Réuni en 48e session extraordinaire le 29 septembre 2026, le Conseil national de la communication (CNC) a statué sur quatre dossiers de régulation. La chaîne Vision 4 et son directeur des médias, Boni Menyene Philippe, sont suspendus pour un mois. Le journaliste Owona Thaddée Martial voit sa suspension portée de trois à six mois. Le journal L’Anecdote et son directeur de publication, Jean Claude Fouda Abega, écopent également d’un mois de suspension. Deux autres plaintes ont été classées.
Dans un communiqué signé de son président, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, le Conseil national de la communication informe les professionnels des médias, les éditeurs de services, les opérateurs de télédistribution et l’opinion publique qu’il a siégé en sa 48e session extraordinaire, en application du décret n°2012/038 du 23 janvier 2012 portant réorganisation du CNC. L’ordre du jour a porté sur l’examen de quatre cas de régulation.
Affaire CNC contre Vision 4
Le premier dossier concerne la chaîne de télévision privée Vision 4. Le CNC s’était initialement saisi dans le cadre de la couverture médiatique de la procédure judiciaire relative à l’affaire Martinez Zogo. Était en cause la diffusion, au cours du journal de 20 heures du 2 juin 2026, d’un reportage réalisé par le journaliste Owona Thaddée Martial, contenant des déclarations de nature à porter atteinte à la dignité de Maître Félicité Esther Zeifman, avocate au Barreau du Cameroun.
À la suite de cette autosaisine, le Conseil avait établi la responsabilité des mis en cause et prononcé une suspension de trois mois contre l’auteur du reportage, ainsi qu’un avertissement au Directeur général des médias du Groupe l’Anecdote. Selon le communiqué, cette décision n’a pas été appliquée. En outre, lors de la diffusion, le 30 août 2026, de l’émission « Club d’élites » sur Vision 4, Boni Menyene Philippe, Directeur général des médias du Groupe l’Anecdote, a remis en cause l’autorité du CNC en affirmant notamment : « …on n’a que faire du CNC ».
Convoqués au siège du CNC, les principaux responsables du média, qui avaient sollicité et obtenu deux reports, ne se sont pas présentés. Le Conseil rappelle que l’article 41 de la loi n°2015/007 du 20 avril 2015 régissant l’activité audiovisuelle au Cameroun dispose que « les opérateurs audiovisuels publics ou privés sont tenus de répondre aux réquisitions de l’organe chargé de la régulation de l’audiovisuel ».
Au final, le CNC a décidé de suspendre la chaîne Vision 4 de toute diffusion de programmes audiovisuels pour une durée d’un mois. Boni Menyene Philippe est suspendu pour un mois de l’exercice de la profession de journaliste au Cameroun. Quant à Owona Thaddée Martial, sa suspension passe de trois à six mois, notamment pour refus d’application de la décision initiale du 18 août 2026 et pour défiance notoire de l’autorité du CNC.
Affaire CNC contre L’Anecdote
Le deuxième dossier vise l’organe de presse écrite L’Anecdote et son directeur de publication. Le CNC reproche la publication, le 18 août 2026, dans le numéro 1502, d’un article signé en page 03 par Owona Thaddée Martial, pourtant sous le coup d’une suspension temporaire de l’exercice de la profession de journaliste. La Une du journal contenait également des déclarations non fondées, offensantes et insinuantes à l’encontre du CNC, sous le titre : « CONSEIL NATIONAL DE LA COMMUNICATION À LA SOLDE DES LOBBIES DU MAL ».
Le Conseil a établi la responsabilité de l’organe pour violation des dispositions réglementaires en matière de communication sociale, notamment l’article 1er du décret du 24 septembre 1992 rendant exécutoire le code de déontologie du journaliste. En conséquence, Jean Claude Fouda Abega est suspendu pour une durée d’un mois de sa fonction de Directeur de publication et de l’exercice de la profession de journaliste au Cameroun.
Paule Assoumou Koki contre Le Grand Titre : non-lieu
La troisième affaire oppose Paule Assoumou Koki, Directrice générale de l’Autorité aéronautique, à l’organe de presse écrite Le Grand Titre et son directeur de publication. La plaignante avait saisi le Conseil après la publication, le 19 mars 2026, de déclarations présumées non fondées de nature à porter atteinte à l’image des agents opérationnels de sûreté de l’aviation civile en service dans les aéroports du Cameroun. En cours de procédure, la requérante a toutefois adressé une lettre de désistement. Le CNC a donc prononcé un non-lieu à suivre, mettant un terme à la procédure.
Maître Dongmo Armand Teadjio contre Actu Cameroun : irrecevable
Le quatrième dossier concerne Maître Dongmo Armand Teadjio, avocat au Barreau du Cameroun, contre l’organe de presse en ligne Actu Cameroun. Le requérant avait saisi le Conseil le 30 juillet 2024 à la suite de la publication de déclarations présumées non fondées. Après examen, le CNC a constaté un vice de forme dans la procédure initiée, pour non-respect des délais de saisine. La plainte a été jugée irrecevable, conformément aux dispositions du Manuel de procédure de traitement des plaintes du CNC.
Ces décisions, rendues publiques par le président Joseph Chebongkeng Kalabubsu, interviennent dans un contexte de rappel à l’ordre des médias camerounais. Le CNC réaffirme ainsi son autorité et rappelle aux professionnels et aux opérateurs de communication sociale leur obligation de se conformer aux lois et règlements en vigueur.

