La capitale camerounaise a vibré, ce jeudi 12 février 2026, au rythme de la clôture du 23ᵉ Congrès International et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Dans une ambiance empreinte de solennité et d’espoir, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie du Cameroun (MINEE) a mis un point final à plusieurs jours de débats intenses, d’expositions technologiques et de négociations stratégiques.
Si l’heure était au bilan pour le Cameroun, les regards se sont rapidement tournés vers l’Afrique de l’Ouest : le Sénégal a été officiellement désigné pour accueillir la prochaine édition en 2028, confirmant le passage de témoin entre deux piliers de la gestion de l’eau sur le continent.
Le passage de témoin : de Yaoundé à Dakar
L’un des moments les plus chargés de symbolisme lors de cette cérémonie de clôture fut sans conteste le passage de flambeau. Après une édition camerounaise riche en résolutions, c’est au Sénégal que reviendra la mission de porter la voix de l’eau et de l’assainissement en 2028.
Ce choix n’est pas anodin, le Sénégal étant reconnu pour ses avancées majeures dans la gestion des services d’eau en milieu urbain et rural. Ce futur rendez-vous à Dakar s’inscrit dans la continuité de la dynamique enclenchée à Yaoundé, visant à renforcer la coopération transfrontalière et à mutualiser les expertises africaines pour répondre aux stress hydriques croissants.
La « Déclaration de Yaoundé » : une feuille de route historique
Le véritable héritage de ce 23ᵉ congrès reste l’adoption de la Déclaration de Yaoundé. Ce document, présenté comme la boussole stratégique des prochaines années, repose sur quatre piliers fondamentaux :
- Un engagement politique renforcé pour placer l’eau au cœur des budgets nationaux.
- Une gouvernance transparente et redevable, garantissant que chaque goutte d’eau investie profite aux populations.
- La viabilité financière des opérateurs, pour sortir de la dépendance exclusive aux subventions.
- Des mécanismes de financement innovants, adaptés aux réalités économiques spécifiques de l’Afrique.
« Les engagements pris ici ne doivent pas rester des mots sur du papier. Ils doivent se traduire en politiques publiques audacieuses et en services durables », a martelé le Ministre de l’Eau et de l’Énergie lors de son allocution finale.
Priorité à l’action : passer du diagnostic aux résultats
Sous le thème « Eau et Assainissement pour Tous : des actions fortes pour l’Afrique », le congrès a permis de dégager des priorités techniques claires. Le Ministre camerounais, soutenu par son homologue tchadien, Marcelin Passalé Kanabé, a insisté sur la nécessité de moderniser les infrastructures.
Les travaux ont mis en lumière l’urgence de :
- La sécurisation des ressources face au changement climatique.
- La réduction des pertes (eau non facturée) qui plombe la rentabilité des sociétés d’État.
- La digitalisation des réseaux pour une gestion en temps réel de la distribution.
- L’économie circulaire, transformant les déchets de l’assainissement en ressources valorisables (engrais, énergie).
Une dimension humaine et inclusive
La cérémonie a également rendu hommage à ceux qui font vivre le secteur. Des distinctions honorifiques ont été remises, et un hommage vibrant a été rendu à l’artiste Zue Ella. Le rôle crucial des femmes et des jeunes professionnels a été salué, ces derniers étant désormais reconnus comme des acteurs indispensables de l’innovation dans le secteur de l’eau.
L’événement s’est conclu par les performances majestueuses du Ballet National, célébrant la fraternité africaine. Alors que les délégués quittent Yaoundé, une nouvelle page s’ouvre. Le rendez-vous est pris : l’Afrique se retrouvera au Sénégal en 2028 pour évaluer le chemin parcouru depuis cette étape décisive de Yaoundé 2026.

