Le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains installés au Cameroun va reprendre. C’est la décision majeure issue de la réunion tripartite tenue mardi à Yaoundé, qui a réuni les délégations camerounaise et centrafricaine ainsi que les représentants du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Un cadre opérationnel adopté pour des retours « volontaires, sûrs et dignes »
Présidée par le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, cette session de travail a permis d’examiner et d’adopter les modalités pratiques ainsi que le chronogramme des activités liées au rapatriement. Ce cadre opérationnel doit garantir des retours conformes aux dispositions de l’accord tripartite signé en 2019.
La représentante par intérim du HCR au Cameroun, Saoudatou Bah-Mansaré, a réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner les deux États sur les plans technique et opérationnel, dans le respect de leur souveraineté. Elle a souligné que le retour des réfugiés devait être « porteur d’espoir, de stabilité et de perspectives durables ».
La RCA salue l’accueil camerounais mais évoque des défis persistants
La ministre centrafricaine de l’Action humanitaire, Josiane Lina Bemaka-Soui, a salué l’accueil réservé depuis 2013 aux réfugiés centrafricains par le Cameroun. Elle a toutefois insisté sur la nécessité de prendre en compte les défis sécuritaires et sanitaires qui persistent dans certaines régions de la RCA – notamment l’épidémie de choléra – afin de garantir des retours véritablement durables.
Près de 290 000 réfugiés centrafricains encore présents au Cameroun
À l’ouverture des travaux, Paul Atanga Nji a rappelé qu’au 30 juin 2026, le Cameroun accueillait 412 521 réfugiés, conformément à ses engagements internationaux. Parmi eux, 287 056 sont des Centrafricains, installés principalement dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord.
Depuis l’entrée en vigueur de l’accord tripartite en 2019, 28 067 réfugiés centrafricains ont déjà regagné volontairement leur pays d’origine. Cette nouvelle phase vise à poursuivre ces opérations dans le respect des normes internationales de protection des réfugiés.
Cette reprise du processus de rapatriement marque une étape importante dans la coopération entre le Cameroun, la République centrafricaine et le HCR, trois ans après le déclenchement de la crise postélectorale de 2013 qui avait contraint des centaines de milliers de personnes à fuir leur pays.

