vaste programme de modernisation des infrastructures existantes, visant à renforcer les capacités de stockage et de distribution, tout en préparant l’avenir de Yaoundé et de ses zones périphériques.

Un projet né d’un constat et d’une volonté politique forte

Dans son allocution, le Directeur Général de la CAMWATER, le Dr Blaise Moussa, a rappelé le contexte ayant conduit à la maturation de ce projet. Il a souligné que la mise en service du Projet d’Alimentation en Eau Potable de la Ville de Yaoundé et ses Environs (PAEPYS) en août 2024 avait permis d’augmenter significativement la capacité de production, atteignant désormais environ 485 000 m³ par jour pour une demande estimée à 350 000 m³. Cependant, ce surplus de production se heurte aux limites d’un réseau de distribution vieux de plusieurs décennies, sujet à de nombreuses casses, à des baisses de pression et à un défaut d’interconnexion entre les différents étages de la ville.

« Les opérations ponctuelles que je viens d’évoquer ont certes permis d’améliorer l’accès à l’eau potable des populations, mais demeurent insuffisantes, au regard de la demande sans cesse croissante de nos populations », a déclaré le Dr Moussa. C’est donc pour adresser durablement cette problématique que le projet de reconfiguration a vu le jour, après très haut accord du Chef de l’État. Il a inscrit cette réalisation dans la continuité de la politique publique impulsée par le Président de la République, soulignant que « à travers le présent projet, c’est une fois encore la promesse de l’État qui se concrétise au bénéfice des populations ».

Le maître d’ouvrage délégué a également insisté sur le changement de paradigme que représente cette initiative. « L’histoire retiendra que cette journée aura symbolisé le passage d’une logique centrée sur la production d’eau à une approche intégrée associant production, stockage, transport, distribution, performance de réseau et qualité de service ». Une vision partagée par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, qui a rappelé que l’accès à l’eau potable constitue un levier essentiel de développement, dont les insuffisances freinent l’activité économique et affectent le bien-être des populations.

Une infrastructure nouvelle pour une distribution optimisée

Le projet de reconfiguration se distingue par son ampleur et sa technicité. Il prévoit une refonte profonde du système de distribution pour le rendre plus performant et plus résilient. Parmi les principales réalisations prévues, on peut citer :

· La création de trois nouvelles zones de distribution (Abomé au Sud, Zibi antenne au Sud-Ouest et Minkoameyos à l’Ouest) afin d’alimenter la périphérie et de réduire la taille des zones actuelles, trop étendues. Ces zones seront équipées de réservoirs de stockage d’une capacité totale de 13 250 m³, avec des ouvrages de 5 000 m³, 4 500 m³ et 3 750 m³ respectivement.
· Le renforcement et l’extension du réseau avec la pose de près de 160 kilomètres de nouvelles canalisations pour accompagner l’expansion urbaine. Plus précisément, 85 km de réseau primaire et secondaire seront installés dans les zones d’Etoudi, Mimboman, Nkomo, Mission, Mbankolo, Abomé, Ndindan, Nkoayos et Mont Fébé. Le réseau secondaire sera renforcé par 62 km de conduites en PVC, PEHD et fonte grise dans les zones d’Atemengue, Etoug-Ebe, Minkoameyos et Zibi Antenne.
· Le remplacement des conduites vétustes en fonte grise et en acier, qui sont à l’origine de nombreuses pertes d’eau.
· La modernisation du système de transport avec le renforcement de deux conduites de transfert d’eau du PAEPYS, notamment sur la ligne Etoudi-Nkoayos (11,5 km) et sur la ligne Grande Mosquée-Messa (1,5 km).
· L’extension du réseau tertiaire avec la pose de 300 km de canalisations en PEHD dans l’ensemble des zones de distribution.
· L’amélioration de l’accès pour les ménages avec la fourniture de 30 000 kits complets de matériels de branchement.
· L’installation d’un système de télégestion afin de réduire les pertes techniques et d’optimiser la gestion du réseau en temps réel.

Une coopération internationale au cœur du projet

La dimension internationale du projet a été mise en avant au cours de la cérémonie. Deux entreprises de renommée internationale, toutes deux belges, ont été retenues pour la réalisation des travaux : le Groupement PUTMAN/PHOENIX ENVIRONNEMENT, en charge des ouvrages et d’une partie du réseau secondaire, avec le soutien financier d’ING Banque de Belgique ; et ASPAC TECHNICS BV, également en charge du réseau secondaire, avec pour partenaire financier Belfius Bank de Belgique.

S’exprimant au nom du Royaume de Belgique, l’ambassadeur de Belgique au Cameroun a salué la qualité des échanges avec les autorités camerounaises et réaffirmé l’engagement de son pays. « Le choix de s’appuyer une fois encore sur l’expertise européenne, en particulier belge, pour répondre à ses ambitions et aux besoins des populations est hautement apprécié », a-t-il déclaré, soulignant que l’eau et l’énergie constituent deux piliers indissociables du développement.

Une ambition pour le Grand Yaoundé et au-delà

Prévu pour une durée de 36 mois, ce projet hydraulique qui démarre à Minkoameyos dans le septième arrondissement de Yaoundé, ouvre la voie à une transformation progressive du réseau de distribution. Il ambitionne de couvrir non seulement la capitale, mais également les zones périphériques en pleine croissance que sont Mfou, Bikok, Akak, Soa et Mbankomo.

À travers cette initiative, le gouvernement entend répondre aux défis structurels liés à l’alimentation en eau potable dans la capitale. Les autorités présentent cette initiative comme une composante d’un vaste programme national de construction et de modernisation des ouvrages hydrauliques visant à accroître durablement les capacités de production et de distribution d’eau potable sur l’ensemble du territoire. Une transformation qui devra accompagner la croissance démographique de la capitale tout en renforçant la qualité du service rendu aux usagers, dans la perspective d’un accès plus fiable et plus durable à l’eau potable.

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Annette Olinga

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