À l’occasion de la 11ᵉ édition de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée le 28 septembre 2026, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) publie une déclaration dans laquelle elle salue les avancées enregistrées, pointe les défis persistants et formule des recommandations précises aux pouvoirs publics.
Un thème au cœur des enjeux contemporains
La Commission accueille avec satisfaction le thème retenu par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) pour cette édition : « Préserver l’intégrité de l’information à l’ère numérique : le rôle de l’accès à l’information face au désordre informationnel ». Un thème qui, selon l’institution nationale des droits de l’homme, met en évidence l’importance d’un accès rapide et fiable à l’information pour prévenir la désinformation et les autres formes de désordre informationnel.
Aux origines africaines d’une journée mondiale
La CDHC rappelle que l’idée de dédier une journée internationale à l’accès universel à l’information a émergé de façon décisive sur le continent africain. Dès 2002, la société civile y plaidait pour une reconnaissance officielle du droit à l’information, suscitant un mouvement fédérateur qui a conduit à l’adoption de la Déclaration de la Plateforme africaine sur l’accès à l’information (Déclaration APAI), le 19 septembre 2011 au Cap, en Afrique du Sud, lors de la Conférence panafricaine sur l’accès à l’information.
Des efforts salués, notamment dans le domaine radiophonique
La Commission salue les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à favoriser l’accès à une information fiable et à prévenir la diffusion de fausses informations. Elle cite en particulier la poursuite du Programme national d’extension des radios de proximité, mis en œuvre avec l’appui de l’UNESCO, qui prévoit le déploiement de 40 nouvelles radios communautaires à l’horizon 2030, en plus des 40 déjà créées et opérationnelles. Objectif affiché : améliorer l’accès à l’information dans les zones insuffisamment desservies et pour toutes les populations autochtones, à travers des émissions en langue maternelle.
Le patrimoine documentaire de la CDHC ouvert au public
L’institution rappelle par ailleurs que ses bibliothèques spécialisées en droits de l’homme et des peuples, implantées à son Siège et dans ses Antennes régionales, sont ouvertes au public, y compris aux chercheurs. Elles permettent de consulter les rapports de la Commission, les compendiums de ses déclarations et communiqués, les brochures du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, les textes législatifs nationaux, des centaines d’ouvrages, ainsi qu’une abondante documentation sur la prévention de la torture.
Des difficultés persistantes et un vide informationnel préoccupant
Malgré ces avancées, la CDHC constate que des difficultés subsistent dans l’accès universel, équitable et effectif à l’information à l’ère numérique. Combinées à la circulation croissante d’informations fausses ou manipulées, ces difficultés peuvent affecter la capacité des citoyens à accéder à une information fiable et à participer de manière éclairée à la vie publique.
L’institution se dit en outre préoccupée par « les réticences ou les lenteurs persistantes de plusieurs administrations à diffuser sans demande préalable des informations officielles d’intérêt public ». Une posture qui, selon elle, crée un vide informationnel alimentant rapidement les spéculations et la propagation de rumeurs en ligne.
Une recommandation ciblée au MINCOM
La Commission recommande spécifiquement au ministère de la Communication (MINCOM) de poursuivre la finalisation du cadre législatif général relatif à l’accès universel à l’information et de soumettre au Parlement le projet de loi y afférent. Elle insiste sur la nécessité d’y consacrer la publication des informations d’intérêt public — notamment la diffusion d’informations officielles sans demande préalable —, d’établir des procédures d’accès claires, de prévoir des exceptions strictement encadrées et de garantir des voies de recours effectives.
Examen périodique universel : deux recommandations en lien direct
La CDHC relève que, parmi les 220 recommandations acceptées par l’État lors de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4ᵉ cycle de l’Examen périodique universel (EPU), le 26 mars 2024, deux sont relatives au droit d’accès à l’information. Elles sont reproduites dans la déclaration de ce jour, après avoir été ventilées par l’institution nationale des droits de l’homme aux structures pertinentes de l’État, chacune en ce qui la concerne.
Accessibilité numérique : l’action du MINPOSTEL saluée
Enfin, la Commission salue les actions des administrations compétentes qui œuvrent, chacune dans le cadre de ses attributions, à l’encadrement et au développement de l’espace numérique national. Elle cite notamment le ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL), qui promeut activement l’accessibilité numérique — une dynamique illustrée en 2026 par l’organisation de la 5ᵉ Semaine de l’innovation numérique. À l’issue de celle-ci, le projet InReach, destiné à rendre les contenus Internet et médias accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, a reçu le Prix spécial du Président de la République, le 31 juillet 2026 à Yaoundé.
À travers cette déclaration, la CDHC réaffirme que l’accès à une information fiable, proactive et inclusive constitue moins un privilège qu’une condition de la participation éclairée des citoyens à la vie publique — et, partant, un pilier de la démocratie à l’ère numérique.

