Dans un contexte international où la transparence dans la gestion des ressources naturelles constitue un enjeu majeur de gouvernance, le Cameroun a porté sa voix au cœur des instances décisionnelles de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Le Professeur FUH CALISTUS Gentry, Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (ai), a conduit ce 9 Octobre 2026, une délégation à Bruxelles pour défendre la réintégration de son pays au sein de cette initiative internationale de référence.
C’est ce vendredi matin, en marge de la 10ᵉ Conférence mondiale de l’ITIE, que le Ministre camerounais a été reçu par Madame Maria van der Hoeven, Présidente du Conseil d’administration de l’ITIE. Cette audience, placée sous le signe du dialogue constructif, visait un objectif clair : obtenir la levée de la suspension qui frappe le Cameroun depuis plusieurs années.
Loin d’être une simple démarche protocolaire, cette rencontre a permis à la délégation camerounaise de présenter de manière détaillée les engagements concrets pris par Yaoundé en matière de transparence et de bonne gouvernance du secteur extractif.
Des mesures correctives tangibles
Au cœur des échanges figurait la mise en œuvre des mesures correctives relatives à l’Exigence 1.3 de la Norme ITIE, qui garantit notamment la libre participation de la société civile au processus. Le Ministre a mis en exergue les avancées réalisées dans ce domaine, soulignant la volonté du gouvernement de créer un environnement propice à l’implication effective des organisations de la société civile.
Par ailleurs, le Professeur FUH CALISTUS Gentry a présenté les efforts de renforcement institutionnel du Secrétariat national de l’ITIE Cameroun, matérialisés par la nomination d’un Coordonnateur national adjoint ainsi que par le recrutement de personnel technique qualifié. Ces mesures visent à doter l’instance nationale des capacités nécessaires pour piloter efficacement le processus de transparence.
Vers la publication des contrats pétroliers
Autre engagement majeur annoncé lors de cette rencontre : la collaboration renforcée avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH) en vue d’établir un calendrier précis de publication des contrats pétroliers, des états financiers et des données sectorielles. Cette démarche répond directement aux attentes de l’ITIE en matière de divulgation des informations relatives aux industries extractives.
Le Cameroun a également manifesté son intention de solliciter une validation anticipée, dès l’établissement d’un calendrier de mise en œuvre des réformes nécessaires. Une démonstration de bonne foi qui témoigne de la détermination des autorités camerounaises à accélérer le processus de conformité.
Une délégation de haut niveau
La rencontre s’est déroulée en présence de Madame Agnès Solange Ondigui Owona, Coordonnatrice nationale de l’ITIE Cameroun, de Monsieur Ahmed Zouari, Senior Country Manager, ainsi que de Monsieur Gilbert Makore, Directeur régional de l’ITIE. La composition de cette délégation illustre l’importance accordée par le Cameroun à ce dossier.
Un engagement pour la gouvernance des ressources
À travers cette démarche diplomatique, le Cameroun réaffirme sa volonté de renforcer la transparence et la gouvernance de ses ressources extractives. Au-delà de la simple réintégration au sein de l’Initiative, c’est la crédibilité du pays sur la scène internationale et la confiance des investisseurs qui sont en jeu.
La balle est désormais dans le camp du Conseil d’administration de l’ITIE, qui devra évaluer la sincérité et l’efficacité des engagements pris par Yaoundé. Pour le Cameroun, l’enjeu dépasse le cadre strictement institutionnel : il s’agit de démontrer que la richesse de son sous-sol peut être gérée de manière transparente, au bénéfice de l’ensemble de sa population.

