ECONOMIE

Projet logistique intégré : Le PAD et MIRA S.A signent une convention de 774 milliards FCFA

Written by Annette Olinga

Une page décisive pour l’avenir portuaire du Cameroun et de la sous-région Afrique centrale s’est écrite ce 4 Novembre 2025 dans l’enceinte du Port Autonome de Douala (PAD). Devant un parterre d’autorités portuaires, de représentants locaux et d’experts du secteur, le PAD et la société MIRA S.A ont officiellement scellé leur alliance stratégique en signant une Convention de Partenariat historique. Cet accord ouvre la voie à la conception, au financement et à la réalisation d’un projet logistique intégré et ambitieux, d’un coût global de près de 774 milliards de FCFA, qui promet de transformer profondément le site de Douala-Bonabéri.

Un partenariat né d’une vision partagée

L’aventure MIRA S.A – PAD a débuté le 05 mars 2024, lorsque l’entreprise, basée à Douala, a spontanément manifesté son intérêt pour accompagner le port dans ses projets de développement. La signature d’un Mémorandum d’Entente (MoU) le 17 mai 2024 a acté la volonté commune des deux parties et a lancé la phase de maturation du projet. Le processus, rigoureux et structuré, a culminé avec une Évaluation concluante de l’Avant-Projet Sommaire (APS), pavant ainsi la voie vers la convention définitive signée ce jour.

Les piliers d’un projet intégré : bien plus qu’un simple quai

La singularité de ce partenariat réside dans son approche holistique. Il ne s’agit pas simplement de construire des infrastructures, mais de concevoir un écosystème portuaire complet et efficient, où chaque composante renforce la viabilité et l’équilibre financier de l’ensemble.

Le projet se décline en plusieurs axes majeurs :

  1. Un complexe portuaire spécialisé et polyvalent : Le cœur du projet est la construction d’un quai de 1500 mètres linéaires (ML), intelligemment réparti en trois quais spécialisés de 500 ML chacun. Cette configuration stratégique permet de dédier un quai au ciment, un autre au butane (GPL), et un troisième à un Terminal Polyvalent. Cette spécialisation garantira une efficacité opérationnelle accrue, une meilleure gestion des flux et une sécurité renforcée pour le handling de produits sensibles.
  2. La création d’une Zone d’Activités Portuaires (ZAP) de 41 hectares : Véritable colonne vertébrale logistique du projet, cette zone sera aménagée et viabilisée pour accueillir :
    • Une zone logistique d’environ 15 hectares pour le stockage et la valeur ajoutée.
    • Une zone industrialo-portuaire d’environ 29 hectares, destinée à attirer des industries directement connectées aux activités portuaires.
    • Une zone de plaisance (Marina) de 2,5 hectares, incluant la construction d’un quai dédié de 300 ML, une première qui positionnera Douala comme une destination nautique.
  3. Des infrastructures de désenclavement et de maintenance : Pour assurer la pérennité et l’accessibilité du site, le projet prévoit :
    • La construction d’une voie de contournement de 3 km pour fluidifier le trafic.
    • Le prolongement du chemin de fer et la construction d’une gare, intégrant pleinement le site dans l’écosystème multimodal camerounais et sous-régional.
    • Le dragage d’entretien continu de la zone de quai pour maintenir un tirant d’eau opérationnel de 7 mètres.
  4. Une expertise technique élargie : Le partenariat inclut également l’exercice de l’activité de Ship to Ship (STS), une opération de transfert de cargaison entre navires en mer, qui positionnera le port de Douala-Bonabéri comme une plateforme logistique avancée pour la sous-région.

Une architecture financière solide et un partenariat de long terme

La structuration financière de ce méga-projet témoigne de son sérieux et de sa rentabilité anticipée. L’investissement total (CAPEX) est fixé à 773,784 milliards de FCFA, réparti entre des investissements fermes (72,45%) pour le quai, les équipements et la ZAP, et des investissements additionnels (27,55%) pour les infrastructures de désenclavement et la marina.

La convention, d’une durée de 30 ans, établit un cadre de confiance et de vision à long terme. Le Taux de Rendement Interne (TRI) projeté de 13,6% atteste de la viabilité économique du modèle et de son attractivité pour les investisseurs.

Un catalyseur pour l’emploi et l’économie nationale

Au-delà des chiffres, l’impact socio-économique de ce projet est colossal. Il est annoncé comme un puissant moteur de développement, avec la création de 2000 emplois, directs et indirects. Cette projection s’aligne parfaitement avec la vision gouvernementale de promotion de l’emploi des jeunes et d’insertion socio-professionnelle, faisant de ce partenariat public-privé un levier concret pour le développement humain.

Prochaines étapes : le bouclage financier et le démarrage des travaux

La signature de cette convention n’est pas un aboutissement, mais le coup d’envoi officiel de la phase de finalisation. Elle donne désormais feu vert à MIRA S.A pour parachever le bouclage financier du projet et remplir les dernières conditions suspensives nécessaires au lancement effectif des travaux sur le terrain.

Ce projet structurant, une fois réalisé, ne fera pas que moderniser le Port Autonome de Douala ; il en reconfigurera fondamentalement les capacités, renforçant la position du Cameroun comme hub logistique et portuaire incontournable en Afrique centrale, et contribuant significativement à son émergence économique.

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