La troisième édition de la Rencontre tutelle financière avec les responsables comptables et financiers des entreprises publiques s’est tenue ce jour dans la capitale camerounaise. Présidée par Judith Clairence Menguele épse Bodo, Cheffe de la Division des Participations et des Contributions à la Direction Générale du Budget (DGB), représentant le ministre des Finances, cette session s’inscrit dans un processus régulier de dialogue et de suivi de la performance comptable et financière du portefeuille public.
Dans son discours d’ouverture, Mme Menguele a d’abord transmis les salutations et la considération du ministre des Finances, soulignant que cette concertation périodique est devenue « une routine à laquelle tient particulièrement le ministre ». Elle a rappelé que la présente rencontre fait suite à celle du 7 avril 2026, consacrée à la sensibilisation des responsables financiers et comptables sur l’importance de produire une information fiable, de la transmettre à la tutelle et de la publier dans les délais. ”
” Ces états financiers n’attendent plus que la validation de l’assemblée générale. On doit arrêter les comptes qui n’attendent plus que la session de l’Assemblée Générale pour procéder à la publication donc notre impression et bonne dans l’ensemble, nous sommes confortables sur le fait que le suivi dont ont bénéficié les entreprises publiques leur a permis d’avancer, de progresser et surtout de s’aligner véritablement sur la trajectoire de la production des états financiers audités dans les délais et de leurs publications sur leurs différents sites. Nous pouvons avoir l’assurance que au 30 juin, nous aurons quand même un nombre acceptable d’entreprises qui auront procédé à l’arrêté de leur compte et la publication de leurs états. Ils doivent publier sur leur propre site ou sur le site du ministère des Finances . Il y a d’abord un problème de crédibilité. Une entreprise qui ne publie pas ses états financiers manque de crédibilité, vous savez aujourd’hui les éléments de performance, les éléments de transparence sont des éléments qui renforcent la crédibilité d’une entreprise quand on parle de crédibilité des entreprises, ce sont des entreprises qui ont régulièrement des rapports financiers avec des institutions financières même avec les partenaires techniques et financiers de l’État du Cameroun. Ils doivent rendre compte aux actionnaires. C’est un gage de sérieux et de gage de crédibilité de l’entreprise. Une entreprises qui ne produit pas ses états financiers ne paraît pas sérieuse, c’est un élément d’aide à la décision. Nous sommes ici dans le cadre la gestion du portefeuille des entreprises publiques dans les entreprises ou l’État est actionnaire et cette État doit pouvoir prendre des décisions dans les meilleurs délais pour accompagner ces entreprises. Si elles ne disposent pas de la bonne information dans les délais, elle ne peut pas prendre des décisions appropriées” a fait savoir la représentante du Minfi

Suivi des recommandations antérieures
Lors des échanges d’avril 2026, plusieurs thématiques avaient été approfondies : enjeux de la publication des états financiers dans les délais, rôle central du responsable financier et comptable dans l’amélioration de la gouvernance, et nécessité de renforcer la transparence. Ces travaux avaient débouché sur des recommandations fortes adressées au ministre des Finances, parmi lesquelles :
· la mise en place d’une plateforme permanente de concertation avec les responsables financiers et comptables des entreprises publiques ;
· la publication des états financiers sur un site dédié du ministère des Finances ;
· le rappel aux dirigeants d’entreprises publiques de leurs obligations légales en matière de publication ;
· l’engagement d’une réflexion sur l’agrément par le ministère des Finances de certains logiciels comptables et financiers.
Selon la Cheffe de Division, ces réflexions sont en cours, notamment sur le format de la plateforme de dialogue permanente. Par ailleurs, le 27 avril 2026, le ministre des Finances a signé des correspondances à l’attention des managers de 15 entreprises publiques pour leur rappeler leurs obligations.
Objectif central de l’édition du 26 mai
La rencontre d’aujourd’hui constitue une étape clé d’évaluation et de suivi du processus engagé. Il s’agit notamment :
· d’apprécier objectivement le niveau de mise en œuvre des recommandations formulées ;
· d’évaluer l’état d’avancement des travaux d’arrêté des comptes de l’exercice clos au 31 décembre 2025 ;
· de garantir le respect des échéances légales de publication, au premier rang desquelles le délai du 30 juin 2026.
La représentante du ministre a insisté sur la dimension non coercitive de cette évaluation : « Cette évaluation n’a aucune connotation coercitive. Nous n’avons pas les moyens d’une sanction, mais davantage une perception juste du niveau d’avancement pour que la tutelle puisse apprécier la nécessité ou non de mener des actions en faveur de l’aboutissement du processus. »

Elle a toutefois rappelé les engagements extérieurs du Camroun : « Nous avons des engagements avec des partenaires extérieurs. On ne peut pas glisser, bien que ce soit la saison des pluies. Nous devons rester fermes et respecter le délai du 30 juin pour qu’au moins 15 entreprises publient leurs états financiers sur internet, que ce soit sur le site du ministère ou sur leurs propres sites. »
Première vague de 17 entreprises identifiées
Les travaux de la journée ont permis de faire le point sur un premier groupe de 17 entreprises publiques, dont les représentants ont été invités à présenter leur niveau d’avancement. Il s’agit de :
Camtel, Alucam, Socadel, PAD, Sodecoton, Sonara, SIC, Sonatrel, ADC, CDC, EDC, PAK, SRC, SCDP, Maetur, Cogenie, Sopecam.
Selon les premières déclarations, la plupart de ces entités ont donné des assurances quant à leur capacité à respecter l’échéance du 30 juin 2026.
Enjeux de transparence et de crédibilité institutionnelle
Dans son propos introductif, Mme Menguele a martelé que « publier ses comptes à temps n’est pas une simple formalité administrative, c’est le reflet d’une organisation interne performante et rigoureuse ». Elle a ajouté : « La comptabilité n’est plus un outil de conformité fiscale ; elle est la traduction chiffrée de votre intégrité. En produisant une information financière rigoureuse et ponctuelle, vous ne remplissez pas seulement une obligation, vous bâtissez des entreprises crédibles, résilientes et respectées. »
La rencontre devait permettre de définir la liste des 15 entreprises sur lesquelles la tutelle concentrera son accompagnement renforcé pour atteindre l’objectif de publication au 30 juin, en lien avec les attentes de la Banque mondiale.

