Le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, M. Mounouna Foutsou, a présidé le 10 juin au Centre Louis Charpenet de Yagoua, la grande réunion d’évaluation des activités du Programme National d’Éducation Civique par le Réarmement Moral, Civique et Entrepreneurial (PRONEC-REAMORCE).
Un bilan chiffré encourageant
Placée sous la houlette du préfet du département du Mayo Danay, M. Bakari Garba, et en présence de cinq sous-préfets conviés pour la circonstance, cette rencontre a permis de faire le point sur la mise en œuvre du programme dans la région.
Le délégué départemental de la Jeunesse et de l’Éducation civique du Mayo Danay, M. Michel Dangwe, a présenté un bilan détaillé du programme dont les objectifs visent à : inculquer et promouvoir des valeurs fondamentales telles que la responsabilité civique, l’intégrité morale et le respect des institutions et des symboles de la République ; renforcer le rôle des jeunes comme acteurs de cohésion sociale et de vivre-ensemble pacifique ; et stimuler l’esprit entrepreneurial des jeunes pour favoriser leur autonomisation et leur participation active au développement du pays.
Les chiffres communiqués font état de 184.453 séances de réarmement moral, 246.170 séances de réarmement civique et 3.280 séances de réarmement entrepreneurial.

L’ADEMADA, acteur majeur de la pacification
L’Association pour le développement du Mayo Danay (ADEMADA) s’est distinguée par son engagement sur le terrain. Son président, M. Mamat Boukar Alipha, a évoqué les campagnes menées pour faire face aux conflits et aux inondations. Les équipes de l’association ont parcouru les villages touchés par les violences et ont mobilisé une enveloppe de plus de 30 millions de francs CFA pour venir en aide aux familles victimes. Le président a lancé un appel aux élites locales pour qu’elles s’investissent davantage dans cette lutte permanente.
Des résultats tangibles sur le terrain
Les comités ad hoc mis en place ont présenté leurs rapports d’activités. Pour l’arrondissement de Gobo, M. Ernest Mitlassou a fait état de tournées de sensibilisation suite aux conflits liés aux vols de bétail. Des repentis ont décidé d’abandonner cette pratique, et un calme relatif règne désormais entre les populations de Gobo et celles de Bougoudoum. Il a toutefois souligné la nécessité d’intensifier les descentes des autorités administratives et municipales pour éradiquer ce phénomène ancestral.
Dans l’arrondissement de Kaïkaï, le maire de la commune, M. Adokai Bachir, a rassuré : « Depuis la tournée, le calme est de retour et tout se passe bien. Les populations ont compris la nécessité de préserver le vivre-ensemble. »
Médiateurs communautaires et chefs traditionnels en première ligne
M. Batassou Dieudonné, porte-parole des médiateurs communautaires, a dressé un bilan positif des actions menées tant sur le terrain que sur les réseaux sociaux. Il a notamment salué le travail des e-médiateurs et plaidé pour l’intensification des caravanes de sensibilisation dans les quartiers et les villages.

Du côté des chefs traditionnels, c’est Sa Majesté Abdoul-Karim, Moulna de Wina, qui a pris la parole. Il a annoncé la création d’une association des chefs traditionnels du Mayo Danay, ainsi qu’un rapprochement avec leurs homologues massa du Tchad pour une veille transfrontalière. Un code de conduite a été élaboré à l’occasion du récent Festival des arts et de la culture massa. Des comités de vigilance ont par ailleurs été mis en place dans les quartiers et villages, et la méthode ancestrale de « l’arbre à palabres » continue de faire ses preuves pour régler les litiges, notamment fonciers.
Les autorités administratives appelées à plus d’implication
Les cinq autorités administratives des arrondissements de Yagoua, Gobo, Kaïkaï, Vélé, Guéré et Wina ont salué l’initiative et félicité les acteurs de terrain pour leur collaboration. Elles ont appelé l’ensemble des populations à renforcer leur coopération pour un meilleur encadrement.
Le préfet Bakari Garba, après avoir suivi attentivement les interventions, a préconisé plusieurs engagements : la lutte contre l’oisiveté et l’alcoolisme – source de nombreux conflits –, la formation professionnelle des jeunes pour promouvoir l’auto-emploi, le renforcement de la spiritualité et une collaboration accrue avec les autorités administratives.
Le message du ministre
En clôture des travaux, le ministre Mounouna Foutsou a remercié l’ensemble des participants, singulièrement le préfet et ses collaborateurs pour la mobilisation. Il a appelé les élites, les forces vives, les comités ad hoc, les médiateurs communautaires et les e-volontaires à poursuivre et multiplier les actions afin de tourner le dos aux mauvaises pratiques. Le membre du gouvernement a émis le vœu que les recommandations retenues soient mises en œuvre de manière systématique par tous les acteurs concernés.
Enfin, le Minjec a adressé ses remerciements appuyés aux chefs religieux pour leur implication dans la sensibilisation et l’encadrement des fidèles. « Le monde est en mutation, nous avons intérêt à suivre le rythme », a-t-il conclu.

