Le ministre du Tourisme et des Loisirs, Gabriel Mbaïrobe, a présidé, ce 2 octobre 2026, la cérémonie de signature de la convention de partenariat entre le Ministère du Tourisme et des Loisirs (MINTOUL), l’Imprimerie Nationale et Impact Palmarès Printing Cameroun. Cette convention porte sur la sécurisation documentaire, l’optimisation des recettes et la digitalisation des procédures du secteur du tourisme et des loisirs.
La convention concrétise un partenariat public-privé réunissant trois acteurs aux compétences complémentaires. Le MINTOUL, chargé de la régulation, de la promotion et du contrôle du tourisme et des loisirs, délivre les documents qui conditionnent l’exercice d’une activité touristique. Il intervient comme utilisateur du dispositif.
L’Imprimerie Nationale détient l’exclusivité de l’impression, de la normalisation et du marquage anti-contrefaçon des imprimés. Selon son directeur général, l’institution a pour mission, en vertu du décret signé par le Président de la République le 8 novembre, d’assurer l’impression de tous les documents administratifs et d’accompagner les administrations dans leur sécurisation. « Nous avons engagé ce travail depuis longtemps. N’ayant pas d’expertise technique, nous nous sommes attachés les services d’un grand groupe qui nous accompagne dans cette démarche », a-t-il expliqué.
Impact Palmarès Printing Cameroun apporte l’investissement, la technologie et la capacité d’exécution. Il est présenté comme le spécialiste de la sécurité renforcée et de la conformité aux normes internationales. La conception, le financement, le déploiement, l’exploitation et la maintenance du dispositif sont assurés par ce partenaire, conformément aux engagements convenus. L’État conserve les orientations sectorielles, la délivrance des actes et la maîtrise du système.
Moins de fraudes, plus de recettes
Le projet repose sur l’authentification, la traçabilité, la lutte contre la contrefaçon et l’archivage numérique des documents. Le ministre Gabriel Mbaïrobe résume ainsi la promesse de cette convention : « Il y aura moins de fraudes, plus de confiance, une administration modernisée et un secteur touristique beaucoup plus crédible. » Et d’ajouter : « Moins de fraudes égale plus de recettes. »
Le ministère délivre notamment des autorisations, des agréments, des licences et des attestations. Leur sécurisation doit renforcer les recettes publiques, protéger les usagers, crédibiliser l’administration et, in fine, améliorer l’attractivité du Cameroun.
Une plateforme numérique et des modules sectoriels
La convention prévoit la mise en place d’une plateforme numérique permettant aux usagers de voir délivrer leurs documents, à l’instar de ce qui est fait aujourd’hui avec la carte nationale d’identité. La digitalisation et la dématérialisation sont au cœur du dispositif.
Les acteurs du secteur hôtelier disposeront d’un module leur permettant de renseigner et d’assurer la traçabilité des séjours. Cette visibilité accrue doit permettre d’optimiser et de bonifier la taxe de séjour, qui entre dans les caisses du ministère du Tourisme. D’autres modules porteront sur le transport, avec le e-transport, ainsi que sur les sites touristiques. Les visiteurs pourront s’inscrire, obtenir des renseignements et effectuer des paiements sécurisés sur un site gouvernemental sécurisé.
Quatre orientations structurantes
Le projet s’articule autour de quatre orientations complémentaires : la sécurisation des actes administratifs, la numérisation des procédures, la traçabilité de l’activité et l’amélioration du pilotage du secteur.
La sécurisation concerne les autorisations, licences, agréments et actes de classement délivrés en application de la loi n° 2016/006 du 18 avril 2016 régissant l’activité touristique et des loisirs au Cameroun. L’objectif est de permettre la vérification de l’authenticité, d’assurer le suivi et de mieux prévenir les falsifications.
La numérisation doit rendre les démarches plus lisibles, faciliter la circulation des dossiers, améliorer leur suivi et réduire les doubles saisies. L’interopérabilité recherchée facilitera les échanges entre systèmes, avec des accès encadrés et dans le respect des responsabilités de chaque administration.
La traçabilité et la qualité des données permettront de mieux connaître les établissements, les opérateurs, la fréquentation et les nuitées. Le pilotage s’appuiera sur des indicateurs concrets : délais de délivrance des actes, proportion d’actes vérifiables, couverture et actualisation du référentiel des établissements, régularité des données statistiques et satisfaction des utilisateurs.
Des bénéfices pour l’administration et les professionnels
Pour l’administration, les bénéfices attendus sont tangibles : vérification rapide de l’authenticité et de la validité des documents, répertoire fiable des établissements et opérateurs, meilleure information statistique, lutte renforcée contre la falsification et usage abusif des titres officiels. L’État sera mieux outillé pour évaluer la contribution du tourisme à l’économie nationale, cibler les contrôles et fonder ses décisions sur des données vérifiées.
Pour les professionnels, la vérifiabilité des autorisations et des classements renforce la reconnaissance du statut administratif et protège la réputation auprès des clients, partenaires et investisseurs. En limitant la fraude et l’usage abusif de titres officiels, le dispositif entend protéger les opérateurs qui remplissent leurs obligations et garantir une concurrence loyale. La simplification des procédures doit leur permettre de consacrer plus de temps à la gestion de leurs établissements et au service des clients.
Un déploiement progressif et concerté
Les principes du partenariat ont été consolidés lors de l’atelier technique du 30 septembre dernier. Il s’agissait notamment d’améliorer les recettes par la fiabilité de l’information sans créer de charges nouvelles, de respecter les prérogatives des administrations financières et des collectivités territoriales décentralisées, de préserver la propriété de l’État sur les données publiques et d’organiser un déploiement progressif.
Dès la signature, des points focaux de chaque entité devront être désignés et une situation de référence établie afin de mesurer objectivement les progrès. Une phase pilote, conduite sur un périmètre maîtrisé et selon des critères d’évaluation définis à l’avance, permettra de tester le dispositif et d’apporter les ajustements nécessaires avant sa généralisation. Elle associera des établissements représentatifs de la diversité du secteur et des territoires. La formation, les démonstrations pratiques, les guides d’utilisation en français et en anglais ainsi qu’une assistance accessible accompagneront cette démarche.
Le ministre a invité les responsables des services centraux et déconcentrés à préparer avec rigueur la mise en œuvre. Aux promoteurs de l’hôtellerie, du tourisme et des loisirs, il a lancé : « Votre expérience doit éclairer ce projet. Votre adhésion en sera une condition déterminante de réussite. »
Une étape clé pour la modernisation du secteur
Cette convention s’inscrit dans les orientations du Président de la République, Paul Biya. Dans son message à la Nation du 31 décembre 2025, il indiquait qu’« une attention encore plus soutenue sera accordée au développement du numérique et à l’assainissement du climat des affaires ». Le chef de l’État avait également souligné, dès 2018, l’urgence d’intégrer les progrès numériques dans le fonctionnement des services publics et de l’économie.
Avec ce partenariat, le Cameroun entend doter son secteur touristique d’un dispositif fiable, traçable et moderne. La sécurisation des documents, la digitalisation des procédures et l’optimisation des recettes constituent ainsi des leviers concrets pour renforcer la confiance des investisseurs, améliorer le service rendu aux usagers et soutenir l’attractivité de la destination Cameroun.

