SOCIETE

Yaoundé abrite la 15e Conférence du RINADH: Un moment crucial pour renforcer le système africain des Droits humains

Written by Annette Olinga

La capitale camerounaise vibre aux couleurs des droits humains. Sous le haut patronage du Ministre d’État, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Laurent Esso, représentant personnel du Premier Ministre, les travaux de la 15e Conférence biennale du Réseau des Institutions nationales africaines des Droits de l’homme (RINADH) se sont ouverts ce mercredi 5 février 2026. Cet événement continental majeur réunit les représentants des institutions nationales des droits de l’homme (INDH) de toute l’Afrique, ainsi que les hautes instances du système continental et mondial de protection des droits humains.

Dans une allocution prononcée lors de la cérémonie d’ouverture, M. Amina Bouayach, Présidente de l’Alliance mondiale des Institutions nationales des Droits de l’homme (GANHRI), a souligné la portée symbolique et pratique de cette rencontre. « C’est un plaisir d’être à Yaoundé, un pays de convergence pour les droits de l’homme, pour un moment de joie, de travail, et d’interconnexion entre les gouvernements et les institutions nationales pour renouveler l’engagement continental et relever les défis des droits de l’homme », a-t-elle déclaré. Elle a salué la présence du Ministre d’État Laurent Esso, dont l’intervention a, selon elle, offert « un grand nombre d’idées, de réflexions concernant les nouvelles orientations et les attentes qui pourraient éclairer les décideurs de notre continent ». Mme Bouayach a appelé à un renouvellement des engagements dans un contexte international marqué par de multiples crises, y compris une « crise du multilatéralisme ».

Un dialogue renforcé avec la Commission africaine

La présence de M. Idrissa Sow, Président de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), a matérialisé le lien essentiel entre les mécanismes régionaux et les institutions nationales. Il a défini cette conférence comme « un moment d’échange et d’interaction » et « une occasion d’établir le dialogue et des canevas de coopération ». « Nous avons les mêmes missions : protéger et promouvoir les droits de l’homme », a-t-il rappelé, citant un proverbe africain : « des gens qui sont embarqués dans une même barque doivent se parler ». Il a profité de l’occasion pour féliciter le nouveau bureau du RINADH et exprimer sa confiance dans son leadership pour affronter les « chantiers » et la « lourdeur de la charge » qui attendent le réseau.

Une tribune pour le nouveau Président du RINADH

C’est précisément le Président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC), nouvellement élu à la tête du RINADH, qui a prononcé le discours d’ouverture principal. Après avoir salué les nombreuses personnalités présentes, il a exprimé sa gratitude envers les plus hautes autorités camerounaises pour leur soutien indéfectible, notamment le Président de la République, Paul Biya, et le Premier Ministre.

Il a ensuite situé le cadre symbolique des travaux : le nouveau siège du Conseil économique et social, qualifié par feu son Président Luc Ayang de « creuset du dialogue national ». Un lieu, a-t-il estimé, qui incarne parfaitement les valeurs de concertation et d’inclusivité chères aux INDH.

Un thème ambitieux et stratégique

Le cœur de son intervention a été consacré à la justification du thème central de cette 15e conférence, qui porte sur « Le Système africain des droits de l’homme et des peuples : comprendre son socle philosophique, ses mécanismes et la contribution des Institutions nationales ». Ce choix répond à plusieurs impératifs :

  1. Opérationnel : Il s’agit de répondre aux appels des mécanismes africains pour un appui plus actif des INDH, et d’améliorer la qualité de leur contribution aux processus normatifs et au suivi des recommandations.
  2. Intellectuel et identitaire : L’objectif est de démontrer que les instruments africains ne sont pas une simple redondance des outils universels. Ils reposent sur une philosophie propre, ancrée dans l’histoire, les valeurs et les réalités sociétales du continent. La conférence doit mettre en lumière cette singularité et son expression dans la jurisprudence des principaux organes (CADHP, Cour africaine, Comité des experts sur les droits de l’enfant).
  3. Participatif : Conformément aux appels de la CADHP, la conférence a volontairement associé, au-delà des institutions, la société civile, les universitaires, les autorités traditionnelles et la jeunesse estudiantine. Cette ouverture vise à rappeler que le système africain est « avant tout, un système au service des peuples, nourri par leurs voix, leurs savoirs et leurs expériences vécues ».

Un rendez-vous pour l’action

En clôturant son allocution, le Président de la CDHC et du RINADH a exprimé le vœu que les travaux aboutissent à des orientations concrètes. L’ambition est de forger les outils nécessaires pour renforcer l’efficacité, l’inclusivité et la proximité du système africain de protection des droits de l’homme.

La tenue de cette 15e conférence biennale à Yaoundé consolide la position du Cameroun comme un acteur engagé dans le paysage des droits humains en Afrique. Les prochains jours d’échanges et de réflexions seront déterminants pour dessiner les contours d’une collaboration plus solide et plus efficace entre toutes les institutions garantes de la dignité humaine sur le continent.

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