POLITIQUE

BIKOK: Le sabotage des 13 conseillers n’a pas fait tomber CRESCENCE OTTOU, la Mairie reste debout

Written by Annette Olinga

La session ordinaire du conseil municipal consacrée à l’examen des comptes de l’exercice 2025 s’est tenue les 29 et 30 septembre 2026 à la mairie de Bikok. dans un climat de tensions. Retour sur deux journées qui ont mis en lumière les véritables enjeux d’un bras de fer aux allures de règlement de comptes.

La commune de Bikok traverse une période charnière de son histoire. Les 29 et 30 septembre 2026, le conseil municipal était convoqué pour examiner et adopter les comptes financiers de synthèse de l’exercice 2025. Un rendez-vous républicain qui aurait dû permettre à l’organe délibérant de se prononcer sur la gestion de l’exécutif communal. Mais ce qui devait être un exercice démocratique s’est transformé en véritable psychodrame institutionnel.

Dès le premier jour, les signaux d’alerte sont perceptibles. La convocation, envoyée dans les délais légaux — six jours avant la tenue des travaux, bien au-delà des deux jours prévus par la loi en cas d’urgence —, n’a visiblement pas suffi à rassurer certains conseillers. Pourtant, chacun avait reçu son package complet, contre décharge signée. Les documents étaient là, accessibles, consultables. Rien ne justifiait donc un quelconque prétexte procédural.

Et pourtant. Le mardi 29 septembre, jour d’ouverture, une pluie battante s’abat sur Bikok. À 9 heures, heure de convocation, seuls douze conseillers municipaux sont présents. Les autres brillent par leur absence. Jusqu’à 11 heures, le quorum n’est pas atteint. L’inquiétude grandit : et si c’était un boycott ?

Puis, soudain, ils arrivent. Tous ensemble. Comme un seul homme. Treize conseillers qui, curieusement, avaient tous été retardés par la même pluie, au même moment. Une arrivée groupée qui n’a pas manqué de faire réagir : « Comme s’ils dormaient en bas », ironise une source proche du dossier. Le doute n’est plus permis.

Mais le plus troublant reste à venir. Ces conseillers, qui avaient pourtant l’obligation de signer la fiche de présence à l’entrée, ont esquivé le protocole. Entrés par les issues de secours latérales, ils ont refusé de signer, malgré les rappels insistants du secrétaire général. Un comportement qui interroge sur leurs véritables intentions.

Le quorum est finalement vérifié : vingt-cinq conseillers sont présents. Les travaux peuvent débuter. Madame le Maire, Crescence Ottou, présente son mot d’ouverture, appelle à la concorde, à la paix, au dialogue. Elle tend la main. En face, la fronde s’organise.

Alors que le secrétaire général s’apprête à présenter le compte administratif, le porte-parole des contestataires, Amougou Mbarga Anicet, demande la parole. Il reconnaît, devant l’assemblée, que les documents présentés sont « bien faits », que le discours de Madame le Maire l’a « captivé ». Mais il pose immédiatement une condition : que les réponses à un document du « comité ad hoc » soient fournies avant tout débat. Un préalable qui n’a aucun fondement légal.

Madame le Maire réfute cette version. Les réponses aux questions du comité ad hoc se trouvent dans le dossier remis à chaque conseiller. Six jours avant. Un document complet, détaillé, qui répond point par point aux interrogations soulevées. Mais visiblement, ce n’est pas ce que cherchent les contestataires.

Car derrière les arguties procédurales, une réalité plus crue se dessine. « Ils veulent manger », confie une source interne. Le mandat s’achève, les élections sont annoncées, et certains conseillers, qui n’ont jamais accepté la gouvernance de Crescence Ottou, cherchent à précipiter sa chute. Non pas pour des raisons de gestion, mais pour des intérêts personnels.

Les faits sont têtus. Le compte administratif 2025, le compte de gestion, ainsi que cinq des six projets de délibération ont été rejetés. Un rejet qui, selon toute vraisemblance, ne repose sur aucun argument technique ou financier sérieux. Car comment expliquer qu’un bilan jugé « bien présenté » soit rejeté en bloc ? Comment comprendre que des documents comptables validés par les services compétents soient balayés d’un revers de main ?

La réponse est ailleurs. Dans les couloirs de la mairie, dans les villages de la commune, dans les réunions nocturnes où se trame la déstabilisation. Car ce n’est pas le compte administratif qui est visé. C’est la personne de Crescence Ottou. C’est sa vision. C’est son bilan.

Un bilan qui, pourtant, parle de lui-même. Routes désenclavées, partenariats internationaux, projets structurants, assainissement des finances locales. En quelques années, Bikok est passée de l’ombre à la lumière. La commune est devenue un laboratoire de la décentralisation, une référence pour le Cameroun qui émerge.

Face à cette cabale, Madame le Maire reste droite. Elle sait que les élections approchent. Elle sait que les urnes trancheront. Mais elle refuse de voir son action sabotée par une poignée d’élus en mal de reconnaissance. Car l’enjeu dépasse sa personne : c’est l’avenir de Bikok qui est en jeu.

Les 29 et 30 septembre 2026 resteront dans les annales de la commune. Non pas comme le jour où un compte administratif a été rejeté, mais comme celui où une poignée de conseillers a tenté de faire obstacle à la volonté populaire. Un coup de force qui, espérons-le, ne restera pas sans conséquences.

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