SANTE

Mori’sChild au Collège Bilingue Sainte Famille de Nazareth de Nkozoa: L’école se mobilise contre le cancer pédiatrique

Written by Annette Olinga

Au Collège Bilingue Sainte Famille de Nazareth ce 4 Février 2026, élèves et enseignants ont transformé la sensibilisation en une fête solidaire dédiée aux enfants malades, en prélude à la Journée Internationale du Cancer de l’Enfant qui se célèbre le 15 Février prochain.


Ce 4 février 2026, dès 8h30, une marée de jeans bleus et de tee-shirts blancs a déferlé dans la cour du Collège Bilingue Sainte Famille de Nazareth de Nkozoa. Loin de l’uniforme quotidien, cette tenue, portée avec élégance et conscience, était le symbole fort d’un engagement collectif. À l’initiative de l’organisation Mori’sChild et en partenariat avec l’établissement, cette « Journée de Déguisement » solidaire a marqué le coup d’envoi des activités précédant la Journée Internationale du Cancer de l’Enfant, célébrée chaque année le 15 février.

Bien plus qu’un simple jour sans uniforme, l’événement avait une ambition profonde : transformer l’école en un véritable espace de magie, de sensibilisation et de mobilisation autour d’un combat trop souvent méconnu, celui du cancer pédiatrique.

Un objectif clair : lever le voile et célébrer le courage

L’objectif général de cette journée était double. Il s’agissait de « lever le voile sur les réalités du cancer pédiatrique en milieu scolaire », tout en « célébrant le courage des enfants malades » à travers une action festive et inclusive. Pour y parvenir, plusieurs objectifs spécifiques ont guidé les activités :

· Sensibiliser la communauté éducative sur les signes précoces et l’importance d’un diagnostic rapide.
· Soutenir psychologiquement les enfants touchés en leur montrant une mobilisation générale.
· Mobiliser des ressources financières ou en nature pour soutenir les actions de Mori’sChild.
· Éduquer à l’empathie et à la solidarité citoyenne dès le plus jeune âge.

L’école, premier maillon de la chaîne de sensibilisation

Pour Ruth-Grâce Ngo Nyobe, fondatrice de Mori’sChild, le choix du milieu scolaire est stratégique et fondamental. « La sensibilisation au cancer infantile en milieu scolaire peut améliorer la détection et la prise en charge précoce, faisant des enfants des ambassadeurs de la cause auprès de leurs familles et des communautés », explique-t-elle. « Où est-ce qu’on trouve les enfants, c’est d’abord à l’école. Et eux, ils seront des ambassadeurs au sein des familles, au sein de leur communauté. »

Un message d’espoir accompagne cette sensibilisation. « Le message clé, c’est qu’au vu des résultats et des avancées cliniques, nous continuons de soigner ces enfants. Nous avons des témoignages, des enfants qui ont été guéris, qui continuent l’école et réussissent leurs examens », insiste-t-elle, rappelant que « un enfant même malade a droit à l’éducation, aux loisirs et à la culture. »

Du côté de l’établissement, Sœur Jeanne Yamde, Principale du Collège, voit dans cette initiative une manière d’associer l’utile à l’agréable. « Les jeunes aiment s’amuser, mais nous pensons aussi que dans cet amusement, il faut associer l’utile à l’agréable », confie-t-elle, soulignant qu’il s’agit de la 8e édition de ce « déguisement solidaire ». « Cette année, nous avons dit “pourquoi pas” après l’expérience de Noël à l’hôpital. Nous voulons dédier ce déguisement à ces enfants-là. Ils deviennent nos voix dans les quartiers pour dire : cette réalité est là, elle est de tous. »

Une plongée au cœur de la réalité et de l’espoir

La journée a été rythmée par une série d’activités riches et émouvantes, soigneusement conçues pour toucher les cœurs et les esprits.

· Sensibilisation et témoignages percutants : Des échanges adaptés à l’âge des élèves ont permis d’aborder la réalité de la maladie. Les élèves ont pu écouter le témoignage poignant de Martinien, un adulte en bonne santé, ancien enfant atteint de cancer et aujourd’hui bénévole pour Mori’sChild, incarnant l’espoir et la résilience.
· Un lien direct avec les petits guerriers : Un moment fort a été l’appel vidéo via Zoom avec des enfants actuellement hospitalisés, créant un pont émotionnel direct entre les élèves et ceux pour qui ils se mobilisaient.
· Le Mur de l’Espérance : Les élèves ont laissé parler leur créativité et leur cœur en participant à la création d’une fresque collective de messages et de dessins destinés à égayer les murs de l’hôpital et le moral des enfants soignés.
· L’art au service de la cause : La poésie a également eu sa place, avec la récitation de trois poèmes écrits par des élèves, offrant une méditation sensible sur le combat et l’espoir.
· Collecte solidaire et défilé de mode : Le geste concret n’a pas été oublié, avec une collecte symbolique dont l’enveloppe a été remise à Mori’sChild. La journée s’est achevée en beauté avec un défilé de mode (Miss et Masters) mettant en valeur le dress code solidaire du jour.

Pour Rozane Tchato, élève en classe de 1ère, cette journée a été instructive. « Nous avons appris aujourd’hui que le cancer de l’enfant se soigne et peut se soigner ici au Cameroun. Il existe deux centres de santé qui s’occupent du cancer des enfants : Bingo à Bamenda et la Fondation Chantal Biya à Yaoundé. » Un savoir concret qui brise les idées reçues.

« Fais ton nyanga et sauve une vie ! »

Cette célébration locale s’inscrit dans la dynamique du thème retenu pour la Journée Internationale du 15 février 2026 : « Fais ton nyanga et sauve une vie ! » (« Fais ta fierté/ta beauté et sauve une vie ! »). Une invitation à se mettre en avant, avec style et fierté, pour une cause qui dépasse l’apparence.

Portée par la présence d’autres bénévoles comme Mme Onyekaba, cette journée a prouvé qu’il était possible d’allier joie, créativité scolaire et engagement profond. Elle a rappelé, s’il le fallait, que la lutte contre le cancer pédiatrique est l’affaire de tous et que l’école, creuset de la société future, a un rôle capital à jouer pour changer les mentalités, soutenir les familles et offrir un horizon d’espoir aux petits guerriers.

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