SOCIETE

Programme Leadership à l’Université de Yaoundé 1: Le comité de pilotage valide une feuille de route en trois phases dès septembre 2026

Written by Annette Olinga


Le recteur de l’Université de Yaoundé 1 le Professeur Rémy Magloire Dieudonné Etoua a présidé ce 30 Juillet 2026 la première session du comité de pilotage du programme Leadership. Réunissant les responsables académiques, les chefs d’établissements et les partenaires techniques et financiers, cette rencontre à la salle des Actes du rectorat a permis de fixer les priorités et d’arrêter le calendrier de déploiement de ce programme structurant, dirigé par Émilie Fontsa, qui ambitionne de faire du leadership et de l’entrepreneuriat une véritable culture universitaire.

Dans son allocution, le recteur a martelé la vision qui guide désormais l’institution : « Former des diplômés est une responsabilité, former des leaders est une ambition ». Il a rappelé les progrès accomplis ces dernières années à travers la professionnalisation des enseignements, la création de FabLabs et d’incubateurs, soulignant que le programme Leadership, initié en 2023, constitue un levier majeur pour accélérer cette dynamique. Au-delà de la simple transmission du savoir, l’université entend former des accompagnateurs de talents et des promoteurs de l’esprit d’initiative, en intégrant progressivement les modules de leadership et de gestion pratique des entreprises dans l’ensemble des filières, qu’elles soient littéraires, scientifiques ou médicales.

Présentant l’architecture du projet, la directrice du programme, Émilie Fontsa, a détaillé une stratégie en trois phases, articulée autour de l’impératif de massification. La première phase, prévue de septembre à novembre 2026, vise une initiation massive : 1 500 enseignants seront formés à l’andragogie entrepreneuriale – une approche pédagogique permettant de transformer les cours théoriques en objets entrepreneuriaux concrets – tandis que 22 000 à 50 000 étudiants seront sensibilisés au leadership et à la création d’entreprise. Chaque étudiant aura pour objectif de porter au moins trois projets entrepreneurs rentables. La deuxième phase, qui débutera en janvier 2027, sera consacrée à l’accompagnement et à la rentabilisation des prototypes élaborés, avec une mise en marché ciblant les populations, les entreprises locales et les États. Enfin, la troisième phase mobilisera les partenaires pour le financement des projets ayant démontré leur viabilité sur le marché camerounais et régional.

À l’issue de plusieurs heures d’échanges, le comité de pilotage a acté plusieurs résolutions opérationnelles. Soucieuse de respecter les périodes de vacances académiques, l’équipe du programme a accepté de reporter les formations intensives au mois de septembre 2026 et de travailler avec un comité restreint durant le mois d’août pour peaufiner la logistique. Par ailleurs, il a été convenu que l’équipe du programme prenne attache avec le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMESSA) afin de faire approuver les certifications délivrées aux étudiants, selon les procédures administratives en vigueur. La directrice a d’ailleurs rassuré les participants quant à la disponibilité des ressources, annonçant une enveloppe de 180 millions de FCFA déjà mobilisée pour cette phase pilote.

Le recteur a apporté son plein soutien à l’initiative, confirmant que l’université mettra à disposition les amphithéâtres, les salles de classe et les infrastructures nécessaires, tout en garantissant la mobilisation des enseignants et des étudiants. Il a cependant été précisé que cette phase pilote se déroulerait sur la base du volontariat, afin de susciter un engouement naturel avant la généralisation du dispositif. Cette démarche, qui a déjà fait ses preuves à l’Université catholique d’Afrique centrale, bénéficie du soutien de partenaires de premier plan tels que le GICAM, la CEMAC, MTN Cameroon et Afriland First Bank, qui se sont engagés à accompagner les jeunes porteurs de projets vers une insertion professionnelle durable. Pour l’Université de Yaoundé 1, le succès de ce programme ne se mesurera pas seulement au nombre de diplômés, mais à l’impact concret de ses étudiants sur le tissu économique et social du pays.

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