ECONOMIE

Comité interministériel du MINTP : Le premier semestre 2026 marqué par des avancées physiques et des contraintes financières

Written by Annette Olinga

Réunis le 2 juillet 2026 à l’occasion de la deuxième session du Comité interministériel de suivi de l’exécution physique, financière et comptable des projets du Ministère des Travaux Publics, les acteurs de la chaîne d’exécution ont dressé, sous la conduite du Secrétaire d’État auprès du Ministre des Travaux Publics chargé des Routes, Armand NDJODOM, un bilan contrasté des performances du premier semestre 2026. Si des progrès notables ont été enregistrés sur le terrain, des difficultés persistantes, notamment liées à la dématérialisation des procédures budgétaires, appellent des mesures correctives d’urgence pour ne pas compromettre les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).

Des résultats physiques encourageants mais en deçà des attentes

Sur le volet des réalisations physiques, les chiffres communiqués font état d’avancées significatives, bien qu’inférieures aux cibles intermédiaires fixées par la SND30. À ce jour, 2 441 kilomètres de routes nouvelles ont été bitumés, contre un objectif intermédiaire de 3 600 kilomètres, tandis que 832 kilomètres de routes ont été réhabilités sur une cible de 1 800 kilomètres. Ces écarts, loin de remettre en cause la dynamique globale, confortent la nécessité d’accélérer l’exécution des projets du portefeuille du MINTP, d’autant que des efforts considérables sont observés sur le terrain. Ainsi, sur les 23 projets dont l’achèvement était attendu après la livraison des infrastructures en 2025, 21 sont désormais finalisés, représentant 888,66 kilomètres de routes, 1 017,75 mètres linéaires d’ouvrages et un bâtiment. Par ailleurs, concernant les projets programmés pour un achèvement en 2026, 18 sont déjà bouclés sur un objectif intermédiaire de 48 projets, soit 605,21 kilomètres de routes, 14 mètres linéaires d’ouvrages et 300 mètres linéaires d’études techniques. Ces réalisations témoignent de l’engagement des équipes sur le terrain, mais appellent à une intensification des efforts pour rattraper le retard accumulé.

Une situation financière préoccupante liée aux difficultés de PROBMIS AI

L’examen de la situation financière a en revanche révélé des résultats moins satisfaisants. Au 30 juin 2026, sur une dotation de 251,04 milliards de FCFA de ressources internes à gestion centrale, seuls 26,007 milliards ont été engagés, liquidés et ordonnancés, soit un taux d’engagement de 10,36 %, en recul de 17,38 % par rapport à la même période en 2025. Ce ralentissement significatif est principalement imputable aux difficultés rencontrées lors de l’opérationnalisation de la nouvelle application PROBMIS AI. Jusqu’à la fin du mois de juin, plusieurs fonctionnalités essentielles sont restées indisponibles, entraînant des lenteurs dans le traitement des engagements, des liquidations et des décomptes, ainsi que des difficultés dans la transmission des dossiers et des erreurs d’imputation budgétaire. Ces aléas techniques ont fragilisé la chaîne d’exécution financière et compromis la fluidité des paiements aux entreprises, avec des répercussions potentielles sur le rythme des chantiers.

Des concertations pour lever les contraintes et relancer l’exécution

Conscients des enjeux, les membres du Comité ont relevé que plusieurs concertations ont déjà été organisées entre la Direction générale du Budget, le consultant en charge de PROBMIS AI et les administrations concernées, dont le Ministère des Travaux Publics. Ces échanges ont permis de définir des actions correctives destinées à améliorer le fonctionnement de la plateforme et à fluidifier l’exécution du budget. L’objectif est de rétablir dans les meilleurs délais des conditions optimales de traitement des dossiers, afin de garantir la régularité et la célérité des paiements, gages de la poursuite sereine des chantiers.

Une mobilisation générale pour atteindre les objectifs de la SND30

Il convient de rappeler que cette session se tient dans un contexte de mise en œuvre du programme spécial de réhabilitation des axes routiers dégradés et de construction de routes nouvelles, prescrit par le Président de la République. Pour le MINTP, l’atteinte des objectifs ambitieux de la SND30 passe par une meilleure coordination des interventions, un suivi plus rapproché des projets et une mobilisation constante de l’ensemble des acteurs impliqués dans la réalisation des infrastructures routières. Le Secrétaire d’État Armand NDJODOM a ainsi insisté sur la nécessité de renforcer la synergie entre les services centraux, les unités de maîtrise d’ouvrage et les entreprises, tout en optimisant les outils de gestion pour surmonter les obstacles techniques et administratifs. La seconde moitié de l’année 2026 s’annonce décisive pour rattraper le retard et conforter la dynamique d’industrialisation et de désenclavement du territoire national.

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