À l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux ce 28 janvier 2026, la Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Madeleine Tchuinte, a officiellement lancé la transition vers la « recherche de troisième génération ». Entre l’ouverture du secteur semencier aux opérateurs privés pour les cultures de grande consommation et la création d’un institut futuriste dédié à l’Intelligence Artificielle, le gouvernement camerounais déploie une feuille de route offensive pour transformer l’invention scientifique en moteur immédiat de croissance et d’emplois.
Avant d’ouvrir les chantiers du futur, la Ministre a tenu à observer un temps de recueillement. L’année 2025 a été marquée par des pertes douloureuses pour la communauté scientifique camerounaise. Un hommage vibrant a été rendu au Chargé de Recherche MOUNSI Frédéric, lâchement assassiné dans l’Extrême-Nord, ainsi qu’aux « dinosaures » de la recherche : le Pr. KAMSU KOM Jacques et le Pr. Jacques Paul ECKEBIL, premier Directeur Général de l’IRA (devenu IRAD) et pionnier de la recherche post-indépendance.
Dans un contexte politique marqué par la réélection du Président Paul Biya en octobre 2025, Madeleine Tchuinte a réitéré l’engagement indéfectible du corps scientifique à accompagner le nouveau septennat, placé sous le signe de la « Grandeur et de l’Espérance ».
Le Bilan : Un Socle Solide pour l’Industrialisation La Ministre a salué les acquis majeurs qui positionnent aujourd’hui le Cameroun comme le leader scientifique de la zone CEMAC (avec 73 % des publications de la sous-région en 2020). Parmi les succès récents, on note :
Le renforcement humain : Le recrutement de plus de 1 000 chercheurs, dont 48 % de femmes, et l’adoption d’un statut spécial revalorisant la carrière de chercheur.
La décentralisation : La création de 10 Centres Régionaux de la Recherche et de l’Innovation (CRRI) et de 97 antennes de recherche agricole.
Le lien Recherche-Entreprise : L’institution du concept « Un Chercheur, une Entreprise » et la mise en place d’Unités de Transfert de Technologies (UTTI) pour favoriser le Made in Cameroon. 2026 : L’Ère de la Recherche de « Troisième Génération » Le point d’orgue de l’allocution a été l’annonce du passage à la recherche de troisième génération. Cette nouvelle étape vise à transformer la connaissance scientifique en levier direct de puissance économique et de souveraineté technologique.
La Révolution Agro-pastorale et Semencière Pour garantir la sécurité alimentaire et réduire les importations, le MINRESI mise sur une implication massive du secteur privé. Madeleine Tchuinte a annoncé la création, par des opérateurs privés, de champs semenciers dédiés aux spéculations de grande consommation : maïs, haricot, blé, mil et sorgho. L’objectif est clair : utiliser les semences à haut rendement développées par l’IRAD pour passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture industrielle capable de générer des devises, à l’instar de l’anacardier.
Vers un Institut Futuriste et de Haute Technologie La Ministre a instruit ses collaborateurs de travailler à la création d’un Institut futuriste pluridisciplinaire. Ce centre d’excellence se concentrera sur les secteurs stratégiques mondiaux :
Intelligence Artificielle (IA) et Numérique : Pour moderniser l’économie.
Aéronautique et Espace : Pour positionner le Cameroun sur les technologies de pointe.
Industrie Pharmaceutique : Pour transformer la recherche médicale en gisement d’emplois et de soins accessibles.
Économie Bleue et Énergies Vertes : Pour répondre aux défis climatiques.
Matériaux Locaux et Mines Le secteur privé est également appelé à investir dans la fabrication industrielle de briques stabilisées, tuiles et pavés en pierre, en s’appuyant sur l’expertise de la MIPROMALO. Parallèlement, le secteur géologique et minier s’ouvrira davantage aux professions libérales via l’INC et l’IRGM. Conclusion : Le Courage de Continuer En citant Marie Curie et Winston Churchill, Madeleine Tchuinte a exhorté ses collaborateurs à ne pas céder à l’autosatisfaction.
« Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal : c’est le courage de continuer qui compte. »
L’année 2026 s’annonce donc comme celle de l’audace, où la science camerounaise ne se contente plus d’observer le monde, mais s’attèle activement à le transformer pour le bien-être des populations et le rayonnement de la Nation.