EDITORIAL H&F DU SAMEDI 31 JANVIER 2026
VIVRE-ENSEMBLE MADE IN CAMEROUN : SOCLE DE LA RÉSILIENCE ET DE L’UNITÉ NATIONALE
Depuis des temps immémoriaux, l’espace de ce qui est devenu le Cameroun s’est avéré être une terre de rencontres, de brassage et de mixité entre les peuplades ayant ledit espace en partage. Il suffit d’un regard sur une carte ethnographique pour se rendre compte de la richesse de la véritable mosaïque que constitue le peuplement de notre pays. La nature elle-même semble entretenir cette harmonieuse variété de phénotypes, de pratiques, de croyances qui se côtoient, s’enrichissent mutuellement, puis s’imbriquent intimement pour ne plus former qu’un tout. Le vivre-ensemble Made in Cameroun.
Ainsi, jamais les cours d’eau dont regorgent nos territoires n’auront été considérés comme étant des barrières, mais plutôt des lieux de socialisation, des traits d’union, des voies de communication favorisant les échanges avec les peuplades plus ou moins éloignées, des sources d’enrichissement pour tous, riverains et étrangers.
Encore aujourd’hui au Cameroun, les membres de toutes les tribus, toutes les ethnies, se marient les uns aux autres, sans égard pour l’origine géographique, l’option confessionnelle, et moins encore, l’extraction linguistique. Si dans les temps anciens déjà, les mariages intertribaux constituaient des pactes de non-agression scellés entre les parties liées par le sang, il est de nos jours encore plus difficile de tracer des lignes de clivage entre nos différentes communautés, compte tenu de l’étroite imbrication des liens de consanguinité, et ce, quel que soit le prétexte mis en avant. Le vivre-ensemble est ainsi un code inscrit dans les gènes de chaque camerounais.
Ce fait ontologique n’est donc pas qu’une volonté de l’Etat, bien que celui-ci s’attèle à le conforter. À travers notamment, un système éducatif de portée nationale, la loi d’applicabilité uniforme qui prescrit les mêmes devoirs et garantit les mêmes droits à tous. Dans le même registre, l’on peut citer la laïcité de l’Etat qui protège la liberté confessionnelle, la dénomination des circonscriptions administratives qui ne répond pas qu’à une logique tribale. En gros, quelques éléments d’appréciation qui avec de nombreux autres, confirment et confortent le naturel résolument inclusif de la société camerounaise.
Dans ce bouillon de cultures qu’est le Cameroun, comment comprendre que l’on en vienne à évoquer d’éventuelles dissensions entre nos populations? Quelle tribu, quelle ethnie est en posture de revendiquer l’autarcie en quelque domaine de l’activité sociale ? Quelqu’un peut-il seulement jurer de n’avoir jamais été enseigné, soigné, nourri ou servi que par un membre de sa tribu? Qui peut jurer sans ciller que dans son village, il n’y a de femme d’ailleurs venue en mariage? Les enfants issus de ces unions intertribales ne font-ils pas partie intégrante de nos familles ?
Le vivre-ensemble à la camerounaise, c’est l’acceptation de notre pluralité, source de générosité et de fécondité. Le vivre-ensemble à la camerounaise, c’est le complément idéal à nos propres insuffisances, et non pas une cause d’adversité. Vivre ensemble à la camerounaise, c’est savoir tirer parti du moindre des atouts de notre diversité, pour consolider les fondements de ce qui nous singularise d’entre tous les autres peuples. À savoir l’Unité, encore et toujours l’Unité.
À l’exemple de la vaillante Armée Camerounaise, Creuset de l’Unité Nationale, faisons du vivre-ensemble, le substrat de notre existence commune. Faisons du vivre-ensemble, le ferment de notre commun épanouissement. Faisons du vivre-ensemble, un motif de fierté nationale. /-

