Les travaux des négociations intergouvernementales entre le Cameroun et l’Allemagne ont débuté ce 27 Avril 2026 dans la capitale camerounaise. Pendant deux jours, les deux parties vont passer en revue les engagements passés et fixer les grandes orientations du financement des projets et programmes pour le cycle 2025-2026.
La rencontre est coprésidée par le ministre camerounais de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, et le directeur Afrique II du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), Philipp Knill.
Un climat de franchise, mais des préoccupations affichées
Les échanges, qualifiés de « conviviaux et francs » par les participants, portent sur plusieurs axes stratégiques : gouvernance, climat des affaires, décentralisation, santé, paix, lutte contre la corruption, préservation des forêts et adaptation aux changements climatiques.
Dans son intervention, Philipp Knill a toutefois exprimé des inquiétudes face à ce qu’il a appelé une « tendance négative » sur certains sujets sensibles, notamment la gouvernance, la lutte contre la corruption, les droits humains et le climat des affaires. Il a souhaité des progrès plus visibles en matière de bonne gouvernance.
La crise anglophone au cœur des attentions
La délégation allemande a également évoqué la crise qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Philipp Knill a indiqué que l’Allemagne espère une solution pacifique à ce conflit. Il a salué à cet égard la récente visite du pape Léon XIV au Cameroun, vue comme un signal positif pour l’apaisement.
Par ailleurs, Berlin attend des efforts accrus dans l’approfondissement de la décentralisation, l’amélioration du climat des affaires pour attirer davantage d’investissements étrangers, ainsi que dans la gestion durable des forêts.
Un partenariat sous pression géopolitique
Ce nouveau cycle de négociations intervient dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et des effets de plus en plus visibles du changement climatique. L’Allemagne, l’un des principaux partenaires bilatéraux du Cameroun, engage chaque année des millions d’euros sous forme de coopération technique et financière.
À l’issue des deux jours de discussions, une feuille de route actualisée devrait être adoptée, fixant les priorités communes et les montants alloués pour la période 2025-2026. Les observateurs attendent de voir dans quelle mesure les critiques allemandes se traduiront par des conditionnalités renforcées dans les futurs financements.

