ECONOMIE

Entretien avec Piado Lucien : “Je suis passé d’un simple établissement à promoteur de 4 entreprises grâce au port de Kribi”

Written by Annette Olinga

La campagne de sensibilisation menée par l’OPA-AC du 12 au 19 Février dernier a permis aux journalistes de parcourir les corridors d’Afrique centrale. Après Douala où a eu lieu le 12 Février l’atelier de restitution des études menées par les équipes de l’ISSEA au sein des enceintes portuaires de Douala et de Kribi, nous nous sommes rendus à Kribi où nous avons rencontré Monsieur PIADO Lucien Célestin, PDG de BATOP & PARTNERS SARL qui nous a accordé une interview. Il s’est exprimé sur les retombées du port pour son activité économique, ses attentes, la relation entre les ports de Douala et de Kribi etc.


Monsieur le Directeur général es ce que les ports de Douala et de Kribi se complètent ?
Merci pour l’occasion que vous m’offrez évidemment de dire quelque chose en ce qui concerne la relation entre le port autonome de Douala et le port Autonome de Kribi. L’initiative du Président de la République son Excellence Paul Biya de rendre réelle l’existence du port autonome de Kribi, était évidemment pour une certaine complémentarité entre le port Autonome de Douala et le port autonome de Kribi. Au vue du flux entrepris à travers les pays limitrophes de l’Afrique centrale à savoir le Tchad, la République centrafricaine, Évidemment, il fallait désengorger le port de Douala et comme on le sait bien, le pont de Douala, c’est un port fluvial qui n’a pas un très grand tirant d’eau et cela sous-entend donc que les grands bateaux restaient toujours en pleine mer, et les bateaux moyens faisait le transport pour que les marchandises puissent arriver accoster au niveau du port de Douala. alors l’initiative du Chef de L’État de désengorger le port de Douala, il était question pour le Cameroun de mettre sur pied un port à grand tirant d’eau, c’est à dire un point en eau profonde pour que évidemment les plus grands bateaux du monde qui font dans le commerce transatlantique, puissent arriver, pouvoir accoster et pouvoir décharger aussi rapidement que possible les marchandises tant des Camerounais que des pays frères de l’Afrique centrale.
Et aujourd’hui nous constatons que ceux qui pensaient que l’arrivée du port de Kribi allait tuer le port de Douala, c’est plutôt faux vous constatez que depuis que le Port autonome de Kribi existe, Les chiffres en termes de recettes au niveau du port de Douala sont passer des chiffres bases à des chiffres très très très élevés et c’est effectivement parce que aujourd’hui la complémentarité est positive au lieu d’être négatif. Donc je pense que l’idée de créer le Port autonome de kribi, était un plus pour le port de Douala et cela est démontré en suffisance à travers les recettes des deux ports parce que il faut bien le rappeler, lorsque le port autonome de Kribi lance, je pense en 2009, les chiffres étaient pratiquement sur 3 milliards. Aujourd’hui, les recettes sont un peu plus à 30 milliards le mois et vous vous rendez compte que Douala fait plus et lorsqu’on vient semer les deux recettes les deux ports sont complémentaires et apportent un plus à l’état du Cameroun.

Vous êtes un acteur majeur locale dans économie ici même à Kribi, est-ce que vous avez observé les pratiques anormales?

Effectivement j’ai cru pour autonome de Kribi il faut bien le rappeler que je pars de Douala pour m’installer définitivement à Kribi parce que j’ai cru à ce projet et depuis mon installation, je vais peut-être vous surprendre je suis passé d’un simple établissement à être promoteur de plus de 4 entreprises. ça sous-entend véritablement que le port autonome de Kribi, au-delà de tout, nous ne remarquons pas des pratiques qui ne viennent pas ici soutenir l’activité économique des pratiques anormales. Non, je pense plutôt que le Directeur général du Port Autonome du Kribi a mis des axes clés pour que au-delà de l’activité portuaire, que cela apporte aussi quelque chose de spécial, de spécifique tout autour de l’environnement du port, à savoir les riverains du port, les PME locales, et autres. Et au niveau des procédures, vraiment. Le procédure sont très simplifiées d’ailleurs, vous n’avez pratiquement pas de vis-à-vis face à vous. C’est un port dématérialisé et ça nous permet que au niveau de la plate-forme, Effectivement, vous avez toutes les procédures qui y sont tous les opérateurs qui se trouvent et chacun intervient, tout le monde est au courant de tout ce qui se passe. Les délais sont respectés d’ailleurs, c’est même ça la spécificité du port de Kribi.
Parce que effectivement lorsque vous avez votre container et je vais aussi encore vous surprendre là, j’ai un contenaire qui est arrivé avant-hier, et je peux vous dire que demain c’est dehors parce que évidemment les procédures sont très allégées.Le DG intensifie cela quand auprès des structures comme la douane et d’autres structures connexes. donc je voulais sincèrement vous rassurer qu’on se sent très bien au port autonome de kribi et jusqu’ici nous n’avons pas véritablement constater quelque chose qui ne siet pas avec la bonne procédure qui devrait faire du Port autonome de Kribi, un exemple au niveau de l’Afrique tout entier pourquoi pas du monde.

Qu’est-ce qui serait souhaitable d’envisager d’envisager pour un fonctionnement optimal du port autonome de Kribi, et quelle est sa place aujourd’hui dans le transit sous-régional?
La direction générale du Port doit penser à créer à l’intérieur des succursales, c’est à dire que Par exemple une succursale qui peut être là pour aller chercher évidemment des investisseurs et des bailleurs de fonds parce qu’il faudrait le comprendre très bien le Port Autonome, c’est un ensemble, c’est le port, C’est un autre côté qui devrait intégrer le projet cadre au niveau de l’installation des usines des différentes usines et cela tarde à prendre. Les procédures aussi au niveau de l’obtention des autorisations d’occupation temporaire sont un peu lentes, il faudrait voir comment essayer d’alléger ces procédures pour non seulement attirer des investisseurs au niveau du port. Parce que le port de Kribi, c’est un port industriel, un port 3 en 1 qui devrait d’ici là, permettre qu’on ait pratiquement l’ensemble du quai sur pratiquement 3 km et aujourd’hui on est à peine à un kilomètre et demi. Tout cela va venir rebooster les chiffres du port mais aussi Cela permettra que, les autres investisseurs puissent venir s’installer au port. C’est notre souhait. nous qui sommes comme des PME locales, que nous puissions trouver notre place à l’intérieur parce que nous ne sommes pas comme des géants des grandes entreprises qui ont tous les moyens, qui ont tous les accompagnements , qui ont de l’attention des bailleurs de fond, au niveau de l’occupation, au niveau de la responsabilité, au niveau même de obtention des marchés, ce n’est pas toujours facile parce que il y a un problème d’expériences et comme le dit souvent si on vous ne vous essayez pas vous ne pouvez pas avoir l’expérience. Nous avons déja proposé tout cela à la Direction Générale et elle essaye de faire tout pour que cela entre en vigueur.

Quel est votre point de vue sur l’état de la route? Sur les corridors Douala – Bangui, Douala- Ndjamena?
Je ne sais pas si cela est fait d’une manière volontaire, je n’ose pas le croire. je pense que la route est un sérieux problème. On ne peut pas comprendre qu’on a un port en eau profonde à grand tirant d’eau, et il n’y a pas la route qui dessert ce port et vous n’avez pas le chemin de fer qui dessert ce port, seulement par l’absence de ces deux éléments, c’est un sérieux blocage pour l’économie du pays et même pourquoi pas il faut y penser, il faut penser à un aéroport. Dans les affaires lorsque vous voulez attirer les grand bailleurs de fonds, les grandes institutions financières et même les grandes entreprises du monde à croire à votre programme économique, il est très impératif et même très important que les axes qui doivent desservir le port de Kribi puisse être rapidement réalisés. on parle d’ici là de l’installation, je crois des deux grandes raffineries au Port Autonome de Kribi, et vous comprenez donc lorsqu’on parle de raffinerie, du fer, tout ce qui doit partir des pays voisins pour le port du Kribi, s’il n’y a pas de route, s’il n’y a pas de chemin de fer, je pense que très difficilement les autres vont suivre. La route de Kribi doit être faite en deux sens.
Nous-même en tant que des personnels qui prennent cette route, c’est quand vous arrivez que vous dites merci au Seigneur parce que c’est devenu un champ de bataille.

Qu’en est-il de l’accompagnement des PME ainsi que vos attentes?
je voudrais déja féliciter la politique mis sur pied par l’administration du port autonome de Kribi, qui veut bien que à compétences égales les PME locales soient primées sur non seulement les marchés mais aussi évidemment tout ce qui est comme opportunité au Port autonome de Kribi. Le port a une politique interne sociale économique pour accompagner les PME locales, et je me sens très confortée en tant que acteur, en tant que partenaire parce que aujourd’hui le Port autonome de Kribi a permis à certains opérateurs économiques locaux de décoller, d’y croire et de trouver sa place dans cette zone de compétitivité. nous sommes en activité dans ce port depuis 2013. aujourd’hui. Nous sommes très contents parce que l’image même, la physionomie de Kribi a changé grâce au port dans le domaine de l’immobilier dans le domaine commercial dans le domaine des affaires et aujourd’hui nous pouvons en être fiers. Nous nous reconnaissons véritablement, vis-à-vis du message du chef de l’État qui a rappelé que, Il faut penser à créer des entreprises parce que l’État, le gouvernement ne peut pas résoudre totalement le problème sur les emplois les jeunes. je suis cet exemple partir du très bas pour là où je me retrouve, et sincèrement ce message nous booste encore d’aller de l’avant parce que aujourd’hui promoteur de plus de plus de 4 entreprises installées localement et qui trouve son compte qui commence à vouloir crées ses succursales à Douala et à Yaoundé, mais donc tous les sièges social sont basés à Kribi, c’est fort bien de reconnaître que le port autonome de Kribi nous a apporté un plus sur le plan personnel, que dans toute la ville de Kribi. et vous pouvez en constater lorsque vous entrez dans les sous-quartiers aujourd’hui le visage de kribi qui était un gros village va très vite devenir une zone industrielle et un vivier économique pour le Cameroun et pour toute la sous-région Afrique centrale.

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