SOCIETE

Minjec: Le CONEP remet ses recommandations pour les futurs projets de loi sur le civisme et l’intégration nationale

Written by Annette Olinga

Une étape décisive a été franchie dans le processus d’élaboration des avant-projets de loi portant promotion du civisme et de l’intégration nationale. La cérémonie officielle de restitution des recommandations de la société civile s’est tenue ce 24 juillet à Yaoundé, en présence de Son Excellence Monsieur Mounouna Foutsou, Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation Civique.

Cette cérémonie fait suite à l’atelier d’harmonisation des contributions de la société civile tenu à Mbankomo les 23 et 24 juillet 2026. Organisée en présence des membres du Conseil National de l’Éducation Populaire (CONEP) et du représentant de l’Union européenne, cette rencontre a permis de transmettre officiellement au Ministre les principales propositions issues des travaux.

Des propositions axées sur la promotion du civisme, du vivre-ensemble, de l’engagement citoyen des jeunes et du renforcement de la cohésion nationale. Une démarche qui témoigne de la volonté du MINJEC d’associer étroitement les organisations de la société civile à la construction d’un Cameroun plus uni, plus responsable et plus solidaire.

Une consultation populaire ancrée dans les réalités des communautés

Pour enrichir les propositions de loi, une vaste consultation populaire a été menée au niveau national afin de recueillir les perceptions et recommandations des communautés. Quatre régions ont été ciblées : l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest, le Littoral et le Centre.

Comme l’a expliqué M. Hassamou Ayouba, gestionnaire de projets-programmes de formation et consultant pour cette consultation populaire : « Il était question de faire une consultation populaire au niveau national pour avoir l’impression des communautés, leurs perceptions et leurs recommandations, afin donc d’enrichir les propositions de loi. »

Les résultats sont sans appel. Pour ce qui est de la loi portant sur le civisme, la corruption apparaît en tête des fléaux à combattre. Pour ce qui est de l’intégration nationale, ce sont le tribalisme et la discrimination qui ont pris le dessus. Face à ces constats, l’État, aux côtés des familles et des écoles, reste l’acteur principal pour promouvoir les actes civiques et l’intégration nationale.

Des textes juridiques pour répondre à la montée de l’incivisme

Intervenant à cette occasion, le Chef de la Division des Affaires Juridiques du MINJEC a rappelé le contexte fondamental qui a motivé ces projets de textes. « Le Cameroun est dans un environnement où l’incivisme vient de monter d’un cran. Et ça fait en sorte que l’image du pays est un peu noircie », a-t-il souligné.

Il a également évoqué la montée des discours de haine, la non-acceptation de l’autre, qui entraînent discrimination, dissensions et mésententes. Deux projets de textes ont ainsi été conçus : un projet sur la promotion de l’éducation civique et un autre sur la promotion de l’intégration nationale. L’objectif est clair : concevoir des documents juridiques qui vont réglementer le fonctionnement civique des Camerounais, « curer les consciences pour que les gens soient coopératifs, promeuvent le vivre-ensemble et respectent la réglementation ». Pour cela, le ministère a fait le choix d’une approche participative en consultant les bénéficiaires directs, les populations et les organisations de la société civile.

Le CONEP, fer de lance de la contribution citoyenne

C’est dans ce cadre que le Conseil National de l’Éducation Populaire a joué un rôle central. Comme l’a affirmé sa Présidente, Mme Fidèle Djebba : « Nous venons d’être reçus en audience par Monsieur le Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation Civique pour lui remettre le rapport de la consultation nationale que nous avons organisée dans le cadre de l’élaboration des avant-projets de loi. Nous sommes le CONEP, et dans nos missions d’éducation populaire, il était important pour nous d’apporter notre contribution, celle de la société civile, à l’élaboration de cet important projet de loi qui rentre dans l’élaboration des politiques publiques. »

Elle s’est réjouie du bon déroulement des deux jours d’atelier au cours desquels les drafts des avant-projets de loi ont été longuement examinés et enrichis. « Notre principale recommandation, c’est de pouvoir être prises en compte dans tout le processus jusqu’à l’aboutissement des lois en elles-mêmes à l’Assemblée Nationale », a-t-elle conclu.

Cette réussite met en lumière un leadership féminin exemplaire au sommet du CONEP. Mme Fidèle Djebba, première Présidente du CONEP depuis sa création, abat un travail exceptionnel salué par l’ensemble des partenaires. À ses côtés, sa Vice-Présidente, Mme Marie-Florence Hond, incarne également cette dynamique. En plus d’être Vice-Présidente du Conseil National de l’Éducation Populaire, Mme Hond est Ambassadrice Nationale du PRONEC-Réamorce. Ce duo féminin porte avec rigueur et vision les missions d’éducation populaire.

Leur action démontre que le MINJEC, qui porte le CONEP et qui tient beaucoup à cette institution, n’a pas eu tort de lui faire confiance. Le CONEP est en train de montrer toute sa pertinence et son efficacité comme interface crédible entre l’État et la société civile.

Un partenariat salué par l’Union européenne

Présent à la cérémonie, M. Loïc Bruckert, Attaché en charge de l’appui à la société civile et aux droits humains à la Délégation de l’Union européenne au Cameroun, a salué la démarche. « Nous accompagnons le gouvernement du Cameroun, et en particulier ici le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique à travers nos financements, et nous sommes heureux d’accompagner ce processus ouvert, inclusif et participatif entre les pouvoirs publics, les citoyens et les organisations de la société civile », a-t-il déclaré.

Il a tenu à saluer le fait que le ministère ait ouvert la voie à ce processus permettant aux citoyens de faire entendre leur voix, tout en exprimant le vœu que le rapport produit ait toute sa place dans le processus législatif.

Le CONEP adresse ses sincères remerciements à ses partenaires techniques et financiers qui l’accompagnent dans cette mission, notamment la GIZ et l’Union européenne, dont le soutien constant rend possible cette contribution citoyenne à la consolidation de l’unité nationale.

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