Le 09 juillet 2026 s’est achevée à Yaoundé la série de Journées nationales de sensibilisation et de reconnaissance des équipes camerounaises présélectionnées dans le cadre de l’appel à candidatures du Partenariat de long terme Union européenne-Union africaine pour la recherche et l’innovation sur l’énergie durable (LEAP-SE 2026). Porté par le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MINRESI), cet événement de deux jours visait à dynamiser la participation des chercheurs nationaux engagés dans les cinq projets collaboratifs en compétition pour ce programme d’envergure internationale.
Un engagement renouvelé pour une recherche d’excellence
L’ouverture des travaux a été marquée par les remerciements appuyés du coordonnateur du projet à l’endroit de Madame le Ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Ce dernier a salué la volonté constante du département ministériel de hisser la recherche camerounaise au firmament de la réussite. « Cette occasion nous permet aujourd’hui d’offrir encore d’autres opportunités aux chercheurs pour pouvoir collaborer avec leurs pairs des pays les plus avancés, se frotter à eux, bénéficier des plateaux techniques et mener une recherche de pointe répondant aux défis du développement du Cameroun », a-t-il déclaré.

Un atelier pour consolider les dossiers et favoriser l’émulation
Après l’étape de la présélection, l’atelier du 08 juillet a permis d’informer de manière approfondie les chercheurs sur les modalités du partenariat LEAP-SE, les opportunités offertes et les exigences du dépôt de dossier. L’accent a été mis sur la nécessité de soumettre des projets « beaucoup plus élaborés » afin de démontrer la pertinence de la recherche nationale face à des évaluateurs européens indépendants.
Au-delà des aspects procéduraux, la rencontre a été un véritable creuset d’échanges. Les participants ont partagé leurs expériences, identifié les difficultés rencontrées lors des candidatures et formulé des recommandations pour accroître la visibilité du Cameroun dans les appels internationaux. Cette dynamique a suscité une saine émulation au sein de la communauté scientifique, tout en valorisant les compétences locales au service du développement.
Focus sur le projet SUSPERO : quand la chimie camerounaise s’invite dans le photovoltaïque
Parmi les initiatives phares présentées, le projet SUSPERO, porté par le département de chimie inorganique de l’Université de Yaoundé I, illustre parfaitement l’ambition des équipes locales. Un chercheur, membre du consortium a détaillé un projet de fabrication de panneaux solaires à base de pérovskites, ces matériaux prometteurs pour le photovoltaïque. L’expertise camerounaise consistera à optimiser leur stabilité et leur durabilité, souvent compromises par l’humidité et la chaleur, en utilisant des ressources locales telles que des extraits de plantes et des huiles essentielles.
« Notre rôle sera également de réaliser des tests adaptés aux conditions africaines, notamment au Cameroun et au Maroc, afin de valider le produit avant son passage à l’échelle industrielle », a précisé la dame. Ce consortium réunit quatre pays : le Cameroun, le Maroc, le Royaume-Uni (University College London) et la Turquie, alliant ainsi recherche académique et partenaire industriel.
L’énergie durable, clé de l’émergence à l’horizon 2035
L’atelier a également mis en lumière l’importance stratégique des énergies durables pour le Cameroun. Le coordonnateur a rappelé que « l’énergie est le facteur de développement le plus important », présent dans tous les secteurs d’activité. Il a souligné la corrélation directe entre la croissance du PIB et la consommation d’énergie, tout en rappelant l’engagement du pays en faveur d’un développement propre. « Si nous ambitionnons d’atteindre l’émergence à l’horizon 2035, il est bon de mettre un accent particulier sur ces formes d’énergie », a-t-il insisté.

Bilan et recommandations pour un partenariat stratégique durable
La synthèse des travaux de la première journée, présentée par le chef du secrétariat technique, a structuré les échanges autour de trois exposés majeurs. Le premier a replacé LEAP-SE dans le cadre politique du sommet Union européenne-Union africaine et du dialogue de haut niveau, soulignant le passage d’une logique d’aide à une véritable coproduction scientifique. Le deuxième exposé a détaillé les opportunités concrètes offertes par le programme. Le troisième, enfin, a permis de formuler huit recommandations visant à repositionner le Cameroun comme un partenaire stratégique incontournable.
En remerciant l’ensemble des participants pour la qualité de leurs contributions, les organisateurs ont exprimé leur satisfaction quant à la richesse des échanges et à la détermination affichée par les équipes camerounaises. Ces journées marquent ainsi une étape cruciale dans la préparation des dossiers finaux, dont la soumission pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche nationale et son rayonnement international.
À propos de LEAP-SE
L’appel LEAP-SE (Long-Term EU-AU Partnership for Research and Innovation on Sustainable Energy) s’inscrit dans la dynamique d’Horizon Europe, le programme-cadre de l’Union européenne pour la recherche et l’innovation. Il vise à renforcer la coopération scientifique entre l’Afrique et l’Europe dans le domaine des énergies durables, en soutenant des projets collaboratifs à fort impact technologique et sociétal.

