SOCIETE

Le CNC sanctionne plusieurs médias pour manquements déontologiques lors de sa 48e session

Written by Annette Olinga

Le Conseil National de la Communication (CNC), l’instance autonome de régulation des médias au Cameroun, a tenu sa 48e session ordinaire ce mercredi 10 décembre 2025. Au cours de cette séance, 21 cas de régulation ont été examinés, aboutissant à des sanctions significatives à l’encontre de plusieurs organes de presse et journalistes pour des manquements à l’éthique et à la déontologie professionnelle. Ces décisions, rendues publiques par le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, illustrent la fermeté du régulateur face aux dérives constatées.

Parmi les affaires les plus marquantes, celle opposant le directeur général du Port Autonome de Douala (PAD), NGO’O Cyrus, au journal Première Heure. Le CNC a estimé que l’organe avait porté atteinte à l’honorabilité du plaignant en le qualifiant de « prédateur foncier » sans investigation suffisante. Le directeur de publication a reçu un avertissement, tandis que le journaliste Serge Ateba écope d’une suspension de deux mois de l’exercice de la profession au Cameroun.

Une sanction similaire a frappé le directeur de publication du journal Climat Social, Monsieur MBOMBOG MBOG Matip. Ce dernier, convoqué dans une affaire portée par l’Honorable MANFOUO David concernant des allégations de fraude foncière, a refusé de comparaître. Le CNC a vu dans ce refus une « entrave à l’accomplissement de sa mission » et a prononcé une suspension de deux mois de sa fonction et de son activité de journaliste.

Des avertissements pour manquements à l’éthique

D’autres médias ont reçu des avertissements. C’est le cas de la chaîne Vision 4 et de sa journaliste TSOYI A IKONO Annette KEYSHA, sanctionnées pour avoir diffusé, sans l’aval de son interlocuteur, un enregistrement d’une conversation avec le président de la Fédération Camerounaise de Judo. Le Conseil y a vu un manquement professionnel constitutif d’une atteinte à l’éthique.

Le journal L’Indépendant Economie et son directeur de publication ont également été avertis, tandis que le journaliste NDZANA Arsène a été suspendu un mois pour des articles portant atteinte, selon le CNC, à l’honorabilité du ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, sur la base d’une enquête insuffisante.

Affaires reportées et classées sans suite

Le CNC a aussi fait preuve de mesure dans certains dossiers. L’affaire concernant la publication par le journal Le Jour d’un titre « insinuant » sur l’élection présidentielle d’octobre 2025 est renvoyée pour complément d’information.

Par ailleurs, la procédure engagée contre le journaliste Serge Alain Otou Etoundi d’Equinoxe TV a été classée. Le présentateur de l’émission « Equinoxe Soir » avait été mis en cause pour des propos remettant en cause la décision du Conseil Constitutionnel sur les résultats de la présidentielle. Après ses explications, notamment sur ses mises au fait ultérieures, le CNC a mis un terme à la procédure.

Rappel à l’ordre collectif

Le régulateur a adressé un sévère rappel à l’ordre à treize médias audiovisuels, dont la CRTV, Equinoxe TV, Vision 4 ou STV. Ces derniers sont accusés de ne pas avoir respecté la mesure de suspension des émissions politiques durant la campagne pour les élections régionales du 30 novembre dernier. Le CNC les « rappelle à l’avenir au strict respect de ses mesures d’encadrement en période électorale sous peine de sanctions appropriées ».

Cette 48e session du CNC, tenue en application du décret de 2012 portant sa réorganisation, envoie un message clair sur les attendus en matière de rigueur journalistique et de respect des décisions de l’instance. Elle confirme la tendance du régulateur à user de son pouvoir disciplinaire pour sanctionner ce qu’il considère comme des dérives, notamment en période électorale ou dans le traitement d’affaires sensibles impliquant des personnalités publiques. Les suspensions prononcées marquent un degré de sévérité qui ne manquera pas de susciter des réactions au sein de la profession.

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