ECONOMIE

Compact National Eau : Le Cameroun mobilise les partenaires pour accélérer l’accès à l’eau potable d’ici 2030

Written by Annette Olinga

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a officiellement ouvert la table ronde de dialogue stratégique sur le Compact National Eau, une rencontre de haut niveau qui se tient jusqu’au 2 avril à l’hôtel Starland de Bastos, à Yaoundé.

Sous l’égide du ministère de l’Eau et de l’Énergie, et avec l’appui de partenaires techniques et financiers majeurs – Banque mondiale, UNICEF, Union européenne, Société financière internationale (IFC), AFD, BAD, JICA et KfW –, ce projet ambitieux ambitionne de transformer en profondeur le secteur hydrique camerounais.


Une réforme structurelle pour un secteur sous tension

Malgré un potentiel hydrique estimé à plus de 610 milliards de m³ par an, le Cameroun souffre encore de fortes disparités d’accès à l’eau, notamment entre zones urbaines et rurales. Face à ce constat, le ministre Eloundou Essomba a rappelé dans son allocution que l’eau n’est pas seulement une ressource vitale, mais aussi un levier de développement.

Le Compact National Eau se veut une véritable feuille de route de politique publique pour moderniser le secteur, renforcer sa gouvernance et sécuriser les investissements d’ici 2030. Il repose sur quatre axes stratégiques :

· Développer et moderniser les services d’eau potable et d’assainissement ;
· Promouvoir les usages productifs de l’eau pour soutenir l’économie ;
· Assurer une gestion intégrée des ressources en eau et la préservation des écosystèmes ;
· Renforcer le cadre institutionnel et la gouvernance sectorielle.

2 426 milliards de FCFA nécessaires : un appel à la mobilisation

L’enjeu financier est colossal. Gaston Eloundou Essomba a indiqué que les besoins globaux s’élèvent à 2 426 milliards de FCFA, dont une partie est déjà sécurisée grâce aux partenaires techniques et financiers. Un appel a été lancé pour combler le gap de financement restant et accélérer l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, en cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2020–2030 et l’ODD 6.

La table ronde ne se limite pas à la présentation du document stratégique. Elle vise à favoriser l’appropriation du Compact par l’ensemble des acteurs – administrations publiques, collectivités territoriales, opérateurs comme CAMWATER, secteur privé et société civile – et à définir une gouvernance claire ainsi qu’une feuille de route d’actions prioritaires.

L’UNICEF : « L’eau, question de résilience, de justice et d’avenir »

La cérémonie a été marquée par l’engagement fort des partenaires internationaux. Anne Fouchard, porte-parole de la représentante de l’UNICEF au Cameroun, a souligné l’urgence de l’action : « La crise de l’eau n’est plus seulement une question d’accès. Elle est devenue une question de résilience, de justice et d’avenir. »

L’UNICEF, qui a co-financé cette table ronde avec la Banque mondiale, a réitéré son soutien indéfectible au gouvernement camerounais. L’enfant est placé au cœur du dispositif : chaque source d’eau sécurisée est une promesse de santé, de nutrition et de dignité pour les générations futures.

Un processus inclusif et résolument tourné vers l’action

Le ministre a personnellement présidé et modéré un panel d’experts réunissant le ministère de la Décentralisation et du Développement local, la Banque mondiale, l’UNICEF et le MINDEVEL. Les échanges ont porté sur la gouvernance, le financement et la coordination des politiques publiques.

Insistant sur le caractère inclusif du processus, Gaston Eloundou Essomba a invité l’ensemble des acteurs à formuler des propositions concrètes pour enrichir le document avant sa validation finale.


Le Cameroun trace la voie vers un « avenir bleu »

Au-delà des chiffres et des réformes, ce Compact National Eau constitue une première dans la sous-région – un véritable contrat social entre l’État, les partenaires et les citoyens. L’objectif est clair : faire de l’accès à l’eau une réalité tangible pour chaque Camerounais, du Grand Nord aux côtes du Sud.

À l’issue de ces deux jours de travaux, la feuille de route validée devra permettre de passer de l’ambition à l’action, avec des résultats mesurables et suivis dans le temps. Comme l’a résumé le ministre Eloundou Essomba : « L’eau est un bien commun inaliénable. Ce Compact est notre engagement collectif pour qu’aucun Camerounais ne soit plus privé de ce droit fondamental. »

Rendez-vous est pris pour la validation finale du document, qui scellera l’avenir bleu du Cameroun.

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