ECONOMIE

Cameroun : L’État met fin à l’exploitation aurifère artisanale profonde et impose des quotas stricts

Written by Annette Olinga

Plus d’excavation artisanale au-delà de 30 mètres de profondeur. Passé cette limite, c’est l’obligation de basculer vers une exploitation industrielle ou une petite mine. Cette directive sans équivoque a été adressée ce mardi à la société Xin Yang, active sur le site aurifère de Ketté.

Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une mission coup de poing menée par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, le Professeur FUH CALISTUS GENTRY, visant à restructurer complètement le secteur artisanal semi-mécanisé au Cameroun. La « récréation » est terminée pour les exploitants illégaux : un seuil minimal de production de 5 kg d’or par mois est désormais imposé, sans aucune possibilité de négociation.

Première cible : Xin Yang

Lors de la visite de contrôle, l’entreprise Xin Yang, qui exploite 24 « bold » (unités d’exploitation) sur son site, a accepté un quota mensuel de 7 kg d’or. À défaut, ses installations seront démantelées et ses engins saisis immédiatement.

Un peu plus loin, c’est au tour de l’entreprise Zinnarry Mining, dotée de 10 « bold », de se voir imposer une production minimale de 5 kg d’or par mois, également sans révision à la baisse.

Un objectif : multiplier par cinq la production nationale

Le ministre l’a réaffirmé : cette mesure vise à multiplier par cinq la production annuelle d’or camerounais et à réduire drastiquement l’écart entre l’or réellement extrait et celui déclaré officiellement. « Il est temps que cette activité profite véritablement à notre pays », a-t-il martelé.

Quatre obligations strictes désormais en vigueur

Le respect du seuil minimal de production n’est que l’une des quatre obligations impératives pour exercer dans le secteur artisanal minier semi-mécanisé. S’y ajoutent :

· Le respect des obligations environnementales, avec le versement d’une caution de 63 millions de FCFA pour 21 hectares ;
· Le respect des obligations fiscales ;
· L’innovation technologique, imposant une migration totale vers un système d’exploitation à vase clos dans les plus brefs délais.

Une sensibilisation qui porte ses fruits

Cette deuxième journée de démantèlement dans le département de la Kadey confirme, selon le ministre, que la démarche de sensibilisation initiée par ses services a porté ses fruits. Plusieurs sociétés se sont engagées à signer l’accord sur les seuils minimaux de production, en fonction du nombre de « bold » qu’elles possèdent, ainsi qu’à adopter le système à vase clos d’ici six mois.

Pour les contrevenants, le message est clair : désormais, l’époque de l’exploitation incontrôlée et non déclarée est révolue.

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