Réunis Ce 20 Août 2026 dans la salle de conférences du Club MINFOPRA à Yaoundé, les acteurs majeurs de la transformation numérique du service public ont tenu la première session ordinaire du Comité de pilotage du Projet d’accélération de la sensibilisation numérique et du renforcement des capacités en vue de la transformation du service public au Cameroun. Cette rencontre de haut niveau s’est déroulée sous la présidence effective du Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA), M. Joseph LÉ, en présence de la Ministre des Postes et Télécommunications, Mme Minette Libom Li Likeng, Vice-Présidente dudit Comité, ainsi que des représentants de l’Agence Coréenne de Coopération Internationale (KOICA). Ensemble, ils ont réaffirmé avec force la volonté de bâtir un État agile, connecté et résolument axé sur la performance administrative, conformément aux Très Hautes Instructions du Président de la République, S.E. Paul BIYA.
Cette rencontre a permis aux membres du Comité de dresser le bilan des activités menées en 2025, d’assurer le suivi rigoureux du plan d’actions 2026 et d’évaluer concrètement le niveau d’avancement des composantes clés de cette modernisation. Dans son discours d’ouverture, le Ministre Joseph LÉ a posé d’emblée le cadre stratégique des échanges en déclarant que « le numérique n’est plus une option pour l’administration publique. Il est devenu une condition de sa modernisation, de son efficacité et de sa capacité à répondre aux attentes nouvelles des citoyens et des entreprises. » Issu de la convention signée entre le Gouvernement Camerounais et la KOICA, lancée en 2024, ce projet d’envergure vise à renforcer les compétences numériques des agents publics à travers la familiarisation avec les outils de la gouvernance électronique (e-Government) et à structurer durablement le changement de paradigme au sein de la Fonction Publique.

La vision portée par le Gouvernement et son partenaire stratégique coréen refuse catégoriquement l’écueil du “tout-technologique” au détriment de l’humain. Pour le chef du Département, la réussite globale de ce processus repose prioritairement sur les femmes et les hommes qui font vivre l’action publique au quotidien. Cette dynamique met un accent capital sur le renforcement du capital humain, à travers une démarche méthodique visant à former les formateurs et à constituer progressivement un noyau d’experts et de relais nationaux. Cette approche garantit non seulement l’assimilation locale des outils technologiques, mais assure également la transmission continue des savoirs et l’autonomie à terme du Cameroun dans la gestion de ses compétences numériques, plaçant ainsi le capital humain comme le cœur battant de la transition technologique.
L’un des points centraux à l’ordre du jour des travaux concernait l’évaluation du niveau d’implantation des Smart Campus, conçus pour devenir de véritables hubs d’innovation pédagogique et de diffusion des bonnes pratiques en matière de gouvernance numérique. Ces campus intelligents prennent corps sur les quatre sites pilotes institutionnels retenus, à savoir le MINFOPRA, l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), l’Institut Supérieur de Management Public (ISMP) et l’École Nationale Supérieure des Postes, des Télécommunications et des TIC (SUP’TIC). Sur le plan opérationnel, la coordination des activités franchit également un nouveau palier grâce au renforcement des moyens logistiques, avec l’acquisition récente de véhicules de service et de trois bus modernes qui dotent les équipes de terrain de capacités de mobilité accrues, facilitant les déplacements, améliorant le suivi opérationnel et renforçant la proximité avec l’ensemble des structures bénéficiaires du projet.

Toutefois, le Ministre Joseph LÉ a fermement réagi face aux lenteurs observées dans le déploiement des infrastructures, constatant des taux d’exécution particulièrement bas sur les marchés de construction des quatre Smart Campus. Le Président du Comité de Pilotage a durci le ton en créant un Comité ad hoc chargé d’effectuer des inspections rigoureuses sur le terrain à une fréquence bimensuelle, assorti d’un ultimatum strict : si les travaux ne connaissent pas une avancée significative d’ici la fin du mois de septembre 2026, des mesures conservatoires et des sanctions réglementaires d’une importance majeure seront immédiatement appliquées. Parmi les autres acquis présentés et soumis à validation lors de cette session, l’examen des documents conceptuels du Learning Management System (LMS) et des plans de formation associés constitue la véritable promesse d’avenir du projet. Loin de représenter une simple plateforme informatique, le LMS s’impose comme la véritable ossature numérique du nouveau modèle de formation continue des agents publics camerounais, rendant la formation accessible à distance, standardisée, traçable et évolutive.

La récente signature de l’avenant prolongeant le projet jusqu’en juin 2028 ne constitue pas un simple report d’échéance, mais offre une réelle opportunité de consolidation et d’ancrage institutionnel. Le Ministre Joseph LÉ a appelé l’ensemble des membres du Comité de pilotage à maintenir une exigence constante autour de trois impératifs cardinaux : l’efficacité dans l’exécution, la qualité des livrables et la durabilité des acquis. L’objectif final dépasse la seule construction d’infrastructures physiques ou le déploiement d’outils logiciels pour viser une mutation culturelle profonde au sein des services publics, en instaurant la culture de la donnée et du résultat, en accélérant la dématérialisation et en consolidant la souveraineté numérique. En fédérant les expertises et en modernisant ses outils de gestion des ressources humaines, le Cameroun prépare méthodiquement le passage à une administration publique agile, moderne et pleinement préparée aux défis technologiques du XXIe siècle.

