ECONOMIE

Autoroute Kribi-Lolabé : vers une révision du contrat PPP pour rétablir l’équilibre économique

Written by Annette Olinga

Le Comité de suivi du Contrat de Partenariat Public-Privé (PPP) relatif à l’autoroute Kribi-Lolabé s’est réuni le 18 septembre 2026 sous la présidence du Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi. Au menu des discussions : l’exploitation de l’infrastructure, les loyers, les audits en cours et l’évolution des négociations autour du projet d’avenant au contrat.

Un trafic en deçà des prévisions contractuelles

Les membres du Comité de suivi, réunis autour du Ministre des Travaux Publics, ont examiné les principaux paramètres de fonctionnement de l’infrastructure autoroutière, avec un accent particulier sur l’équilibre économique du contrat.

Au 15 septembre 2026, l’autoroute Kribi-Lolabé a enregistré un trafic cumulé de 870 598 véhicules, contre 3 482 392 véhicules prévus dans les hypothèses contractuelles, soit un niveau de réalisation de seulement 25 %.

Dans son propos introductif, le Ministre Emmanuel Nganou Djoumessi a identifié plusieurs facteurs expliquant cet écart entre les hypothèses initiales et la situation observée :

· la lente occupation de la zone industrielle de Kribi ;
· le retard dans l’achèvement de certains travaux au Port Autonome de Kribi ;
· l’absence de certaines activités minières initialement envisagées ;
· les limites actuelles de la connectivité routière et de l’approvisionnement en électricité.

La question épineuse du loyer d’exploitation

Dans le cadre des discussions engagées entre les parties, une proposition publique avait été formulée autour d’un budget mensuel de 115,8 millions de FCFA HT. Le partenaire privé avait toutefois indiqué qu’un tel niveau ne permettrait d’assurer que les activités essentielles liées à la gestion des postes de péage, avec des limitations sur plusieurs prestations, notamment :

· les patrouilles ;
· la maintenance des dispositifs de sécurité et de signalisation ;
· le dépannage et les interventions d’urgence ;
· le nettoyage et le débroussaillage.

Loyer d’investissement : sept semestrialités déjà honorées

La session a également permis de faire le point sur le loyer d’investissement, qui correspond au remboursement du préfinancement privé. Celui-ci s’élève à 66,6 milliards de FCFA TTC, répartis en 14 versements semestriels de 4,75 milliards de FCFA.

À la date de la session, sept semestrialités ont déjà été payées, pour un montant de 33,3 milliards de FCFA, tandis qu’une nouvelle semestrialité de 4,75 milliards de FCFA est en cours d’engagement.

Exploitation quotidienne : des défis persistants

Au-delà des questions financières, le Comité de suivi s’est penché sur les problématiques liées à l’exploitation quotidienne de l’infrastructure et à la préservation de son emprise. Le partenaire privé fait notamment état de :

· constructions non autorisées ;
· dégradations répétées des glissières, filets latéraux et fossés ;
· déversement de déchets et de sédiments ;
· stationnement illégal et circulation en sens interdit ;
· présence de piétons sur l’emprise autoroutière ;
· dommages provoqués par les feux de brousse.

Vers un avenant au contrat PPP

Les échanges entre le Ministère des Travaux Publics, les administrations concernées et le partenaire privé s’inscrivent dans une dynamique de révision du contrat de partenariat public-privé. L’objectif affiché est de parvenir à un nouvel équilibre contractuel tenant compte des réalités observées sur le terrain, tant en matière de trafic que de coûts d’exploitation et de maintenance.

Les discussions autour du projet d’avenant devraient se poursuivre dans les prochaines semaines, avec l’ambition de garantir la pérennité et la qualité du service sur cet axe stratégique pour le développement économique du Sud-Cameroun.

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