Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a présidé le 2 Juillet dernier, la session 2026 du Comité national de lutte contre le travail des enfants, dans la salle des conférences de son département ministériel. Cette rencontre, qui s’inscrit dans la mise en application du texte fondateur de cette instance, avait pour objectif de faire le point sur les actions menées depuis la dernière session de plein droit tenue en août 2025 et d’évaluer la mise en œuvre du Plan d’action national pour l’élimination des pires formes de travail des enfants (PANETEC), tout en examinant les activités connexes engagées contre ce fléau.
Le travail des enfants demeure une préoccupation mondiale. Selon les estimations récentes de l’Organisation internationale du Travail (OIT), environ 160 millions d’enfants dans le monde sont concernés, une réalité qui touche également le Cameroun. L’enquête nationale réalisée en 2007 par l’Institut national de la statistique révélait déjà que 27,9 % des enfants âgés de 5 à 17 ans, soit plus de 1,6 million d’enfants, étaient astreints à des travaux à abolir, dont 71 % dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de la chasse et de la sylviculture, principalement en milieu rural. Face à l’ampleur de ce phénomène, le gouvernement camerounais, sur les Très Hautes Instructions du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, a renforcé son engagement multisectoriel, appuyé par des partenaires au développement tels que l’OIT.
Le Cameroun, membre titulaire du Conseil d’administration de l’OIT, a ratifié plusieurs conventions internationales, notamment celles relatives à l’âge minimum (n° 138), à l’élimination des pires formes de travail des enfants (n° 182), au travail forcé (n° 29) et à l’abolition du travail forcé (n° 105). Ce dispositif juridique est complété par des lois nationales, dont le Code du travail et la loi relative à la lutte contre le trafic et la traite des personnes. En 2017, le pays a adopté le PANETEC, une feuille de route multisectorielle articulée autour de six axes stratégiques : législation et application de la loi, éducation, protection sociale, politique de l’emploi et responsabilité sociale des entreprises, préoccupations transversales, et coordination du suivi du plan. Ce plan a été actualisé en 2020 avec la contribution de toutes les administrations impliquées.
Dans la dynamique des objectifs de développement durable (ODD), et plus précisément de la cible 8.7 qui vise à éliminer le travail des enfants d’ici 2025, le Cameroun a adhéré à l’initiative Alliance 8.7 le 11 mai 2020, sur Très Hautes Instructions du Chef de l’État. Cette plateforme internationale rassemble le BIT, la FAO, l’OIM, le HCR, l’UNICEF et d’autres partenaires clés pour coordonner les efforts mondiaux contre le travail forcé, l’esclavage moderne, la traite des êtres humains et le travail des enfants. Par ailleurs, le Premier ministre, Chef du gouvernement, a institué par arrêté le 23 juin 2020 le Comité national de lutte contre le travail des enfants, un organe quadripartite chargé de proposer des actions coordonnées et efficaces pour éradiquer ce phénomène sur l’ensemble du territoire national.
La session du 2 juillet 2026 a réuni une trentaine de participants issus de diverses administrations (MINTSS, MINAS, MINEFOP, MINPROFF, MINJUSTICE, MINADER, MINEDUB, SED-GN, DGSN, INS), des partenaires sociaux (GECAM, CSTC), des organisations de la société civile (ONG ASSEJA), de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) et des partenaires techniques comme le BIT et ICI. Les travaux, présidés par le ministre Grégoire Owona, se sont déroulés sous forme d’échanges en plénière. Les objectifs spécifiques visaient à rappeler et évaluer la mise en œuvre des recommandations de la session de 2025, présenter les activités menées par les parties prenantes, faire le point sur l’évaluation finale du PANETEC, examiner le rapport d’étude sur l’application des conventions n° 138 et 182 de l’OIT, et discuter du rapport national sur le travail des enfants.
À l’issue de ces travaux, les résultats attendus ont été atteints : un rappel des recommandations précédentes et un point détaillé sur leur application, une présentation exhaustive des actions de lutte menées durant la période de référence, la présentation du rapport d’étude sur les conventions de l’OIT, ainsi que le bilan de l’évaluation finale du PANETEC. Des recommandations ont été formulées pour intensifier la mise en œuvre du plan d’action, en vue d’accélérer les progrès vers l’élimination totale du travail des enfants au Cameroun, conformément aux engagements internationaux et à la vision du Chef de l’État. Cette session marque ainsi une étape cruciale dans la coordination des efforts nationaux et internationaux pour protéger les droits des enfants et garantir leur avenir.

