Au lendemain de la clôture de l’édition 2026 du Salon Promote, le Directeur Général du Fonds National de l’Emploi (FNE), Camille Moute À Bidias, a convié la presse pour dresser un bilan chiffré et qualitatif de la participation de son institution. Les résultats affichent une progression significative par rapport à 2024, confirmant la montée en puissance de l’organisme dans sa mission de rapprochement entre l’offre et la demande d’emploi.
Une Mission Clarifiée : Le FNE comme Facilitateur du Marché du Travail
D’entrée de jeu, le Directeur Général a tenu à rappeler le rôle fondamental du FNE, souvent méconnu du grand public. « Notre mission est simple : donner du travail à ceux qui n’en ont pas, qui veulent travailler, qui en sont capables, et qui viennent vers nous », a-t-il martelé.
Contrairement aux idées reçues, le FNE ne crée pas directement d’emplois ni ne façonne l’environnement économique. Ce dernier relevant des politiques publiques. Son cœur de métier réside dans une fonction essentielle : l’intermédiation. L’institution se positionne comme le facilitateur qui met en relation deux publics distincts :
- Les chercheurs d’emploi – ceux qui “vendent” leurs compétences, qualifications et qualités.
- Les employeurs – entreprises et chefs d’entreprise qui “achètent” ces compétences en publiant des offres.
« Nous travaillons pour que ce marché, celui du travail, fonctionne de manière parfaite », a insisté M. Moute À Bidias, soulignant que le FNE s’emploie à rapprocher l’offre et la demande.
Une Approche Technologique et Inclusive du Placement
Pour concrétiser cette mission, le FNE a développé une approche innovante, notamment à travers le matching entre profils et offres. Loin d’une tâche manuelle, ce processus est désormais automatisé grâce à des outils numériques.
« Ce n’est pas un collaborateur qui va fouiller les dossiers pour trouver un comptable BTS avec 5 ans d’expérience. C’est la machine qui le fait, à partir des données enregistrées », a expliqué le Directeur Général, mettant en avant l’efficacité du système. Lorsqu’un écart est constaté entre les compétences disponibles et celles recherchées, le FNE intervient via des programmes de formation et d’acquisition de compétences pour ajuster les profils aux besoins du marché.
Par ailleurs, le FNE ne se limite pas aux emplois qualifiés. M. Moute À Bidias a tenu à souligner la diversité du marché du travail : « Le marché de l’emploi est plus vaste que la simple qualification. Il y a aussi des emplois connexes, des services qui peuvent être offerts sans correspondre à un profil technique précis », illustrant son propos par l’exemple des jeunes qui aident à porter les sacs dans les marchés.
Une Présence Renforcée et Diversifiée à Promote 2026
Lors de cette édition 2026 du Salon Promote, le FNE s’est déployé sur trois axes complémentaires, avec des résultats en forte hausse.
Le Stand Institutionnel : Doubler les Accueils
Le stand du FNE a été le point de rendez-vous des chercheurs d’emploi. 8 654 personnes y ont été accueillies, contre 4 610 en 2024, soit un doublement des effectifs. Par ailleurs, 5 924 CV ont été collectés, contre 4 656 lors de la précédente édition, signe d’un engouement croissant pour les services de l’institution.
La Bourse de l’Emploi : Un Marché Physique Dynamique
Le FNE a organisé la 18ᵉ édition de la Bourse de l’Emploi, un espace de rencontres directes entre employeurs et candidats. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
· 1 754 employeurs ont participé, contre 683 en 2024, soit une multiplication par trois.
· 669 offres d’emploi ont été proposées (contre 246 en 2024), et 2 639 postes étaient à pourvoir.
Même si le nombre de postes offerts a connu une légère baisse par rapport à 2024 (2 107), l’augmentation du nombre d’offres et d’employeurs témoigne d’une plus grande diversité et d’une meilleure adéquation des propositions.
L’Accompagnement des Promoteurs FNE
Enfin, le FNE a mis en avant les entrepreneurs qu’il a soutenus. Un pavillon entier était dédié à ces promoteurs, leur permettant de présenter leurs produits et de profiter de la visibilité offerte par Promote pour vendre leurs réalisations. « Vous avez vu la qualité de certains de leurs produits », s’est félicité le Directeur Général.
Des Résultats Satisfaisants mais une Ambition Inassouvie
Globalement, la Direction Générale du FNE se déclare « satisfaite, très satisfaite » de cette participation. Toutefois, Camille Moute À Bidias a tenu à nuancer cet optimisme par un constat lucide : le FNE a faim.
« Je peux vous dire que nous ne déployons pas 20 % de nos capacités », a-t-il affirmé, pointant du doigt les contraintes budgétaires qui limitent l’institution. Si l’État revenait à meilleure fortune, le FNE pourrait déployer ses programmes à seulement 50 % de leur potentiel, et « les gens crieraient au miracle », a-t-il promis.
Le Directeur Général a toutefois rappelé que l’éradication du chômage ne saurait reposer sur le seul FNE : « Le chômage se traite de manière globale, et ceux qui sont interpellés sont nombreux. » L’institution entend donc poursuivre sa mission, avec ou sans moyens supplémentaires, en capitalisant sur ses outils, son numérique, et son expertise pour continuer à faciliter l’insertion professionnelle des Camerounais.

