SOCIETE

Féminicides et infanticides : La CDHC prête à saisir les employeurs des agresseurs

Written by Annette Olinga

Face à la montée inquiétante des féminicides et des infanticides, qui est devenue une préoccupation nationale majeure, le gouvernement camerounais et les institutions spécialisées accélèrent la cadence. C’est dans cette dynamique que Madame le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, a accordé une audience cruciale, le vendredi 10 avril, au Professeur James Mouangue Kobila, Président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC).

Au cœur des échanges tenus dans la salle de conférences du ministère : la nécessité impérieuse de renforcer la synergie entre le MINPROFF et la CDHC dans la protection des droits de la femme et de l’enfant. Face à la sauvagerie et à la barbarie qui tendent à se banaliser, plusieurs mesures concrètes ont été discutées :

· Un projet de loi contre les violences basées sur le genre (VBG) est en cours de finalisation dans les services du Premier ministre. Ce texte, très attendu, vise à combler un vide juridique et à punir plus sévèrement les auteurs de violences faites aux femmes.
· L’opérationnalisation accrue de la ligne verte 116, ligne d’assistance aux enfants en détresse, afin d’offrir une réponse plus rapide et efficace aux victimes.
· Une initiative inédite de la CDHC : pour décourager les violences conjugales (physiques, économiques ou psychologiques), la commission s’engage à envoyer une copie des procès-verbaux d’audience établis aux employeurs des fautifs, qui seront invités à prendre les mesures qui s’imposent. Un suivi rigoureux sera effectué.

« Nous ne pouvons plus tolérer l’inacceptable »

Pour le Professeur James Mouangue Kobila, cette audience était attendue : « La commission a sollicité cette rencontre pour renforcer la synergie déjà existante, afin de mieux protéger et promouvoir les droits des femmes et des enfants, deux catégories vulnérables. Ces actions passeront par des mesures gouvernementales en préparation, notamment le projet de loi sur les violences faites aux femmes. Le gouvernement répond ainsi à l’émoi des citoyens face à la barbarie ordinaire. »

Il a également insisté sur la réorientation des actions de la CDHC : « Dans nos procès-verbaux de non-conciliation pour violences conjugales ou problèmes de couple, nous pointerons clairement les droits violés, les auteurs et leurs responsabilités. Ces PV, dressés par des membres assermentés, pourront être utilisés partout, y compris en justice. »

Un drame qui a choqué : l’affaire Ndi Lisette

Le professeur n’a pas manqué de rappeler un cas emblématique ayant profondément marqué la Commission : celui de la petite Ndi Lisette, dont la nourrice lui avait « repassé le derrière », infligeant des sévices insoutenables. L’auteure des faits n’avait écopé que d’un an de prison avec sursis, une décision jugée indigne par la CDHC. « Cela nous a fait très mal », a confié la CDHC.

Un appel à l’intensification du combat

La lutte contre les féminicides et les infanticides ne se gagnera pas sans l’implication de tous. État, institutions, employeurs, citoyens : chacun a un rôle à jouer. Comme le souligne la CDHC, il ne s’agit pas de forcer des couples à vivre ensemble, mais de garantir le respect des droits de chaque partenaire et des enfants. Le combat s’intensifie. Il est temps d’agir, sans relâche.

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