SOCIETE

Journée de l’Enfant Africain 2026 : L’urgence d’un accès universel à l’eau et à l’hygiène pour chaque enfant du Cameroun

Written by Annette Olinga

La Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) interpelle les autorités sur la nécessité de garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, tout en dénonçant la recrudescence des violences faites aux enfants.


À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain célébrée ce 16 juin 2026, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a rendu publique une déclaration solennelle appelant à une mobilisation générale pour garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant. Un thème qui résonne avec une actualité particulièrement sombre, marquée par une inquiétante recrudescence des violences extrêmes contre les plus jeunes.

Instituée en 1991 par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), cette journée commémore le massacre des enfants de Soweto en 1976. Elle est l’occasion de faire le point sur la situation des droits de l’enfant sur le continent. Pour la CDHC, l’édition 2026 met en lumière “le lien direct entre d’une part, les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène et, d’autre part, la jouissance effective de tous les Droits de l’enfant”, un lien expressément consacré par l’article 14 de la Charte africaine des Droits et du bien-être de l’enfant.

Un accès à l’eau toujours inégal et précaire

Malgré les avancées saluées par la Commission, notamment l’adoption de la Politique nationale de l’eau (PNE) en 2019 et le lancement du Compact national Eau 2026-2030, la réalité sur le terrain reste préoccupante. Les chiffres avancés par la CDHC sont éloquents :

· Accès à l’eau potable : environ 70% de la population, avec un fossé béant entre les villes (82%) et les campagnes (52%).
· Accès à l’assainissement : seulement 43% de la population dispose d’installations sanitaires de base, contre 58% en milieu urbain et un dramatique 22% en milieu rural.

Cette situation met en péril la santé des enfants, les exposant à des maladies hydriques et entravant leur droit fondamental à un environnement sain, pourtant inscrit dans le préambule de la Constitution camerounaise. La CDHC rappelle que l’État a l’obligation de poursuivre ses efforts pour atteindre les objectifs de développement durable, en s’appuyant sur les partenariats noués avec l’UNICEF, la Banque mondiale et l’Union européenne.

Violences intrafamiliales : un appel à la “tolérance zéro”

Au-delà de la question de l’eau, la déclaration de la CDHC est sans équivoque concernant la montée des violences faites aux enfants. La Commission “condamne avec la plus grande fermeté la recrudescence préoccupante des actes d’une extrême gravité perpétrés à l’encontre des enfants, notamment les infanticides, des filicides, les mutilations génitales féminines, ainsi que des drames intrafamiliaux”.

Ces actes odieux, qui heurtent profondément la conscience collective, ont été au cœur d’une conférence de presse gouvernementale le 1er juin dernier et d’une séance de travail entre la CDHC et le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) le 10 avril 2026. La Commission insiste sur le renforcement des mécanismes de poursuite et de sanction, réclamant des “sanctions effectives, proportionnées et dissuasives”.

Des recommandations fortes pour un sursaut national

La Commission a formulé plusieurs recommandations précises pour répondre à cette double urgence : l’accès à l’eau et la protection des enfants.

  1. Au Gouvernement, au Parlement et au pouvoir judiciaire : Renforcer la répression des crimes commis sur les enfants, en garantissant des “poursuites judiciaires accélérées et de sanctions pénales exemplaires, conformément au principe de tolérance zéro”.
  2. Au ministère des Affaires sociales (MINAS) : Veiller à l’aménagement d’infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement accessibles et adaptées aux enfants en situation de handicap dans tous les établissements publics.

En signant un accord-cadre avec le Comité africain d’experts sur les Droits et le bien-être de l’enfant en avril 2026, la CDHC a réaffirmé son engagement à promouvoir la participation des enfants et à renforcer les mécanismes de redevabilité. Alors que le Cameroun s’est engagé sur plusieurs recommandations lors de son dernier Examen périodique universel, l’heure est désormais à l’action concrète pour que l’eau cesse d’être un privilège et que l’enfance redevienne un espace de protection et de dignité.

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