Le Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT) et le Ministère de la Communication (MINCOM) organiseront un point de presse conjoint le mercredi 15 juillet 2026 à 15h, dans l’auditorium du MINCOM à Yaoundé. Placé sous le thème « Le nouveau visage du secteur minier Camerounais avec le démarrage des grands projets et la restructuration du secteur aurifère », ce rendez-vous médiatique sera l’occasion pour le ministre Fuh Calistus Gentry de présenter les grandes lignes de la réforme engagée par le Gouvernement.
Assainir la filière aurifère : une priorité gouvernementale
Cette communication intervient dans un contexte marqué par une offensive sans précédent contre l’exploitation illégale de l’or. Depuis plusieurs mois, le MINMIDT multiplie les actions pour assainir un secteur longtemps caractérisé par des pratiques opaques et un manque à gagner considérable pour l’État.
Le 30 juin 2026, le ministre Fuh Calistus Gentry a officiellement retiré 53 permis de recherche d’or pour non-conformité au Code minier. Une décision qui, selon un cadre du ministère, « marque une étape clé dans la reprise en main d’un secteur longtemps caractérisé par des pratiques opaques ». En cause : de nombreux titulaires de permis ont outrepassé leur cadre légal en menant des exploitations aurifères sans autorisation, parfois sous-traitées à des opérateurs étrangers, en majorité asiatiques.
Les chiffres donnent la mesure du problème : dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, 175 sites aurifères ont été identifiés comme non conformes, et près de 200 opérateurs illégaux, dont plus de 95 % d’origine étrangère, y exerçaient leurs activités. Cette situation a privé le Trésor public de recettes substantielles, alors que les projections officielles estiment que la structuration du secteur artisanal pourrait générer plus de 1 000 milliards de FCFA de recettes cumulées à terme.
Une traçabilité renforcée et une lutte accrue contre la fraude
Le point de presse du 15 juillet permettra au ministre de détailler les mesures visant à améliorer la traçabilité de la production aurifère et à lutter contre la fraude. Ces réformes s’inscrivent dans la continuité des actions menées depuis le début de l’année. En mai 2026, le ministère avait déjà publié une liste d’environ 200 sociétés illégales sommées de se mettre en conformité. Une commission mixte d’enquête sur le trafic illicite d’or avait également été mise sur pied en février 2026 à la demande de la présidence.
Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par certaines organisations de la société civile. La coalition « Publiez ce que vous payez » – Cameroun réclame notamment la publication de la liste des bénéficiaires réels de tous les permis miniers, conformément aux normes de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Des consultants et opérateurs miniers soulignent également que, sans poursuites pénales effectives, le retrait des permis pourrait n’être perçu que comme une sanction administrative limitée.
Les grands projets miniers : le Cameroun change d’échelle
Au-delà de la restructuration du secteur aurifère, le ministre présentera également l’avancement des grands projets miniers qui transforment le paysage économique du Cameroun. Sous l’impulsion du Président de la République, le Cameroun est devenu un pays minier avec la mise en production de cinq projets miniers en 2025.
Pour 2026, les priorités du MINMIDT portent sur le suivi des projets entrant en phase de production, notamment les projets d’exploitation du fer de Mbalam, Nkout et Ngovayang, ainsi que les projets aurifères de Mborguéné et Bibemi. Ensemble, ces développements structurent l’industrie minière camerounaise autour de quatre grandes chaînes de valeur. Le projet d’exploitation du fer de Ngovayang, par exemple, repose sur un gisement de 640 millions de tonnes, avec une cadence de production de sept millions de tonnes de concentré de fer par an et des retombées pour l’État évaluées à 45 milliards de FCFA par an pendant 33 ans.
Ce point de presse conjoint sera donc une occasion unique pour la presse et les professionnels du secteur d’obtenir des éclaircissements sur la vision du Gouvernement pour un secteur minier plus transparent, plus régulé et plus bénéfique pour les populations camerounaises.

