À l’initiative de Cathy Meba, présidente de la Jeunesse émergente et républicaine du Cameroun (JERC) et première vice-présidente du Conseil régional du Sud, plus de 5 000 personnes ont pris part, samedi 19 septembre 2026, à une marche citoyenne dans les rues de Yaoundé. Organisée dans le cadre de la Journée internationale de la paix, célébrée le 21 septembre mais avancée au samedi, cette troisième édition a transformé la capitale camerounaise en tribune contre les violences, les féminicides, les infanticides et les discours de haine.
Dès les premières heures de la matinée, jeunes, femmes, autorités locales, acteurs associatifs, membres de la société civile et opérateurs économiques se sont rassemblés à la Voirie municipale. Le cortège a ensuite traversé plusieurs artères symboliques de la ville : la Poste centrale, Camer, le carrefour Intendance, le ministère de la Communication, le Cercle municipal, la descente du Collège La Retraite, Warda, le carrefour Hilton, avant de rejoindre le boulevard du 20 Mai, point d’arrivée de la mobilisation.

Tout au long du parcours, les pancartes ont remplacé les silences et les slogans ont donné le ton. Les participants ont scandé « Non aux violences », « Non aux discours de haine », « Non aux féminicides », « Non aux infanticides », mais aussi « Oui au vivre-ensemble » et « Oui à une jeunesse actrice de la paix ». Un message porté par la JERC, avec le soutien du Conseil national de la jeunesse, et relayé par plusieurs personnalités, dont le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, la sénatrice Françoise Puene et la directrice générale de Camtel. Camtel était le sponsor officiel de l’événement.

Au-delà de la marche, les organisateurs ont voulu briser le silence face à la recrudescence des violences et des meurtres ciblant les femmes et les jeunes. Pour Cathy Meba, la paix ne peut être proclamée tant que les femmes et les enfants continuent de perdre la vie. « On ne peut pas parler de paix si les femmes sont tuées. On ne peut pas parler de paix si les enfants perdent la vie. Une femme qui est tuée, c’est une maman, c’est une sœur, c’est une fille du Cameroun. Un enfant qui est tué, c’est l’avenir de tout un pays qui est compromis », a-t-elle déclaré. Elle a également appelé à rejeter toutes les formes de violence, les discours de haine et la xénophobie.
La mobilisation a aussi mis en lumière le rôle grandissant des femmes leaders dans la gestion des crises sociales en Afrique centrale. En fédérant institutions, secteur privé, société civile et jeunesse, Cathy Meba entend démontrer que la réponse à l’insécurité ne saurait être uniquement sécuritaire : elle est aussi citoyenne, sociale et préventive.

L’originalité de cette journée s’est jouée sur le boulevard du 20 Mai. Après les slogans, les milliers de marcheurs ont participé à une séance géante de fitness collectif, mêlant activité sportive et convivialité. Ce choix du sport de masse apparaît comme un exutoire pacifique et un langage universel capable de transcender les clivages politiques ou ethniques.
En réinvestissant l’espace urbain par l’effort collectif et le bien-être, la jeunesse de Yaoundé a envoyé un signal fort : face à la violence et à la division, le Cameroun choisit la vie, la santé et la paix. De la rue aux messages portés par les marcheurs, cette journée aura placé la paix, la protection de la vie et le vivre-ensemble au cœur d’une même mobilisation citoyenne.

