Le 7 septembre 2026, jour de la rentrée scolaire officielle au Cameroun, l’ONG Moris’Child a perpétué une tradition devenue incontournable : la distribution de kits scolaires aux enfants atteints de cancer. Cette 4e édition des Happy Class s’est tenue au service d’hémato-oncologie du Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal Biya à Yaoundé, en présence des enfants, de leurs parents et du personnel médical.
Sous la houlette de Ruth-Grace Ngo Nyobe, présidente fondatrice de l’ONG, cet événement symbolique vise à rappeler que la maladie n’efface pas le droit des enfants à l’éducation et à une enfance épanouie. « Aucun enfant ne devrait succomber au cancer suite à l’ignorance, à l’errance thérapeutique ou encore à l’indigence financière », a-t-elle martelé.

Une mission déclinée en six axes d’intervention
L’ONG Moris’Child, créée en mémoire du premier enfant pris en charge et décédé des suites d’une récidive, a structuré son action autour de six piliers :
- La sensibilisation pour encourager les diagnostics précoces et l’orientation vers les centres de référence (Fondation Chantal Biya, Mbingo Baptist Hospital, Hôpital Protestant de Ngaoundéré).
- Les soins : prise en charge directe des chimiothérapies et fourniture de matériel médical.
- L’appel aux dons de vie : mobilisation pour les dons de sang, moelle osseuse, plaquettes et plasma.
- L’éducation à travers la Happy Class, dispositif d’école à l’hôpital.
- Le soutien psychologique des enfants et de leurs familles.
- Le suivi post-cancer pour prévenir les séquelles et limiter les récidives.
La Happy Class : une école au rythme des enfants
Coordonnée par Simon Carden Nien, praticien en art-thérapie, la Happy Class propose un cursus adapté aux contraintes médicales. Les cours, limités à quatre heures par jour et débutant après 10 heures pour respecter les soins, couvrent la maternelle, le primaire et les matières principales du secondaire (français, anglais, mathématiques, physique, etc.). L’enseignement est modulé en fonction de l’état de santé de chaque enfant.

« Nous allons au rythme de l’enfant. S’il ne peut pas suivre un cours, nous proposons un accompagnement psychologique ou des activités ludiques pour lui redonner force et confiance », explique Simon Carden Nien.
La particularité de la Happy Class est d’offrir aux enfants la possibilité de composer aux examens officiels dans les mêmes conditions que les élèves scolarisés en milieu ordinaire. Depuis 2020, 53 élèves ont été scolarisés, et 4 diplômes officiels ont été décrochés en 2024. L’ONG espère porter ce chiffre à 10 diplômes en 2027.
Une rentrée symbolique pour l’inclusion
Le choix du 7 septembre pour cette distribution n’est pas anodin. « Ce sont des enfants comme les autres. Ils savent que leurs frères et sœurs vont à l’école, alors pourquoi pas eux ? », souligne Ruth-Grace Ngo Nyobe. Cette synchronisation avec la rentrée officielle vise à lutter contre la stigmatisation et à affirmer que le cancer n’est ni une malédiction ni un obstacle à l’avenir.

Témoignage d’un parent : un parcours semé d’embûches
Le père de Joseph, 13 ans, en rémission d’un lymphome de Burkitt, a livré un témoignage poignant. La maladie a été découverte tardivement, après plusieurs errances médicales. « C’est en allant à l’hôpital public qu’un médecin nous a orientés vers un oncologue. Sans l’appui financier de Moris’Child, nous n’aurions pas pu faire face aux frais, notamment une opération à 800 000 francs CFA à l’Hôpital Central. »
Aujourd’hui, Joseph suit des cours particuliers grâce à l’ONG, qui a mobilisé deux enseignants pour les matières scientifiques et littéraires. Son père lance un appel : « Il ne faut pas avoir peur d’aborder les associations. Mory’s Child nous a tendu la main, et nous en sommes reconnaissants. »

Un appel à la solidarité nationale : « 100 francs pour un sourire et une guérison »
Depuis 2021, Moris’Child promeut le concept « 100 francs + 100 francs = une seringue », invitant chaque Camerounais à contribuer, à son niveau, à la prise en charge des enfants atteints de cancer. « Ces 100 francs servent à diagnostiquer, soigner, transfuser, éduquer et soutenir psychologiquement. Chacun peut être utile, insiste Ruth-Grace Ngo Nyobe. L’enfant n’est pas l’enfant d’une seule personne, il est l’enfant de la communauté. »
La présidente a salué l’élan de solidarité, y compris celui de deux jeunes de 14 et 8 ans qui ont collecté 5 000 francs pendant les vacances pour offrir des fournitures à leurs « petits frères malades ».
Remerciements et perspectives
L’ONG a exprimé sa gratitude envers la Fondation Chantal Biya, les équipes médicales du Centre Mère et Enfant, de Mbingo, de Ngaoundéré, ainsi que tous les partenaires et bienfaiteurs qui accompagnent l’association depuis 2021. « Grâce à vous, nos enfants sourient et certains sont guéris. Marc et Astrid ont terminé leurs vaccins. C’est une véritable gratitude envers Dieu et envers chacun de vous », a conclu Ruth-Grace Ngo Nyobe.

La Happy Class, au-delà de l’éducation, incarne l’espoir et la résilience. Elle rappelle que même dans l’épreuve, l’enfant reste un enfant, avec ses rêves, ses jeux et son avenir. Un avenir que Moris’Child s’engage à protéger, pas à pas, avec le soutien de tous.
À propos de l’ONG Moris’Child
Fondée en 2020, Moris’Child œuvre pour l’amélioration de la qualité de vie des enfants atteints de cancer au Cameroun. L’organisation intervient dans la sensibilisation, les soins, l’éducation, le soutien psychologique et la recherche des perdus de vue. Elle est présente à Yaoundé, Bamenda et Ngaoundéré.

