Le Port Autonome de Kribi (PAK) vient de franchir une étape décisive dans l’amélioration de son attractivité. L’Institut Sous-régional de Statistique et d’Économie Appliquée (ISSEA) y a présenté il ya quelques semaines, les premiers résultats d’une enquête approfondie sur les pratiques anormales, un levier stratégique pour faire du Cameroun le hub logistique incontournable de l’Afrique Centrale.
Dans le cadre du projet Observatoire des Pratiques Anormales (OPA-AC), une équipe d’experts de l’ISSEA a investi l’enceinte portuaire de Kribi pendant plusieurs semaines. Cette initiative, qui s’inscrit dans le prolongement des études déjà menées sur les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui, vise à identifier les goulots d’étranglement qui freinent la fluidité des échanges.

Le Professeur Ngonthe, chef de projet adjoint, a souligné l’ouverture exemplaire de la direction du PAK lors de cette phase de collecte de données. Cette collaboration a permis de dresser un premier état des lieux avant la publication des conclusions finales.

Les enjeux : Coûts, Délais et Compétitivité
L’objectif de cette enquête ne se limite pas à un simple constat statistique. Il s’agit d’un outil de performance économique majeur pour le Cameroun. Selon le Professeur Ngonthe, l’enjeu est triple :
- Réduction des délais : Accélérer le passage des cargaisons en transit.
- Optimisation des coûts : Éliminer les frais injustifiés pour rendre le passage portuaire plus abordable.
- Fidélisation régionale : Convaincre les opérateurs économiques du Tchad et de la RCA que le Port de Kribi reste le choix le plus efficient pour leurs importations et exportations.
« En facilitant toutes les procédures pour que tout soit réduit, le port devient compétitif et les pays voisins ne vont plus chercher à aller ailleurs. Cela permet au Cameroun d’être compétitif au niveau sous-régional », a expliqué le Pr Ngonthe.
Un calendrier précis pour l’action
Après trois semaines de terrain et une période de préparation intense, l’heure est désormais à l’affinage des analyses. Cette “pré-présentation” de décembre visait à confronter les premières données avec les réalités des responsables du PAK pour garantir la pertinence des futures recommandations.
La suite du chronogramme est déjà fixée :
- Mi-Janvier 2026 : Organisation d’un grand atelier de restitution sous l’égide du Président de la Commission de la CEMAC.
- Parties prenantes : Cette rencontre réunira les responsables portuaires, les commissionnaires agréés en douane et les transporteurs.
- Finalité : Formuler des recommandations concrètes à l’attention des décideurs et des partenaires au développement pour fluidifier les échanges dans l’espace CEMAC.
Un modèle déjà éprouvé
Cette démarche n’est pas isolée. L’ISSEA a mené un exercice similaire au Port Autonome de Douala (PAD) il y a quelques mois. En étendant cette analyse au Port de Kribi, les autorités de la sous-région affichent une volonté claire de normaliser les corridors de transport et de transformer l’Afrique Centrale en une zone économique intégrée et performante.

