ECONOMIE

Développement agro-industriel : Le Minader signe deux accords majeurs pour l’huile de palme et le manioc

Written by Annette Olinga


Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER), Gabriel Mbaïrobe, a présidé ce 18 Mars, une cérémonie de signature stratégique visant à accélérer la modernisation des filières agricoles et à réduire la dépendance alimentaire du Cameroun. Deux conventions majeures ont été paraphées avec la société camerounaise de savonnerie SCS ALID et le centre des réseaux des filières de croissance, marquant un tournant décisif pour les filières du palmier à huile et du manioc.

Un projet structurant pour l’huile de palme dans la Plaine Centrale

Le protocole d’accord (MoU) a été signé entre l’État du Cameroun, représenté par le MINADER, et la Société Camerounaise de Savonnerie (SCS ALID) , représentée par la présidente de son conseil d’administration, Madame Fotso Edith Rachelle.

Ce projet d’envergure concerne le “Développement de l’agro-industrie du palmier à huile” dans l’arrondissement de Yoko, situé dans la Plaine Centrale. Face à un constat alarmant—où la production locale de 300 000 tonnes en 2023 ne couvre qu’un quart des besoins nationaux (estimés à 1 179 000 tonnes), obligeant le pays à importer 500 000 tonnes (chiffres AROC 2024)—ce projet se veut une réponse structurelle.

Le plan prévoit la création d’une vaste palmeraie de 25 000 hectares pour alimenter l’usine de raffinage de SCS ALID. L’investissement total s’élève à 39,4 milliards de FCFA pour un bénéfice cumulé estimé à 44,04 milliards de FCFA et un taux de rentabilité interne (TRI) de 21,24%.

Fotso Edith, PCA de SCS Alid

Un modèle économique intégré et social
Le modèle repose sur une chaine de valeur complète : de la production de plants (4 080 000 prévus) à la collecte auprès des planteurs, en passant par l’extraction d’huile brute et son raffinage pour produire de l’huile de palme, de l’huile de palmiste, des savons, des bougies et de la margarine.
Au-delà des chiffres, l’impact social est au cœur du dispositif. Le projet vise la création de 140 000 emplois (40 000 directs et 100 000 indirects), l’amélioration des revenus ruraux et le retour des jeunes vers les bassins de production.

Madame Fotso Edith Rachelle s’est félicitée de cette avancée majeure : « Le message que je peux passer, c’est que le gouvernement camerounais est déterminé à soutenir les initiatives qui visent à promouvoir l’emploi des jeunes et des femmes, ainsi que l’import-substitution pour booster l’économie nationale. Je pense que le ministre de l’agriculture a effectivement répondu à l’appel du chef de l’État en attribuant des terres pour la production agricole. »

Elle a également précisé la philosophie inclusive du projet : « La création de centres de collecte par SCS ALID est un excellent moyen de soutenir les petits planteurs. En collectant leurs produits, nous leur offrons un débouché sûr et les aidons à augmenter leurs revenus. La transformation locale crée de la valeur ajoutée pour l’économie camerounaise. »

La filière manioc en ordre de bataille pour l’import-substitution

Par la même occasion, le MINADER a signé une convention de partenariat avec le Centre des Réseaux des Filières de Croissance (CRFC) . Ce plan, intitulé “Plan de relance économique et de structuration de la filière manioc”, fixe des objectifs ambitieux à l’horizon 2030.

L’objectif principal est de produire 500 000 tonnes de farine panifiable et 400 000 tonnes d’amidon de manioc, afin de contribuer à la réduction de 50 % des importations de farine de blé et d’amidon d’ici cinq ans. Pour y parvenir, le plan prévoit une modernisation en profondeur de la filière avec :

· La maîtrise de 45 000 hectares de terres agricoles grâce à la mécanisation et à l’irrigation dans la Plaine Centrale.
· L’installation de jeunes et de femmes sur ces espaces aménagés.
· L’utilisation de matériel végétal certifié à haut rendement.
· La mise en place d’une centrale d’achat pour structurer la commercialisation.

Des résultats ambitieux
Les impacts attendus sont colossaux. Outre la réduction des importations, ce plan vise l’amélioration de l’assiette fiscale (estimée à plus de 1700 milliards de FCFA en 2030) et l’installation d’au moins 100 000 jeunes et femmes entrepreneurs dans le bassin de production du manioc.

« Une collaboration orientée vers des résultats »

En clôturant la cérémonie, le ministre Gabriel Mbaïrobe a tenu à rappeler l’importance du suivi de ces accords. « La signature de ces partenariats n’est pas une fin en soi, mais le point de départ d’une collaboration que je souhaite dynamique, concrète, et orientée vers des résultats. En ce qui me concerne et mes collaborateurs, nous restons disposés à vous apporter toute l’assistance technique nécessaire, en toute transparence et avec le respect de la déontologie. »

Avec ces deux signatures, le gouvernement camerounais pose des jalons solides vers la souveraineté alimentaire, en misant sur l’agro-industrie, l’entreprenariat des jeunes et la transformation locale des matières premières.

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