Adopté en séance plénière, le budget vise à accélérer les grands chantiers, soutenir les communes et sécuriser les projets à financement étalé.
L’Assemblée Nationale a adopté, ce dimanche 30 novembre, le budget 2026 du Ministère des Travaux Publics (MINTP). D’un montant global de 651,952 milliards de FCFA, cette enveloppe marque une volonté affirmée de l’État de dynamiser le secteur des infrastructures routières, considéré comme un pilier essentiel du développement économique et de la connectivité nationale.
Présidée par le Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale, Hilarion Etong, la séance plénière a validé une répartition budgétaire qui privilégie nettement l’investissement. Sur le total, 539,74 milliards de FCFA sont ainsi consacrés aux dépenses d’investissement, contre 112,212 milliards alloués au fonctionnement, y compris les fonds dédiés au Fonds Routier.
Une priorité à l’investissement et aux grands projets
Le cœur de cette programmation budgétaire réside dans le financement des grands projets structurants. L’enveloppe d’investissement, qui intègre à la fois les ressources extérieures et internes, est articulée autour de plusieurs axes majeurs :
- 60 milliards pour le Plan d’Urgence Triennal (PLANUT).
- 35 milliards de contreparties en dépenses réelles.
- 22,5 milliards destinés aux collectivités territoriales décentralisées.
- 15 milliards pour les études et maîtrises d’œuvre, phase cruciale pour le lancement de nouveaux projets.
Côté fonctionnement, une part significative est dévolue à l’entretien et aux engagements existants, avec 50 milliards injectés dans le Fonds Routier et 43,5 milliards pour honorer les engagements liés aux contrats de Partenariat Public-Privé (PPP).
Soutenir les communes et relancer l’axe Yaoundé-Douala
Une des annonces fortes de ce budget est l’augmentation des ressources internes, portée à 273,540 milliards de FCFA. Cette manne financière nationale aura deux emplois principaux. D’une part, elle permettra d’appuyer chaque commune à hauteur de 100 millions de FCFA, renforçant ainsi les transferts de compétences et les capacités d’intervention locales. D’autre part, elle doit servir à amorcer, sur financement interne, la reconstruction de l’axe stratégique Yaoundé-Douala, un chantier vital pour l’économie nationale.
Sécuriser les projets et optimiser l’exécution
Face aux retards accumulés sur certains chantiers, souvent liés à des difficultés de trésorerie, le budget 2026 a également pour objectif de sécuriser les projets pluriannuels. L’ambition est de limiter l’impact des aléas financiers sur les délais de livraison. Pour y parvenir, le MINTP entend améliorer la régularité dans l’exécution des travaux et optimiser l’utilisation des ressources allouées.
Cette rigueur dans la gestion doit contribuer à renforcer la contribution du secteur routier à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020–2030 (SND30). En modernisant le réseau, en améliorant sa maintenance et en désenclavant les territoires, le gouvernement vise à créer un environnement favorable à la croissance inclusive et à l’intégration régionale.
L’adoption de ce budget ouvre ainsi une année 2026 présentée comme décisive pour le secteur des travaux publics, avec l’espoir de concrétiser sur le terrain les engagements de modernisation des infrastructures de transport au Cameroun.

