SOCIETE

Protection des défenseurs des droits humains en Afrique centrale : Une réunion parallèle fait le bilan à Banjul

Written by Annette Olinga

En marge de la 87ᵉ session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), une réunion parallèle de haut niveau s’est tenue le 12 mai 2026 à la salle de conférence internationale Sir Dawda Kairaba Jawara. L’événement, organisé sous la présidence du Pr Rémy Ngoy Lumbu, Commissaire à la CADHP et Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’homme. Le président de la commission des droits de l’homme du Cameroun , le Professeur James Mouangue Kobila a pris part à cette rencontre qui avait pour thème central : « Lois de protection des défenseurs des droits humains en Afrique centrale – Quel impact en 2026 ? »

Cette rencontre visait à évaluer le rôle et l’efficacité des dispositifs légaux existants dans la sous-région, et à promouvoir leur mise en œuvre effective pour garantir une protection juridique réelle et la reconnaissance du statut des défenseurs des droits humains (DDH).


Des lois existantes, mais une application contrastée

Les échanges ont porté sur trois pays d’Afrique centrale particulièrement concernés : la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine (RCA) et le Gabon. Un premier axe d’analyse comparative a permis d’examiner le contenu des lois nationales de protection des DDH ainsi que les mécanismes de protection qu’elles prévoient. Si certaines législations progressent, leur effectivité sur le terrain reste très inégale.

Obstacles et limites : un accès difficile aux mécanismes de protection

Les participants ont ensuite identifié les principaux défis de mise en œuvre : obstacles institutionnels, limites pratiques, et accès restreint des défenseurs aux dispositifs de protection nationaux, africains et onusiens. Ont également été pointés du doigt le manque de ressources humaines, techniques, financières et matérielles, ainsi que l’absence criante de volonté politique de la part de plusieurs gouvernements de la région.

Renforcer les institutions et harmoniser les cadres juridiques

La troisième table ronde a porté sur le renforcement du rôle des institutions nationales, régionales et internationales. Il a été recommandé d’harmoniser les cadres juridiques entre États, d’encourager l’adoption de lois dans les pays qui n’en disposent pas encore, et de consolider les prérogatives des instances régionales, notamment la CADHP et son mécanisme de répression des représailles.

Plaidoyer et synergies : agir ensemble

Enfin, la réunion a souligné l’urgence d’un plaidoyer national, régional et international coordonné. L’inclusion de toutes les parties prenantes – gouvernements, institutions nationales des droits de l’homme, société civile, experts, médias et partenaires techniques et financiers – a été présentée comme une condition indispensable pour créer des synergies d’actions durables.


Méthodologie participative et recommandations

Les travaux se sont déroulés selon une méthodologie dynamique : allocutions d’ouverture, présentations analytiques, panels thématiques et discussions interactives. La session s’est achevée par la formulation de recommandations concrètes à l’attention des États membres, des Commissaires de la CADHP et des partenaires internationaux.

Public présent et partenaires

La réunion a réuni un public nombreux et diversifié : honorables commissaires de la CADHP, représentants d’États, institutions nationales des droits de l’homme, organisations de la société civile, défenseurs des droits humains, experts, universitaires et journalistes.

L’événement était organisé en collaboration avec plusieurs organisations de premier plan, dont DefendDefenders, le Horn of Africa Human Rights Defenders Project, le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique centrale (REDHAC), le African Centre for Democracy and Human Rights, ainsi qu’avec le soutien du National Endowment for Democracy (NED).


À l’heure où les menaces contre les défenseurs des droits humains en Afrique centrale restent préoccupantes, cette réunion parallèle a rappelé l’urgence d’une protection légale effective et d’une volonté politique renouvelée. Les recommandations issues des débats seront prochainement transmises aux instances compétentes de l’Union africaine et aux gouvernements concernés.

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