En marge de la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tient à Yaoundé au Cameroun du 26 au 29 Mars 2026, , Monsieur Eric Ewusi Mbongo, Directeur général adjoint de l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises (APME) au Cameroun, a accordé une interview à la presse. L’occasion pour lui de revenir sur les enjeux cruciaux soulevés lors d’un séminaire préparatoire dédié au secteur privé, axé sur la migration du secteur informel et l’expansion vers les marchés régionaux et continentaux.
Le secteur informel, un frein à la compétitivité
Pour M. Ewusi Mbongo, l’un des défis majeurs réside dans la transformation structurelle des entreprises issues de l’informel. Si les banques et les investisseurs internationaux disposent de capitaux prêts à être injectés sur le continent africain, force est de constater que les PME peinent à y accéder. Selon lui, cette difficulté ne relève pas uniquement d’un manque de ressources financières.
« Les PME ont beaucoup de problèmes, et nous pensons qu’il s’agit de problèmes non financiers », a-t-il expliqué, soulignant que l’accès au crédit ne saurait être efficace sans une préparation en amont des entreprises.
L’importance cruciale des services non financiers
Le message clé qui est ressorti des échanges est clair : la promotion des PME ne se limite pas à l’éducation de base, à l’octroi de financements ou à la mise en place de mécanismes de garantie. Pour que les entreprises informelles puissent franchir un cap, elles doivent bénéficier de services d’accompagnement complets.
« Il faut aussi l’éducation financière, mais pas seulement. Nous devons miser sur les services non financiers : la structuration, la modernisation, l’ajustement, l’organisation, le développement des produits, le packaging, ainsi que les questions de qualité et de normalisation », a détaillé le Directeur général adjoint.
Selon lui, c’est à cette condition que les petites et moyennes entreprises pourront gagner en compétitivité et s’imposer sur les marchés régionaux et continentaux, comme celui de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Un appel à un changement culturel et stratégique
Au-delà des aspects techniques, M. Ewusi Mbongo insiste sur la nécessité d’une évolution culturelle. « Il faut inculquer des cultures qui sont très importantes à éduquer », a-t-il affirmé, en référence aux méthodes traditionnelles de faire des affaires en Afrique. L’enjeu est de concilier ces pratiques avec les exigences de la modernisation, afin de permettre aux entreprises locales de capter les investissements disponibles.
Il a lancé un appel aux pays africains : « Je crois que maintenant les pays africains vont comprendre qu’il faut non seulement mettre l’argent dans les banques et les garanties, mais aussi investir dans les services non financiers. »
Cette approche globale, mêlant accompagnement technique, mise aux normes et transformation des pratiques entrepreneuriales, apparaît désormais comme une priorité pour faire des PME africaines de véritables moteurs de croissance régionale et continentale.»

