SOCIETE

Route Ngaoundéré–Garoua (242 km) : Les travaux préparatoires avancent

Written by Annette Olinga


C’est un chantier colossal qui se prépare dans le Grand-Nord. La reconstruction de la route nationale reliant Ngaoundéré à Garoua, longue de 242 kilomètres, entre dans sa phase active de préparation. Sur le terrain, les entreprises chinoises attributaires des différents lots s’activent entre campagnes géotechniques, installation de bases-vie et contraintes logistiques, notamment l’approvisionnement en bitume.

Alors que les usagers de cet axe stratégique espèrent des conditions de circulation améliorées, les équipes techniques s’affairent en coulisses. Si le lancement des grands travaux n’a pas encore été donné, les opérations préliminaires battent leur plein sur la quasi-totalité des cinq lots qui composent ce projet d’envergure.

Lot 1 (Ngaoundéré–Bas Falaise de Mbé) : La topographie en action

Sur le premier lot, long de 50 kilomètres entre Ngaoundéré et le bas de la Falaise de Mbé, l’entreprise CGCOC Group mène tambour battant les travaux topographiques. À la date du 26 février 2026, pas moins de 225 bornes avaient déjà été implantées le long du linéaire pour matérialiser le tracé et permettre le démarrage des études techniques.

Parallèlement, l’entreprise assure le maintien de la circulation pour permettre aux usagers de continuer à emprunter cette section en toute sécurité pendant cette phase préparatoire. Toutefois, deux contraintes majeures freinent son déploiement : la mise à disposition du site prévu pour l’installation de la base-vie et un épuisement du stock de bitume, denrée essentielle pour la suite des opérations.

Lot 2 (Bas Falaise de Mbé–Pont de Keroua) : Une base-vie en construction

Pour le lot 2, qui s’étend sur 39 kilomètres, l’entreprise China Harbour Engineering Company (CHEC) se concentre sur les préalables à la campagne géotechnique. Côté logistique, les engins ont déjà achevé les travaux de terrassement du site destiné à accueillir la base-vie, situé au point kilométrique 17. La fabrication des agglos (parpaings) se poursuit activement pour ériger les premières structures.

Malheureusement, ici aussi, le bitume pose problème. Les travaux de maintien de la circulation sont momentanément à l’arrêt en raison des difficultés d’approvisionnement en cette matière première.

Lots 3 et 4 : Deux vitesses sur la route de Garoua

La situation diffère selon les sections suivantes. Le lot 3 (Pont de Keroua–Pont Salah) , long de 77 kilomètres, est encore dans les starting-blocks. Attribué à l’entreprise CFHEC, le processus de contractualisation n’est pas totalement finalisé. Les différents acteurs attendent l’avis de non-objection de la Banque Africaine de Développement (BAD), le bailleur de fonds, pour donner le feu vert définitif.

À l’inverse, sur le lot 4 (Pont Salah–Entrée Ouro André) , les travaux sont bien avancés. Confié également à CFHEC, ce lot de 56 kilomètres voit sa base-vie, située à Gouna, pousser à vue d’œil. L’élévation des bâtiments est déjà achevée, et les équipes s’attellent désormais aux travaux de charpente et de crépissage, atteignant environ 25 % d’exécution globale.

Côté matériaux, les approvisionnements ont démarré, notamment grâce aux installations de SINOHYDRO, actuellement mobilisées sur le projet Viva Bénoué. Cependant, l’entreprise doit composer avec des difficultés récurrentes : le paiement de l’avance de démarrage et, encore une fois, l’approvisionnement en bitume, ce qui entrave sa capacité à assurer un maintien optimal de la circulation.

Lot 5 (Ouro André–Pont sur la Bénoué) : Nettoyage et études hydrauliques

Enfin, sur le dernier lot, long de 56 kilomètres entre l’entrée du village Ouro André et le Pont sur la Bénoué, l’heure est au grand nettoyage. L’entreprise China International Water & Electric Group (CWE) procède actuellement au débroussaillage et au nettoyage de certaines sections du linéaire.

Les études techniques se précisent également avec le démarrage des analyses hydrologiques et hydrauliques, essentielles dans cette zone traversée par des cours d’eau. En revanche, la campagne géotechnique, cruciale pour connaître la nature du sol, est en attente de la mobilisation d’un laboratoire agréé. Comme ailleurs, l’entreprise pointe du doigt les lenteurs liées à l’avance de démarrage et les pénuries de bitume.

Si la dynamique est bel et bien lancée sur ce tronçon stratégique pour le développement des régions du Nord et de l’Adamaoua, les défis logistiques et administratifs rappellent la complexité des grands chantiers routiers au Cameroun. La résolution rapide des problèmes d’approvisionnement en bitume et le déblocage des avances financières seront déterminants pour permettre aux entreprises de passer de la phase préparatoire à la phase de reconstruction intensive, au bénéfice des milliers d’usagers qui empruntent quotidiennement cet axe.

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